Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 10:45

Alors que la région panse ses plaies après la tempête, on peut se poser la question de la prévision d’un tel déchainement de violence.

Certes, les prévisionnistes de Météo-France ont fait des progrès depuis 99 et des vies ont pu être sauvées par quelques heures supplémentaires entre l’annonce du phénomène et l’arrivée effective des vents.

Mais, il nous manque encore les clés de compréhension du « pourquoi » de telles tempêtes.

 

Je pense que certains détails auraient pu nous mettre la puce à l’oreille depuis quelques temps.

 

Ainsi, lorsque la tempête est arrivée en 99, il y avait Sisi Impératrice à la télé. Cette année, nous avons encore eu droit à la saga des Sisi pendant les fêtes. C’est un signe qui ne trompe pas.

Bien-sûr, les septiques pourront rétorquer que ces films sont programmés très souvent à Noël.

A cela, je réponds qu’il conviendrait de regarder les statistiques avec attention pour se faire une idée précise sur la question.

 

Pour ma part, le lien entre la diffusion de Sisi et la tempête est évident. Je l’explique par une sorte de courroux céleste (ou divin suivant la sensibilité des gens) contre les responsables des programmes télé.

 

Donc, la prochaine fois que vous verrez qu’une n-ième diffusion d’un film de Sisi est annoncée, n’oubliez pas de fermer vos volets et d’attacher solidement les arbres fragiles et auxquels vous tenez !

 

Malheureusement, au-delà des Sisi impératrice, il y a aussi d’autres sagas qui mériteraient toute notre attention pour leur influence sur les déchainements climatiques. Sans que la liste soit exhaustive, je pense par exemple à la Série des « Angélique, Marquise des Anges ».

 

Tout cela nous montre qu’on n’a pas fini de voir les arbres tomber ni de passer du temps sur les toits à remettre les tuiles en place…

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 10:27

La tempête est passée. Avec elle, tous les stigmates de celle de 99 sont ressortis de notre inconscient.

Chez nous, c’est plutôt moins pire que la dernière fois. Mais est-il vraiment utile de comparer la puissance des vents et l’importance des dégâts ? Quelques pourcents de forêt ou de toitures détruits en plus ou en moins ne changent pas grand-chose à la réalité dramatique de la situation.

On ne peut qu’être humble face un tel déchainement de violence. A chaque fois, notre petit confort de base en prend un coup. Très vite, sans électricité ni téléphone, on se sent perdu. Je ne parle même pas des coupures d’eau qui paraissent très vite insurmontables. Même internet arrive rapidement à faire défaut.

Nos sociétés modernes nous ont procuré des conditions de vie particulièrement enviables mais tout cela reste particulièrement vulnérable.

Il y aura bientôt une semaine que la tempête est passée et de nombreuses zones sont encore sans électricité. Les services de réparation feront sûrement mieux qu’en 99 mais certains s’éclaireront toujours à la bougie pendant plusieurs jours.

Une incertitude cependant : les agents EDF seront-ils sur les pylônes demain ou dans la rue à manifester pour leurs conditions sociales et leurs régimes spéciaux ? C’est une grande question.

Partager cet article
Repost0
26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 13:14

Jean-Michel et moi avons quitté pour quelques jours notre région pour aller dans les Côtes du Rhône septentrionales, dans la région de Tain l’Hermitage.

Il y avait l’assemblée générale du Syndicat Biodyvin auquel Jean-Michel adhère. Pour ma part, j’ai choisi de ne pas en faire partie, même si la biodynamie est de plus en plus ancrée dans mes cellules ; mais c’est une autre histoire.

 

Nous étions déjà allés dans cette magnifique région viticole il y a quelques années. Et c’est avec un plaisir certain que nous nous sommes promenés parmi les ceps de vigne plantés sur ces pentes tellement escarpées qu’on a parfois des peines à y tenir debout.


