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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 08:44

De tous les philosophes français, il en est un cher à notre cœur. C'est Montaigne.

Certes, comme pour tous les lycéens de notre époque, il a accompagné quelques unes de nos journées de classe de première.

 

Mais surtout, il est né à quelques encablures de chez nous, dans le petit village de Saint-Michel de Montaigne.

On peut d'ailleurs y visiter sa fameuse tour dans laquelle on sent toujours l'âme de l'écrivain.

 

Si je pense aujourd'hui à Montaigne, c'est à propos d'une phrase qui peut paraitre anodine. Pourtant dans le contexte actuel, elle ne l'est pas du tout.

En effet, il a dit un jour : "je marche plus sûr à mont qu'à val", c'est-à-dire je monte plus facilement que je ne descends.


Si certains semblaient ne retenir que la thèse du strict premier degré, je pense qu'il y avait dans son esprit fertile, un second degré évident.

 

Les propos de Montaigne s'appliquent particulièrement aux déconvenues du nouveau classement de Saint-Emilion.

 

Ainsi dans les classements aussi, il est plus facile de monter que de descendre. Les responsables de la révision décennale ont semble-t-il oublié ce détail.

 

Il en ressort donc une pensée philosophique très profonde. Il est plus aisé d'accepter la douceur des honneurs que l'amertume de la défaite.


Montaigne était donc un visionnaire. Il a simplement oublié de nous léguer un règlement intérieur de la révision du classement qui obtienne avant l'épreuve l'approbation de tous.  Faut-il pour autant lui en tenir rigueur ? Je ne le pense pas.

 

A sa décharge, je reste convaincue que de son 16ème siècle, il n'avait pas envisagé que ce futur classement ferait couler autant d'encre …et de venin.

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 11:12

Pour la deuxième fois cette année, je me suis rendue en Belgique. Ce week-end, c'était chez mes amis Mostade, cavistes mais surtout passionnés de vins.

Déjà l'an dernier j'étais allé les aider lors de leur portes-ouvertes annuelles. Pour moi, c'était le premier voyage en Belgique.

 

J'aime beaucoup les habitants de ce pays pour leur gentillesse et leur hospitalité.

 

Les Mostade avaient été aiguillés vers nous par des amis communs, biodynamistes et surtout grands vignerons.

Ils étaient donc passés à Margueron il y a 3 ans, juste avant les vendanges alors que Jean-Michel était affairé à préparer le matériel de récolte et vinification pour m'éviter tout problème mécanique alors qu'il est "bloqué" à Pontet-Canet pendant plusieurs semaines.

Nous avions partagé un déjeuner paysan dans la maison.

 

En général, ils se déplacent en Camping-car bourré de bouteilles. Ils rendent ainsi visite à tous leurs amis viticulteurs. Il y a quelques siècles, la cour en déplacement apportait avec elle tous ses meubles.

Les Mostade, eux se déplacent avec leurs bouteilles, celles qu'ils aiment pour le vin qu'elles contiennent mais aussi pour les vignerons qui les ont produites.

 

L'an dernier, ils sont passés à Margueron pendant les vendanges. N'ayant jamais le frigo très plein dans cette période, ils m'avaient proposé de diner avec eux dans le camping-car. Pour dire la vérité, c'était pour moi une très bonne nouvelle. Mais pour eux, le diner ne se concevant pas sans une quantité impressionnante de bouteilles à gouter, nous sommes restés fort tard. Le lendemain, ou plutôt peu d'heures après le jour même, il a fallu recommencer le travail de chai…avec un gros mal de tête.

Vous savez comment c'est. On pense que la tête va exploser chaque fois qu'on se baisse pour brancher un tuyau sur la pompe…

 

Pour en revenir au week-end en Belgique, il y a la vente de vin qui est impressionnante par le nombre de personnes que draine cet évènement. L'endroit semble peu peuplé et peu indiqué, pourtant les gens arrivent de partout et nulle part. C'est magique.

L’organisation est quasi-militaire. Elle recrute les 10 petits enfants qui assurent leur tache ardemment et avec le sourire.

