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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 07:18

Après de nombreuses années de services, j'envisage de changer les 2 vieilles cuves en acier émaillé qui étaient là lorsque nous avons repris le domaine.
Par manque de moyens financiers (comme c'est original), nous les avons malgré tout conservées et même équipées de régulation thermique, mais elles arrivent vraiment en fin de vie.

Je me retrouve donc avec des magnifiques plans en main et un devis qui me fait toujours frémir tant l'argent semble glisser entre mes doigts pourtant bien serrés…


Mais, si je parle de ces cuves que je n'aime pas, c'est pour tout autre chose…

Même après son départ, la plus petite laissera un souvenir marquant, ou plutôt frappant !

Je m'explique.

C'était en 1994. A l'époque, le petit domaine était géré en quasi-autarcie par ma belle-mère. Les deux cuves, qui avaient déjà une première vie derrière elles, nécessitaient un nouvel émaillage intérieur. Par souci d'économie, il avait été décidé de sortir les cuves du bâtiment sans faire intervenir la grue du réparateur.
Le voisin était venu avec son chariot élévateur. Pendant les manipulations, mon beau-père est passé sous les pales de l'engin. C'est bien-sûr le moment qu'a choisi la cuve pour tomber. Fausse manipulation de la part du voisin, mauvaise fixation ? Rien n'est très clair et quelle importance. Mon beau-père a reçu un violent coup sur la tête. Dans son malheur, il a malgré tout eu la chance de ne pas recevoir la charge directement sur le dessus du crane, ce qui l'aurait tué instantanément.
Il a cependant été littéralement scalpé, c'est-à-dire que tout le dessus de son cuir chevelu a été arraché vers l'arrière! Le sang s'est mis à coulé abondamment.

Le voyant encore vivant et conscient, ma belle-mère lui a enveloppé la tête dans une serviette de bain puis l'a mené jusqu'à leur vieille voiture, une Dyane, sorte de 2 cv plus moderne mais qui était en fin de vie.
Le véhicule qui avait plus de 20 ans avait la porte du passager qui s'ouvrait dans les virages!

C'était l'époque des premiers contrôles techniques. Cette épreuve et les primes à la casse lui ont par la suite été fatales.

Arrivés à l'hôpital de Sainte-Foy la Grande, le blessé a été pris en charge puis recousu sur une longueur de plus de 30 cm.
Ayant été prévenus, nous sommes allés le voir, le soir même dans sa chambre de malade. Les enfants étaient alors tout petits et ne reconnaissaient pas leur grand-père. Laure, âgée de 2 ans pensait qu'il avait un sac sur la tête tellement le bandage était impressionnant.
Ce n'était visiblement pas pour lui le jour de nous quitter. Il s'en est sorti sans séquelle, juste une cicatrice discrète.

Les cheveux clairsemés sur le crâne ont plutôt bien réagi après cette aération qui porte le nom de scarification quand il s'agit de gazon!
Il reste toujours sur la cuve quelques traces de l'accident. Lorsqu'elle partira, c'est une grue qui la couchera pour la sortir du cuvier.

Je suis d'une génération qui a la tête moins dure que la précédente…

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 07:11

 

 

Je n’avais pas prévu de faire de billet aujourd’hui, mais hier soir j’ai reçu un coup de fil qui a changé mes plans.

Il était 18 heures lorsque mon beau-père m’a appelé. Il sortait tout juste d’un déjeuner et voulait me faire part du menu.

 

Il faut dire que c’est une tradition chez certains de ses amis d’enfance, qui organisent une à deux fois pas an des repas qui obligeraient sûrement Gargantua à avaler de pleines boites d’Hépatum…

 

Ne vous méprenez pas quant au style culinaire concerné. Dans ce cas, on est loin de la cuisine contemporaine et autres tendances à la mode dans les quelles les rebords des assiettes sont tellement larges qu’il n’y a plus de place au centre pour mettre de quoi contenter l’estomac !

Ici, c’est du lourd, du local avec des assiettes dont la partie centrale est très développée pour contenir l’abondance de nourriture. Rien n’est sophistiqué, tout est authentique, du coin.

 

Mon beau-père, grand gourmand devant l’éternel, était invité chez son ami Roger avec quelques autres personnes.

 

Tout commence à midi, dernier délai. Pour cela, il faut se préparer tôt, vers 10 heures si possible.