 



Mon propos n’est pas de vanter les qualités de vins qui en sont issus car j’aurais l’impression de singer les critiques qui font cela très bien ; d’autant plus que certains d’entre-eux qui n’ont jamais vu un pied de vigne semblent en parler avec l’assurance de ces vieux vignerons qui font corps avec leur terre.

 

Si j’ai eu envie de parler de cette zone viticole, c’est pour saluer l’obstination de l’homme dans sa quête de la perfection.

Il aurait pu sans peine planter ses vignes dans les plaines fertiles et facilement cultivables.

 

Au contraire, il a choisi de faire pousser les ceps sur des pentes tellement abruptes qu’il est parfois dangereux d’y évoluer sans risquer une chute mortelle.

 

On ne peut qu’être admiratif devant tant d’obstination, d’abnégation.

Quand l’homme fait fi de ses douleurs personnelles et qu’il est uniquement au service du pied de vigne, alors il sait rendre hommage aux plus beaux terroirs.

 

Dans ces régions, les vignobles ne sont vraiment là que par la volonté de l’homme dans sa quête de la perfection.

Il est vigneron par choix et pas par défaut ou faute de mieux.

 

Et le vieil adage « quand on veut, on peut » s’applique particulièrement à cette viticulture où le pic et le treuil sont encore les outils constants du vigneron.

 

Je ne dirai plus jamais que je suis fatiguée après une journée de travail dans les vignes sur mes douces pentes du Champ des Treilles…

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 08:34

Chaque fois que nous nous déplaçons dans la région, nous passons devant sans la voir ou presque. Pourtant, elle est inscrite dans notre histoire familiale et elle nous raconte encore des histoires sur des époques passées.

Je veux parler de la cave coopérative de La Roquille, petit village entre Sainte-Foy et Margueron.


Si elle fait partie de notre famille, ce n’est pas pour y avoir porté de la vendange à un moment ou à un autre. Le grand-père détestait les caves coopératives. Plus jeune, alors qu’il était métayer dans un autre petit domaine, il avait expérimenté de l’intérieur ce moyen de produire du vin et cela lui avait forgé une opinion qu’il a gardée jusqu’à sa mort.

Par contre, mon beau-père, Yves a travaillé dans cette cave de La Roquille depuis les années 60 jusqu’au début des années 80.

La jeunesse de Jean-Michel et la cave sont donc liées, même si comme son grand-père, il n’aime pas lui non plus les caves coopératives !

Mon but n’est pas de faire un sujet partisan sur ce sujet même si moi aussi,…

La cave témoigne encore aujourd’hui d’une époque révolue qu’il est intéressant de raconter.

C’était une petite cave avec 21000 hl de capacité de stockage et vinifiant environ 10 à 12000 hl par an. Comme beaucoup de ses congénères, elle avait été fondée dans les années 30.

La vendange y arrivait par douils en bois. Les douils étaient des petits cuvons en bois ouverts sur le dessus et qui comprenaient deux accroches sur le côté pour pouvoir les lever avec un palomier et un palan. Une fois  pleins, chacun pesait entre 700 et 800 kg c'est-à-dire qu’ils contenaient 5 hl de vin environ.

A l’époque, la machine à vendanger n’existait pas. Donc toute la récolte était mise à la main dans des douils. Sauf pour quelques cas particuliers, l’essentiel des exploitations étaient encore polyvalentes. Les vignes côtoyaient les céréales et bien souvent les vaches. On était encore dans l’agriculture et pas vraiment dans la viticulture.

Puis, les douils s’en allaient par tracteur et remorque jusqu’à la cave coopérative ou alors jusqu’à des petits quais de transit répartis dans la campagne.


Avec un palan manuel à chaine et une grosse potence, les douils étaient déchargés et laissés sur le quai. Un bon laissé sur chacun d’eux servait à en donner la provenance.

Là, les douils attendaient sous le soleil ou la pluie jusqu’à l’arrivée du camion de collecte.


Les communes alentours étaient réparties en deux tournées pour 2 camions.
Yves conduisait le camion desservant entre autres Margueron. Toute la journée jusqu’à tard le soir, le camion tournait dans la campagne. Il récupérait les douils sur les quais et les transportait jusqu’à la cave à raison de 10 douils par voyage.