 

Mais, pour les vignerons présents, le plus impressionnant intervient après la fermeture pendant le diner organisé à la maison Mostade. Il y a une grande tablée d'invités et j'ai l'impression que plus il y a de monde, plus ils sont heureux de partager leur toit.

C’est vraiment la maison du bon dieu.

La nourriture est bonne et abondante mais surtout, on a l'occasion de déguster une très grande quantité de bouteilles de toutes origines, et souvent de grandes origines.

 

Bref, ce sont des gens adorables avec le cœur sur la main et qui sont maintenant un peu de ma famille.

 

Même si le parcours en train est un peu long entre Pauillac et Maubeuge, c'est toujours avec beaucoup de plaisir que je les retrouve.

 

Vivement l'an prochain!

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 10:44

Il y a quelques mois, en rangeant des vieux torchons venus des grands parents de Jean-Michel, je suis tombée sur un spécimen aux couleurs vives et…démodées. J'ai tout de suite situé l'époque de sa création, c'est-à-dire les années 70. Ce qui est pratique avec les modes très marquées comme celle là, c'est qu'on peut la situer sans avoir recours à la datation au carbone 14!

Donc, face de telles couleurs, j'ai pensé jeter le morceau de tissu sans autre forme de procès. Mais, par curiosité, j'ai eu l'idée de déplier le torchon. Ce n'était pas un torchon ordinaire, mais un calendrier en tissu datant de 1974.

J'ai appelé Jean-Michel pour lui demander s'il pouvait me donner quelques explications sur cet objet insolite.
Dans son enfance, l'agent local des tracteurs Ford donnait en fin d'année un calendrier en tissu ventant les engins de la marque.
Mais une année, le concepteur avait dérogé à la règle en créant un "calendrier d'anticipation".

Au-delà, du caractère folklorique de ce morceau de tissu, il y a l'idée que l'on se faisait de l'an 2000, un quart de siècle avant l'échéance.
Chacun peut faire sa propre analyse du dessin. Plusieurs choses m'interpellent. Il y a d'abord, l'électronique qui semble prendre une grande importance avec des automatismes capables de faire évoluer un engin seul, sans pilote, au moins, sans chauffeur embarqué.
Sur ce point, c'est partiellement vrai car certes l'électronique prend une part non-négligeable dans notre vie d'agriculteur mais on est encore loin d'avoir des robots évoluant seuls dans les champs.

On pourrait penser que le souci de préserver les sols contre le compactage soit à l'origine de cette disposition de roues multiples pour un tassement minimal. Il me semble plus probable que l'auteur s'est inspiré des engins lunaires qui étaient d'actualité dans les années 70.
Un autre élément intéressant est l'intensification de la production avec des champs à perte de vue et un seul engin pour de grandes surfaces. Là aussi, on n'est pas loin de la réalité.

L'architecture est très épurée. On ne sait pas s'il s'agit de bâtiments de stockage de grains ou d'immeubles d'habitation. Zones de culture et urbanisme cohabitent donc avec harmonie… dans le meilleur des mondes.

L'hélicoptère semble avoir pris une place importante dans les transports au détriment de la voiture. De ce côté-là, l'auteur n'avait pas complètement bien évalué l'avenir.

Finalement, à quelques détails près, ou plutôt quelques années prés, les prévisions de ce calendrier étaient assez lucides.
Cette vision montre une foi inébranlable dans l'agriculture intensive. C'est là que mon jugement devient plus réservé. Ce système de pensée nie totalement l'existence du sol en tant que milieu vivant qu'il faut protéger. Le fait de piloter les engins depuis un bureau  montre une aversion vis-à-vis de la terre elle-même, celle qui colle aux bottes ; car souvent en agriculture, il faut porter des bottes. Ce n'est pas loin des rapports à la terre qui sont enseignés aux futurs agriculteurs, sinon viticulteurs!

Cette agriculture uniformise les paysages et n'envisage pas l'hétérogénéité du sol. Les productions sont décidées en fonction des prix des produits et même aussi souvent des aides allouées et pas en tenant compte de l'adaptation de chaque zone à une production plutôt qu'une autre.

