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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 17:22

Une nouvelle étude vient de sortir au sujet des pesticides.

Elle a été reprise par bon nombre de revues et de télés.

Que dit l’étude ? On retrouve des pesticides sur les cheveux des salariés viticoles et des riverains des vignobles. C’est à la fois simple et imparable car le gras du cheveu attire les molécules organiques.

 

De même, les délais de réentrée dans les parcelles pour les salariés ne sont qu’une poudre aux yeux. Comment peut-on imaginer qu’une vigne traitée il y a deux jours ou même une semaine ne possède plus de produit sur les feuilles au point de les laisser être touchées par des salariés. Surtout quand on parle de produits actifs pendant 14 jours !...

 

On nous dira qu’il faut prendre des gants. La belle affaire car en été, même si les gens ont des gants, ce qui reste encore à prouver, ils sont aussi en général bras nus. Et souvent aussi, ils sont tête nue. Tous les ans, je repense aux milliers d’étudiants qui effeuillent ou coupent des raisins dans les domaines viticoles, en général sans gant et parfois dans la même parcelle que le tracteur qui traite.

Ils ne sont là que pour deux ou trois semaines et on ne les reverra plus. Donc, pourquoi s’embêter ?

 

Mais le mal est bien pire car l’odeur de ses produits se sent à des dizaines voire des centaines de mètres de l’endroit où ils ont été pulvérisés. Si on sent le produit, c’est qu’on ingère aussi la molécule.

Je parle en connaissance de cause, moi qui ai été contaminée il y a quelques années par les produits de voisins tout simplement parce que j’habite à côté de vignes traitées avec des pesticides.

Rappelons-nous de l’étude montrant que dans Paris, on capte les molécules de pesticides employés dans les plaines céréalières avec la même succession de produits que dans les champs.


Les délais pour revenir dans la parcelle, les Ecophyto pour diminuer les pesticides, les procédures,(…) tout est dans le saupoudrage car la seule voie acceptable serait l’abandon de ces produits qui n’ont rendu qu’un service de façade à la viticulture.

On vante leur efficacité mais on oublie de signaler qu’en même temps on foule au pied toutes les règles de base de la viticulture et de l’agronomie en général.

On a créé un bateau sans gouvernail et on fait exploser tous les rochers qui s’approchent de la coque, histoire de protéger la coque.

Malheureusement, il arrive que certains récifs soient plus gros ou coriaces que prévu et que la coque se perce malgré tout.

Le plus grave, c’est que plus on progresse, plus la taille des rochers à pulvériser grossit. Au stade actuel, on en est rendu à faire face à un continent entier et on se demande comment on va bien pouvoir le faire exploser.

Il est évident que de temps à autre, il y a des gens sur le rocher ou à côté. Victimes collatérales. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Dommage pour moi mais c’est la règle de la guerre totale !

Comme on refuse de voir qu’en manipulant l’armement, certains y perde aussi la vie. Là non-plus, pas de statistique…

 

Le plus terrible c’est que le capitaine du bateau refuse l’idée que leur gouvernail est cassé. Il s’appuie sur des expertises de son interprofession qui le conforte dans son point de vue.

Quand ils voient un bateau dont le gouvernail fonctionne, ils tentent de le ralentir ou même de le couler.

Leurs idées, ils les ont trouvées dans des écoles de marins où on apprend à naviguer sans gouvernail mais avec une soute à munition bien fournie.

Pour les idées nouvelles ou les nouvelles armes anti récifs, il y a toujours les fabricants de ces armes Leurs réunions sont toujours appréciées des marins sans gouvernail. Les viennoiseries y sont toujours très bonnes et du jour.

Et pur beurre en plus !! 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 09:17

Une fois de plus l’actualité nous montre à quel point notre système actuel ne tourne pas rond ; alors qu’il aurait tous les moyens d’être parfait ou presque.

On vient de découvrir que les lasagnes au bœuf auraient très bien pu être achetées dans une boucherie chevaline.

Et encore, quand on parle de viande de cheval, c’est peut-être aller un peu vite en besogne car la viande dont on nous parle, c’est du « minerai de cheval », c’est-à-dire un mélange de lambeaux de chair, de collagène, de cartilage et d’os !

 

Ayant eu l’occasion de travailler dans le milieu de la viande industrielle, ce n-ième scandale ne m’étonne pas vraiment.

Pour le moment, on n’a pas encore décelé de risque majeur pour la santé, donc on est loin des viandes rénovées comme il y a quelques années ou autres pratiques toutes aussi tordues.


Ce nouveau cas montre que la traçabilité souvent vantée n’est valable que si les gens qui la font vivre sont honnêtes et ont envie de bien faire.  C’est la même chose pour toutes les procédures qui prolifèrent sous l’impulsion des « qualiticiens ».

Cependant bêtise ou cupidité, voire les deux réunies, ont vite fait de contourner la traçabilité et mettre à mal toutes les procédures.

J’ai vu des steaks hachés tout bleu revenir périmés et repartir dans le circuit avec de la viande fraiche. Le tout mélangé semblait bien suffisant pour les responsables de l’usine.