Alors qu’ils étaient jeunes enfants, Jean-Michel et son frère attendaient le coup de klaxon de leur père avant d’aller se coucher ou depuis leur lit.

Les camions ne fonctionnant que quelques jours ou semaines par an, il était difficile d’en avoir de très récents. Les choses se sont améliorées vers la fin mais pendant longtemps sur les petites routes, il fallait forcer pour tourner un volant dépourvu d’assistance. Dans la pénombre de la nuit, le seul point d’éclairage était un modeste phare de travail à l’arrière du camion. Les chaussures de sécurité, les barrières anti-chutes n’existaient pas.

A la cave, c’était beaucoup plus moderne. Les remorques à tracteur ou les camions passaient sous un pont levant électrique. Il suffisait d’appuyer sur un bouton pour voir deux douils s’élever. Il fallait quand même ensuite les pousser à la main sur un réseau de rails suspendus selon le même principe que les carcasses dans les abattoirs.


Au début, les douils étaient retournés à la force des bras. Cela avait valu à Yves une opération de hernies.


Puis, un vide-douil avait été installé, rendant le travail (un peu) plus facile.

A l’arrivée en cave, un prélèvement était effectué dans les douils. Il s’agissait simplement d’estimer la concentration avec un densimètre. Certains lots étaient payés en fonction du degré. Il est même arrivé de trouver du sucre cristallisé blanc, non fondu dans des douils. Preuve que certains s’inquiétaient quand même du degré de leur vendange !

Aucune sélection parcellaire ni aucun planning de vendange n’étaient établis au préalable. Chacun vendangeait à son rythme, selon son bon plaisir.

Les raisins blancs passaient dans un égouttoir avant de rejoindre les fameux pressoirs continus  dont un PERA, que l’on rencontrait dans toutes les caves ou presque.

Rouges et blancs fermentaient dans une cuverie en béton sur plusieurs niveaux selon le principe commun à toutes les caves.

Le contrôle des températures n’existait pas. Il fallait faire au mieux pour tout.

Le décuvage était lui-aussi manuel avec des équipes comme on n’en rencontre plus maintenant. 

Les pressoirs continus reprenaient du service pour les rouges.

La commercialisation se faisait surtout en vrac, mais il y avait un peu de mise en bouteilles sur place par un procédé très manuel.

L’étiquetage était lui aussi plus ou moins manuel et donc très artisanal.

Plusieurs fois par semaine, Yves livraient les bars de Sainte-Foy en vin de table en vrac. Il livrait ainsi 8 bistrots. Certains étaient à peine plus grands qu’une salle de bain mais ils voyaient passer jusqu’à 16 demi-barriques par semaine, soit 2400 litres par semaine !

Depuis, ces bars ont tous disparu l’un après l’autre.

Avec l’arrivée des machines à vendanger au début des années 80, la cave s’est retrouvée face à un choix d’avenir. Il fallait faire évoluer les installations pour recevoir de la vendange machine. Après âpres discussions entre coopérateurs, il a été décidé un rapprochement avec la cave voisine des Lèves. Cette dernière n’a pas arrêté de grossir pour vinifier maintenant environ 100000 hl par an dans des installations modernes où la productivité est telle que quelques personnes suffisent pour assurer les vinifications, les décuvages,…

La cave de La Roquille nous offre donc un témoignage d’une époque pas si éloignée que cela. En faisant cet arrêt sur image de 25 ans, on mesure le chemin parcouru depuis.

Les conditions de travail ont bien changé autant dans la pénibilité que dans la prévention des risques.