Enfin, je n'aime pas l'agriculture qui dépense plus d'énergie fossile qu'elle n'en produit dans ses récoltes.

Ringarde, vous avez dit ringarde ?

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 07:36

Parmi toutes les traditions, il y a les repas de chasse organisés dans chaque commune au presque.

Parfois, les rivalités entre chasseurs vont au-delà des simples oppositions sur la question d’un sanglier tiré dans une commune et mort dans l’autre.

Chez nous, ces conflits s’exercent aussi sur la table ou plutôt sur la carte du menu lors du traditionnel repas de chasse.


Ni Jean-Michel ni moi ne sommes chasseurs. Par contre, mon beau-père Yves possède ce gène particulier depuis toujours.

Donc, d’une commune à l’autre, il y a une sorte de surenchère quant au nombre de plats lors de ces manifestations.


Yves, pacifiste et amis de tous, est toujours invité. A Margueron, bien-sûr car c’est sa commune, mais aussi par les autres sociétes de chasse locales sans oublier celle de Dordogne où il passe tous ses dimanches d’hiver.

Ce week-end, c’était au tour de Ligueux d’organiser son repas. Ligueux est une petite commune de moins de 150 habitants située à côté de la grande commune de Margueron (400 âmes).

Bien que Ligueux soit équipée d’une salle des fêtes toute neuve et largement surdimensionnée, le repas de chasse a été organisé à…Margueron ! La hache de guerre est enterrée pour cette fois.

Pourquoi ce revirement ? Je ne sais pas, mais quand on sait combien de personnes ces évènements attirent, on peut penser qu’il fallait bien la salle de Margueron (200 pers. assises) pour recevoir tant de monde !

Grâce à Yves, j’ai une fois de plus pu avoir un détail du menu.

 

Il faut être présent dès midi car c’est là que tout commence avec l’apéritif.

Il y avait ensuite une soupe de campagne (épaisse dixit Yves) avec jarret et légumes.
Puis est arrivée la traditionnelle assiette de poisson invariablement accompagnée de mayonnaise. Quand c’est « fait maison, ça ne peut pas faire de mal ».

Puis, on est entré dans le vif du sujet avec les brochettes de chevreuil.


Ensuite, il y avait des côtelettes de sanglier cuites sur la braise.


Vous remarquerez que je n’ai jamais fait mention des légumes. C’est normal car Yves ne m’en a pas parlé. Ce n’est pas là l’important pour lui ni pour la majorité des convives.

Enfin, le fromage.

Et pour finir, une crème brûlée.


Là, il est déjà 18 heures, c'est-à-dire pour certains pratiquement...l’heure du dîner.

 

Ce n’était pas mal, mais même si Ligueux n’a pas démérité, il manquait quand même un plat de viande tel qu’un rôti de biche ou de cerf entre les côtelettes et le fromage.

La dernière fois, Margueron était au dessus. Il faut dire que Ligueux jouait à l'extérieur, ce qui est toujours une handicap.

 

A quand la revanche ?

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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 07:23

Souvent, notre quotidien est tellement "quotidien" que l'on ne s'aperçoit pas des imperfections qui nous entourent. Mais un jour, on ne sait pourquoi, elles nous apparaissent comme des évidences.

Ainsi, en allant dans les vignes, j'ai constaté que les bandes blanches n'étaient absolument pas droites dans une portion de route pourtant parfaitement rectiligne. Je n'ai pas le souvenir de les avoir vues peintes de frais.

 

Finalement, le vin de la région ne doit pas être si mauvais que ça…


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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 07:15

Je ne vais pas vous raconter une fois de plus nos mésaventures météorologiques car le sol n'a pas le temps de sécher avant une nouvelle pluie.

Pour avoir des informations sur la vie du viticulteur sous la pluie, il suffit de se reporter à de nombreux billets précédents qui traitent de ce sujet...

Mais la pluie a aussi du bon car elle permet parfois d'arrêter de travailler pour se détendre.