L’apéritif est servi avec des toasts. Le terme d’amuse-bouche n’est pas approprié car il a une connotation de « très fin mais en faible quantité ».

 

Puis le repas commence avec du foie-gras « maison ». Là, pour donner une idée de la portion, pas question de donner son poids.

Cela s’estime en « largueur de main » pour le diamètre de la tranche et en « nombre de doigts » pour l’épaisseur.

Ici, en l’occurrence on est à une grosse main et deux doigts ! C’est correct…

 

Après le foie-gras vient l’omelette de mousserons. C’est un petit champignon de printemps dont Jean-Michel raffole mais qui ne pousse pas tous les ans et pas partout. Les endroits à mousserons se transmettent de génération en génération et nécessitent de garder un secret absolu lorsqu’on sait où ils poussent. Un peu comme les sources dans Pagnol !

Dans ce cas, il y avait deux grosses omelettes pour 10.

Cela doit faire entre 4 et 6 œufs par personne ; rien d’impressionnant.

 

La mise en jambes étant faite, on passe aux choses sérieuses. La première viande est un civet de lièvre. Vous remarquerez que pour organiser ce genre de repas, il vaut mieux être chasseur.

 

Puis vient le gigot de mouton.

 

Ensuite, pour ceux qui ont encore un petit creux, c'est-à-dire tous les invités, il y a un rôti de bœuf.

 

Les seuls absents sont bien entendu les légumes qui constituent une nourriture de second niveau dans l’esprit de ces convives issus d’une époque pas si lointaine durant laquelle la viande n’était pas présente tous les jours sur la table.

 

Afin vient la salade pour donner un peu de fraîcheur dans cette deuxième partie d’après-midi avant de se confronter à un immense plateau de fromages.

 

Enfin, c’est le moment du gâteau au chocolat. Pour éviter de surcharger le foie inutilement, il est fourré à la crème.

 

En ce qui concerne les vins, on est chez des gens qui n’ont pas une culture développée de vins même s’ils sont tous des producteurs retraités. L’étiquette importe peu même s’il y a une réelle volonté de l’hôte d’honorer ses invités.

Il y avait du champagne, du Côtes de Castillon et plusieurs Médoc.

 

Après 5 heures 30 de repas, c’est déjà l’heure de se séparer. Il y a eu mieux les années précédentes, même si il y avait assez à manger pour 25.

Je reste toujours impressionnée en pensant que l’on peut rester autant de temps à table.

 

Parmi les convives, certains commencent sûrement à penser à la revanche, c'est-à-dire au repas qu’ils organiseront eux-mêmes et dans lequel les plats seront plus nombreux et plus copieux…

 

 

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 13:00
Je pense qu'il n'y a pas besoin de commentaire...

Rassurez-vous, tous les clichés viennent du même endroit.





Pour conclure, tous ceux qui aiment la vigne vont souffrir en pensant aux pauvres raisins à venir...
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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 17:21

Dans quelques jours, je participerai à OLNE en Belgique au Salon des Vignerons.

http://www.salondesvignerons.be/

 

La colonne vertébrale de ce salon est le respect de la nature et des techniques "naturelles" de production des vins.

J'y présenterai nos vins avec toujours la même passion.

J'y vais avec mes idées et mes convictions pour tenter de donner une image positive et moderne de la biodynamie.

 

Pour animer le salon, il a été demandé à des vignerons présents de faire une petite conférence-débat sur des thèmes divers.

J'ai proposé un sujet qui me tient à cœur et qui risque de faire polémique :

 

LA BIODYNAMIE DOIT-ELLE ETRE ESOTERIQUE POUR ETRE CREDIBLE ?

 

J'aurai une vingtaine de minutes d'exposé le samedi après-midi.

 

Pour être honnête, j'appréhende un peu cet oral ; même si pour moi le but est de désacraliser la biodynamie et en montrer une facette logique et accessible à tous.

Sans vouloir dès maintenant dévoiler le contenu de mes propos futurs, je peux cependant dire que la biodynamie est avant tout une question de bon sens. Jean-Michel et moi sommes très à l'aise avec notre formation supérieure scientifique et notre statut de vignerons biodynamiques.

On en reparlera dans peu de temps...

 

J'espère que je serai à la hauteur de la tache dans cette conférence...

 

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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