L’approche du produit est plus ambigüe. D’une part, on est passé d’une conception artisanale très manuelle à une vision plus industrielle de la vigne et du vin. Mais d’un autre côté, les moyens techniques mis à disposition n’ont plus rien à voir. Maintenant, tout est beaucoup mieux maîtrisé. L’ordinateur est partout, les machines à chaud ou à froid ont été généralisées, les pressoirs continus ont disparu du paysage (du moins je l’espère), les mise en bouteilles se font avec des chaines automatisées,…

Les exploitations se sont spécialisées et ont grandi. Ceux qui font de la vigne n’ont en général plus d’animaux. On ne parle plus de ferme mais bien d’exploitation viticole.


Les gens sont-ils plus heureux pour autant maintenant ? C’est un vaste débat auquel je ne souhaite pas prendre part.

Tout comme pour les gens, les caves naissent, grandissent et meurent. Ainsi va la vie.

 

Partager cet article
Repost0
16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 08:59

Jean-Michel fête aujourd’hui le 20ème anniversaire de son arrivée à Pontet-Canet.

Dans une vie, deux décennies dans une même entreprise, ça commence à faire une longue période. Lorsque nous sommes arrivés à Pauillac, nous sortions tout juste de l’adolescence. Nous n’imaginions pas forcément comment serait l’avenir.

20 ans après, on peut dire que les choses ont quand même bien tourné pour  Pontet-Canet qui ne ressemble plus trop à ce qu’il était à l’époque. Le greffage de Jean-Michel sur ce domaine semble donc avoir bien pris.

A mon modeste niveau, je souhaite tout simplement souhaiter un bon anniversaire au trio Pontet-Canet / Alfred Tesseron / Jean-Michel, en les félicitant pour le travail accompli en deux décennies ; même si je n’oublie pas que Jean-Michel en éternel pessimiste (ou optimiste?) a le sentiment que l’essentiel reste encore à faire.

 

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 08:12

Récemment de nombreux reportages ont été réalisés sur la maladie de la grotte de Lascaux.

Depuis des années, les scientifiques les plus chevronnés se relaient au chevet de ce haut lieu du patrimoine de l’humanité.

Malheureusement, rien n’y fait. Plus il est mis de moyens pour endiguer les problèmes, plus la situation se dégrade.

 

Une climatisation ultra-performante a d’abord été installée pour contrer des premiers déséquilibres générés par la présence de l’homme. Elle devait être « La Solution » pour sauvegarder les peintures.

Mais, contre toute attente, des champignons ont proliféré.

Enfin, les scientifiques devaient penser que l’arsenal utilisé n’était pas assez lourd ; ils ont donc pulvérisé un traitement fongicide.

Actuellement, les mêmes qui avaient montré leur optimisme sans faille, semblent avouer leur impuissance.

 

Quand je vois tout cet acharnement, je me dis finalement que les peintures préhistoriques et les vignes ne sont finalement pas si éloignées les unes des autres.

 

Dans les deux cas, on fait dans la surenchère de moyens pour essayer de contrer une « maladie » mais finalement, on a toujours une longueur de retard sur elle.


Et surtout, on oublie toujours de se poser la vraie question du pourquoi. Pourquoi en est-on arrivé là ? Qu’a-t-on changé pour que les choses se dégradent ainsi ?


Dans un précédent billet, j’avais dit que les maladies sont souvent les conséquences de notre propre incompétence à détecter des modifications que nous avons-nous même provoquées. Je crois que dans le cas de Lascaux, c’est la même chose. Depuis des milliers d’années, il ne s’est rien passé. L’homme a découvert ce joyau et en a sûrement un peu abusé. Mais lorsque les premières conséquences négatives ont commencé à voir le jour, on est entré dans l’escalade des moyens et donc des aggressions.

Plus on essaie de soigner les conséquences, plus on dérègle le système et plus on amplifie les dégradations.

 

Comme pour la vigne, la solution serait sûrement de laisser tranquille ou au moins de respecter vraiment en laissant la vie reprendre ses équilibres subtils qu’elle est la seule à maîtriser.

 

En regardant les choses positivement, grâce à Lascaux, on a pu voir en simulé 3D le dégagement de chaleur d’un corps humain placé dans la grotte.

 

Je pense que c’est une avancée scientifique qui doit vraiment intéresser les peintures et le champignon qui les attaque.