A ce titre, je voulais vous parler d'une très jolie ville : Bergerac.

Lorsque nous habitions chez nos parents, notre "centre économique" local était bien entendu Sainte-Foy La Grande. Il y avait de nombreux magasins et on y trouvait presque tout.

Cependant, quand on en était rendu au "presque" et qu'il fallait un article introuvable sur place ou tout simplement un choix un peu plus large, on se tournait vers Bergerac.

Les commerces y étaient très nombreux.

Puis, après la mort de ma belle-mère et la reprise du domaine, nous avons surtout passé du temps à travailler.

Mais récemment, nous avons recouvert Bergerac qui s'est entre-temps embellie. La vieille ville a été restaurée pour le développement du tourisme.

Un parking gratuit  est aménagé sur les quais pavés de pierres.

De là, il est même possible de faire une promenade en gabare sur la Dordogne. Ces bateaux à fond plat étaient autrefois utilisés au transport de marchandises du haut pays jusqu'à Libourne et Bordeaux. Ils amenaient entre-autres les bois de châtaignier destinés au cerclage des barriques. Ils étaient équipés d'une petite voile et descendaient avec le courant. Par contre, la remontée se faisait avec des bœufs qui tractaient les bateaux le long de "chemins de halage". Il devait falloir beaucoup de temps pour rejoindre Souillac depuis Libourne!


Toutes les villes traversées constituaient donc des étapes pour les gabariers.

Les quais de Bergerac, mais aussi ceux de Sainte-Foy sont les témoins encore vivants de cette époque.

Fort logiquement, la vieille ville se trouve en face et à proximité immédiate des quais.


Les vieilles maisons à colombages et les vieilles pierres font penser à la fois à Sarlat et à Saint-Emilion.



Il y a aussi de petites ruelles tortueuses et de fortes pentes.

En étant tout à fait objectif, ce n'est pas aussi grand que ces deux villes phares, mais l'ambiance y est très détendue. La sensation d'être dans une usine à touriste n'existe pas contrairement aux deux grandes sœurs.

 
La municipalité a fait de vrais efforts pour la mise en valeur de ce patrimoine et je l'en félicite.


Vous remarquerez que je vous ai épargné la statue de Cyrano!!!

Puis, à quelques mètres de là, la ville moderne avec ses boutiques, reprend ses droits. Il y a tous les magasins d'une ville de cette taille. On a deux villes en une !

On y trouve de tout et pas seulement des souvenirs ou des magasins de vins.

Pour les amateurs de vins, il y a aussi les vignobles à proximité. Comme partout, il y a de tout, du médiocre, du moyen et du très bon. Ces derniers, tout le monde les connait et ils n'ont pas besoin de ma modeste publicité. On peut citer, Tour des Gendres, Les Verdot de notre ami David Fourtout, Tirecul la Gravière à Monbazillac et plusieurs autres. Je me dois aussi de citer Moulin-Caresse (Montravel) même si la localisation de ce domaine est plus proche de chez nous que de Bergerac.

Je vous invite donc à vous arrêter à Bergerac si vous avez l'occasion d'aller en Dordogne. Vous y passerez quelques instants de vérité avec les vieilles pierres.

C'est ouvert tout le temps et pas seulement lorsque les vignes de Champ des Treilles sont trop humides pour y travailler...

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 07:32

C'est encore la période de plantation de tomates dans les jardins. Pour s'assurer une production future abondante et durable, c'est-à-dire jusqu'aux premières gelées, il existe une technique très simple à mettre en œuvre.

Une fois de plus je vais vous parler d'orties. A force, vous aurez compris que cette plante est vraiment magique, tant ses bienfaits sont nombreux.

Et encore, je ne vous dirai rien de ses qualités, au même titre que le chanvre ou le lin, pour en faire du tissu.

Une fois que le sol est préparé à la plantation, il faut mettre le piquet, tuteur du futur plant de tomate.

Là, au pied du piquet, à l'endroit même où va être le plant, on fait un trou d'une dizaine de centimètres de profondeur et de la taille d'une bouteille de vin.