Quand je dis qu’on marche sur la tête…

Partager cet article
Repost0
24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 18:14

Ce soir, c’est le réveillon de Noël. Dans la plupart des familles, la préoccupation principale sera la préparation d’un diner exceptionnel.

Moi aussi, je vais respecter la tradition en préparant des plats bien plus élaborés que d’ordinaire. C’est ça la magie de Noël que de me mettre durablement au fourneau !

J’aurai aussi une pensée pour ce qui sont malheureux et aussi ceux que j’aime et qui ne sont plus là avec moi.

Et la vigne dans tout ça ? Elle s’octroie une trêve dans mon esprit. Elle va passer un Noël de plus face au temps qui passe.

Le vin, quant à lui est tranquillement en barriques où en cuves à profiter du froid de l’hiver.

De temps en temps, j’irai sûrement me tirer un verre de Vin Passion blanc 2008 directement à la cuve ; histoire de ne pas l’oublier totalement…

A tous les lecteurs et aux autres, je souhaite un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d’année.

Partager cet article
Repost0
17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 14:42

Dans mon billet précédent, je vous parlais de la commercialisation de mes vins. Au début, je souhaitais dire quelques mots des vins « bio » en ce qui concerne la commercialisation. Mais, il m’est apparu que le sujet méritait plus que quelques lignes et que l’on s’éloignait aussi du fil conducteur du texte.

Aussi, j’ai choisi d’en faire un billet à lui seul tellement on peut en dire et tellement le sujet peut faire polémique.

Tout d’abord, avant que l’on m’en fasse le reproche, je sais que parler de « vin bio » est un abus de langage. Je l’assume pour la simplicité du propos.

Nous nous sommes orientés dans cette voie pour suivre notre sensibilité.

En vignerons « purs », on n’avait même pas prévu d’apposer un logo sur les bouteilles ni même de demander une quelconque certification. Le bio pour la beauté du geste en quelque sorte !

Mais très vite, cette situation nous est apparue inconfortable car difficile à justifier par rapport aux « faux bios » d’une part et aussi par rapport aux bios certifiés d’autre part. 

Nous nous sommes donc inscrits dans une démarche de certification ; finalement la plus logique car la plus claire.

Au début, la production de vins en culture bio ne constituait pas un avantage pour la vente.

Maintenant, la demande est forte. Il ne faut quand même pas exagérer et les gens ne sont pas dehors à m’attendre pendant que j’écris ces lignes, mais quand même…

Nous travaillons aussi avec plusieurs sociétés qui ne proposent que des vins bios. Bien-sûr, le négoce bordelais traditionnel est en majorité à une génération ou deux de ressentir le besoin d’aller vers ce type de vin. Ce n’est pas grave car d’autres s’en chargent. C’est quand même dommage, qu’une fois de plus, les négociants « institutionnels » bordelais, ne daignent pas s’intéresser à ce secteur en progression constante. Ils doivent être trop riches et très sûrs de leur avenir.

Souvent, des viticulteurs nous demandent si le passage en bio s’est accompagné d’une augmentation des ventes.

Même Jean-Michel, à Pontet-Canet, a aussi droit à ce genre de questions.

Avec la crise viticole présente depuis plusieurs années à Bordeaux, certains ont vu dans la production de vins bios la solution à leurs problèmes de mévente. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Passer en production bio uniquement à des fins commerciales est pratiquement voué à l’échec tellement les difficultés qui vont se présenter pour la culture de la vigne vont paraître insurmontables à ceux qui n’ont pas la « foi » dans ce mode de production.

Et même si on arrive à produire des vins, l’augmentation des ventes ou des prix n’est pas du tout assurée.

Le principal est quand même d’offrir des produits de qualité pour que les consommateurs prennent du plaisir à en boire et un niveau de prix correct. A partir de là, si le vin est bio, c’est un vrai plus.

Par contre, le fait d’être en bio ne doit pas être le seul argument du vin.

Pendant longtemps, beaucoup trop de vins bios n’étaient pas bon et leur seule qualité était leur mode de culture.

On ne fait pas du bio en se demandant si les ventes vont de suite augmenter ni si les coûts de production vont progresser.

La biodynamie et la philosophie globale de respect qui s’y rattache, changent les vins vers plus de vérité et de complexité. C’est le but recherché mais aussi un élément important pour les acheteurs qui prennent du plaisir à la dégustation de ces vins.

Notre mode de culture implique peut-être aussi une passion pour la vigne et une proximité avec elle qui déborde largement et qui se transmet aux consommateurs de mes vins.

Quelque en soient les raisons, je pense quand même me trouver au bon moment au bon endroit en ayant choisi, il y a plusieurs années de me laisser guider par mon cœur vers ce type de viticulture exigeante mais tellement passionnante.

 

 

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 10:24

 

L’Inspecteur Derrick (Horst Tappert dans le civil) vient de décéder à l’âge de 85 ans.

 

Avec sa mort, c’est le meilleur somnifère du marché qui disparait brutalement.

 

Heureusement, il reste encore les 281 épisodes tournés depuis les années 70, dont les premiers sont tellement efficaces sur le sommeil qu’on en tombe la tête la première, dés les premières notes du générique de début.

 

Lorsque les bandes des films seront définitivement usées à force de passer et de repasser, pour trouver le sommeil, il faudra se tourner de nouveau vers les produits vendus en pharmacie ce qui ne sera pas sans conséquence sur le trou de la Sécu, qui n’avait pas besoin de ça.

 

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 09:58

 Couple de vignerons en bio et biodynamie s’est perdu dans les halls du salon Vinitech à Bordeaux dans la journée du 4 décembre 2008.

 

Ils ont d’abord été vus dans le hall « machinisme ». Ils ont cherché en vain des équipements correspondant à leur philosophie de respect de la vigne et des sols. Mais ils n’ont trouvé que des machines énormes uniquement conçues autour de la notion de productivité.

Ils ont éprouvé une certaine oppression physique en pensant aux vignes « mises au pas » par des mécanismes tous plus agressifs les uns que les autres ; mais aussi en voyant des engins tellement lourds qu’ils donnent au mot compactage toute sa dimension.

Ils n’ont pas non plus compris comment on peut oser parler de respect de l’environnement sans rougir en affichant des puissances de plus en plus énormes et disproportionnées avec les besoins réels.


 


Ils ont donc fui côte à côte dans le grand hall renfermant les équipements de chai et les produits œnologiques.

Là non plus, ils n’ont pas compris les motivations de ceux qui conçoivent des machines complexes et agressives souvent pour simplement corriger des erreurs au vignoble.

Ils se sont donc déplacés d’allée en allée, cherchant à retrouver un peu de la philosophie qui les anime.

 

Malheureusement, ils n’y sont pas parvenus. Les toasts et verres de vin offerts ça et là par des fournisseurs n’ont pas réussi à  les retenir dans ce monde de modernité et d’efficacité.

 

Ils ont donc été vus retournant vers leur véhicule stationné à l’extérieur sous une pluie battante et continue.

 

Avant de sortir du bâtiment, ils ont dû retraverser le hall des machines agricoles pris d’assaut par des viticulteurs tellement subjugués par la mécanique qu’ils oublient souvent que les machines ont un prix et qu’il faut rembourser le Crédit Agricole tous les mois ; même ceux où on ne vend pas de vin.


 

Finalement, notre couple de vignerons bio a disparu de ce salon tant attendu sans comprendre vraiment ce qu’il était venu y faire ni plus généralement ce qui le rattache à ce monde de puissance et d’agressivité viticole.

 

Si vous les rencontrez, dites leur bien qu’ils ne sont malgré tout pas seul à penser cela et qu’ils sont quand même plus dans le vrai que s’ils étaient sur un tracteur de 200cv à pulvériser des pesticides pour le monde entier.

Partager cet article
Repost0

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Recherche