Puis on y place une poignée d'orties fraiches. Il suffit de couper 5 à 6 tiges puis de les plier en 2.

Ensuite on place les orties dans le trou avant de reboucher.


Enfin, on plante le pied de tomate directement au même endroit.



Il ne faut bien sûr pas hésiter à arroser abondamment dès que la plantation est faite.

Nous utilisons cette technique de plantation pour la tomate depuis plusieurs années et les résultats sont spectaculaires.

Même en 2007, année favorable au mildiou, particulièrement en Médoc (...) nous avons eu de belles tomates jusqu'à la fin des vendanges et sans aucun traitement.

Pour le jardin potager (sinon partout ailleurs), nous sommes devenus un peu "biocon", c'est-à-dire que l'on ne traite pas du tout, même pas à la bouillie bordelaise.

L'an dernier, Jean-Michel a planté ses tomates sur orties puis à la fin, il lui restait 3 pieds qu'il a préféré garder pour remplacer d'éventuel pieds morts après repiquage.

Ces 3 pieds ont été mis en terre à quelques dizaines de centimètres des autres pieds.

Finalement, aucun pied n'a du être changé donc les 3 "remplaçants" sont restés en place.

Lorsque les attaques de mildiou sont arrivées en juin-juillet, ils ont été ravagés par la maladie alors que les autres étaient pratiquement indemnes!


Quand je vous dis que l'ortie est magique!!!

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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 07:07

En ce jour gris et pluvieux, j'ai choisi de vous faire partager quelques photos de fleurs prises dans nos vignes.
Pour une fois, je ne dirai rien d'autre.

















C'est quand même beau la nature...quand elle est respectée.
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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 07:21

En cette veille de fête du travail, je tenais à vous faire part à ma manière de mon amitié en vous dédiant quelques brins de muguet accompagnés du plus joli des sourires puisqu’il s’agit de celui de ma fille Laure.

 

Pour Jean-Michel et moi, comme d’ailleurs pour la plupart des paysans, cette fête du travail sera aussi un jour travaillé car la vigne n’attend pas.
La quantité de choses à faire est si longue que le simple fait d’en faire une liste risquerait de bloquer le serveur de l’hébergeur de ce blog !

 

Tout d’abord, Jean-Michel doit réparer la chaîne de transmission de l’enjambeur. En fait, elle était en si mauvais état qu’il a fallu la changer entièrement. Sachant qu’il y en a une deuxième pour l’autre roue, on peut supposer qu’il faudra renouveler l’opération sous peine de se retrouver une nouvelle fois en panne dans la vigne un jour de grosse activité.

Dès la réparation effectuée, il faudra finir le griffage abandonné après cette rencontre impromptu entre les griffes et une grosse pierre dans le sol.

 

Le chantier de complantation devrait lui-aussi être terminé ce week-end. Pas complètement toutefois car une erreur de lecture du chauffeur du pépiniériste a fait qu’il nous manquera quelques dizaines de plants. On fera la finale la semaine suivante. Quand on aime, on fait durer le plaisir !

 

Je vais aussi renouer avec les habitudes de préparation des tisanes d’orties et d’osier pour les traitements sur la gazinière dans la cuisine. C’est un mal nécessaire mais je n’aime pas salir ma cuisine avec les milliers de petits morceaux de feuilles d’orties séchées.

On pourrait faire bouillir l’eau dans le garage à tracteurs, mais je ne souhaite pas laisser du feu sans surveillance. Donc, je me résous à faire les tisanes dans la maison.

Souvent, les gens disent à Jean-Michel qu’il doit être compliqué de faire cultiver en bio dans un grand domaine tel que Pontet-Canet. Pour préparer les tisanes, ils sont équipés de grandes bouilloires électriques pour lesquelles il n’y a qu’un bouton à tourner pour mettre en chaud ; quand la température est atteinte, ça garde au chaud. Chez moi, c’est nettement plus fastidieux. Finalement, j’aimerai bien avoir un grand domaine réputé à la place d’un petit vignoble inconnu !

 

Après la tisane, il y aura les traitements à faire. 2 types d’écartements, cela veut dire 2 tracteurs différents, donc 2 préparations différentes, 2 nettoyages,…

 

J’allais oublier les vieux piquets cassés qu’il faut remplacer. Ils ont bien été sortis de terre et couchés sur le côté pour bien les voir mais le tracteur ne pouvait pas entrer dans les parcelles pour les charger et distribuer les piquets neufs a cause de la pluie.

Après la distribution, il faudra les enfoncer, y clouer les fils,…

 

Je laisse de côté les vidanges diverses et variées sur les engins, quelques commandes de caisses à préparer,…

 

Mais avant tout, il y aura la fameuse omelette à l’aillet à préparer avec les œufs de la voisine dont les jaunes, d’un orange foncé, témoignent de la bonne santé de ces poules élevées à l’ancienne.

 

Je pense que beaucoup d’agriculteurs se reconnaîtront dans cette vie chargée de mille petits travaux différents.
Comme eux, je n’aspire pas à une vie aux loisirs plus présents. J’ai la chance de faire un métier que j’aime passionnément. Mes seuls désirs seraient de pouvoir exercer mon activité dans la sérénité, loin des tracas administratifs qui nous minent la vie,…pour rien.

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 07:26

Il est une locale coutume inconnue de ma famille parachutée un peu par hasard à Sainte-Foy-la-Grande. Je l'ai découverte en rencontrant Jean-Michel, il y a longtemps déjà.

Il s'agit de manger le jour du 1er mai une omelette à l'aillet accompagnée d'un vin blanc doux pour éloigner les fièvres toute l'année ! Il est recommandé de consommer ce plat au petit-déjeuner.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, l'aillet est un jeune plant d'ail avant qu'il se mette à former la tête d'ail. A ce stade, l'aillet ressemble fortement à un poireau.

Au début, j'ai été surprise et même amusée par cette pratique très locale. Lorsqu'il y avait encore les grands-parents et ma belle-mère, je me pliais à cette coutume de façon un peu passive.

Lorsque la famille s'est agrandie, les enfants ont très vite pu goûter eux aussi à l'omelette et même sucer un peu de vin blanc sur un doigt trempé dans un verre.   

Le plat est assez bon à manger et si en plus, c'est une condition pour ne pas avoir de fièvre pendant un an...

Après les disparitions dans la famille, nous avons conservé la tradition. Ainsi, tous les 1er mai, nous cuisinons une omelette à l'aillet accompagnée d'un Champ des Treilles liquoreux vieilles vignes.

Le plus spectaculaire, c'est de voir qu'il y a de nombreux repas d'omelettes organisés dans les villages alentours.

J'en ai sélectionné quelques unes au hasard de mes voyages dans la région.

 

 

 

 



Mon cœur penche toujours plus pour Margueron...

 


 

Je ne résiste pas à la tentation de faire part du menu ; car dans ce cas, l'omelette ne sera pas seule.


Les gourmands comme mon beau-père, peuvent même en consommer plusieurs. Il suffit de bien préparer son planning et de commencer chez ceux qui prennent leur petit-déjeuner à l'omelette en commençant chez les "lève-tôt", en passant par celle des pompiers, pour finir aux omelettes géantes des comités des fêtes à midi.

 

 

En y réfléchissant, on peut se demander s'il n'existe pas dans cette étrange pratique un fond de vérité. L'aillet à ce stade de sa pousse ne contient-il pas des principes actifs utiles à la conservation d'une bonne santé?

Il y a quelques années, j'aurais sûrement eu un avis tout autre. Depuis, les choses ont changé et j'ai appris à ne rien rejeter comme on le fait trop souvent. Dans le pire des cas, il n'y a aucun risque.

Par contre, quel intérêt y a-t-il à accompagner ce plat de vin blanc sucré? Les choses ne sont pas très claires. Certes, c'est le vin local traditionnel, mais cela ne permet pas de penser que l'on pourrait le faire prescrire par les médecins et rembourser par la sécurité sociale.

Quoi qu'il arrive, nous nous plierons une fois de plus bien volontiers à la tradition cette année.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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