 

Une autre réflexion concerne la rentabilité des circuits de la viande avec des étapes et des intermédiaires partout en Europe. Si on considère le coût de transport en camion frigo, on finit par se poser la question de l’intérêt de tout cela.
Surtout que la France ne sait pas utiliser les bas-morceaux de ses vaches. Il y aurait une destination facilement utilisable pour de la viande.

Durant mes études, j’ai travaillé sur la valorisation de lambeaux de chair accrochés aux os. Après récupération, il fallait les mélanger à de la gélatine pour en refaire des dès de viande ; de fausse viande si on veut être exact. Le but était de constituer la viande dans des blanquettes ou les bourguignons !

A l’époque, j’étais très contente et motivée pour faire aboutir l’étude. Je le suis moins maintenant.

Vu le nombre d’étapes et de produits, je me demande toujours comment cela pouvait être rentable et jusqu’à quelle point on pouvait aller dans la technologie agroalimentaire. Là aussi, il aurait tout simplement fallu négocier les bas-morceaux auprès des grossistes pour avoir à bon prix de la vraie viande, directement utilisable sans adjuvant.

Je ne serais pas étonnée d’apprendre que tous les bas-morceaux sans destination en France finissent en farine dans des immenses congélateurs avant destruction et aussi avec subvention de l’union européenne.

 

Comme toujours, les pouvoirs publics tombent des nues et découvrent qu’il peut y avoir des malversations. Pourtant les services vétérinaires existent et sont supposés faire leur travail. Pour ma part, je n’ai jamais vu un vétérinaire venir vérifier un frigo. Ils passaient bien pour leurs prélèvements mais c’était plus vers les rôtis, entrecôtes et autres tournedos qu’ils concentraient leur attention…

Et comme les politiques sont toujours dans l’émotion, ils viennent de demander des tests ADN en grand nombre. On va trouver quelques coupables en essayant de ne pas fermer les usines qui sont des employeurs de main d’œuvre.

Puis, le système va s’endormir de nouveau.

Pour les gens honnêtes, les règles et contraintes vont devenir encore plus lourdes. Les fraudeurs auront vite fait de trouver la parade et pourront continuer de prospérer.

Jusqu’au prochain scandale…

 

Justement, dernière info du jour. Les farines animales vont être de nouveau autorisées pour nourrir les poissons. Prochaine étape, le poisson psychopathe…

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 12:44

Depuis quelques années, il est devenu un proche, presque un ami. Pour faire plus moderne, on l’appelle aussi Warming ou même Warmmy quand on veut faire plus américain.

 

Grâce à lui, combien de réunions ont été faites, combien de pages ont été écrites, combien d’avions ont décollé pour des conférences sur le sujet, combien de nuits d’hôtel pour des conférenciers ont été vendues ? Bref, il fait tourner le monde moderne occidental.

 

Par contre, il nous obligera peut-être à livrer nos vins dans l’avenir avec un âne pour éviter de trop faire monter notre bilan carbone.

On se met à comptabiliser les pets des vaches dont la nuisance est dramatique.

 

Heureusement, il est à géométrie variable car il exclut les billets d’avion pour aller se faire bronzer à Bora-Bora ou pour aller voir un match de foot dans un stade climatisé au Katar. Idem pour les courses de Formule 1 sur tous les circuits du monde.

 

A travers mes propos, ne pensez pas que je nie l’impact des activités humaines sur la planète, ni même l’idée d’un réchauffement de la planète.

Je ne serai pas en vigneronne en biodynamie si je pensais que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais la façon dont les « spécialistes » parlent du réchauffement climatique a quelque chose d’étrange.

Les spécialistes de la météo ne savent pas prédire l’arrivée des tsunamis avant quelques secondes après leur déclenchement. Et là, ils nous font des simulations à 50 ans de distance avec des cartes très précises.

 

Vrai, pas vrai ? qui sait. En tous cas, pas moi.

Ce que je peux penser, c’est que comme toujours les choses sont bien plus complexes que la façon dont on nous les présente.

 

Mais si je vous parle du réchauffement aujourd’hui, c’est tout simplement parce que le 5 février prochain, il en sera question lors des journées techniques du CIVB au Palais des Congrès à Bordeaux.

 

Et oui, les vins de Bordeaux n’ont plus aucun problème à régler et maintenant,  ils ont décidé de s’attaquer aux conséquences du réchauffement climatique.


Il faut donc se préparer aux changements probables du climat en adaptant nos modes de culture et éventuellement en plantant de nouveaux cépages et des nouveaux porte-greffes.

Le changement climatique, a cela de bien, qu’il dédouane tout le monde de ses propres incompétences et de ses propres responsabilités.

Comme tout le monde est un peu responsable, personne ne l’est vraiment. Donc, c’est bien pratique.

 

Ceux, qui balancent des tonnes de pesticides et autres désherbants, mettent la main sur le cœur en se félicitant de lutter contre le réchauffement climatique car ils font moins de passages de tracteur durant l’année. De ce fait, ils oublient qu’ils stérilisent les sols, et même les gens.

 

Et puis, on évite ainsi de remettre en question ses propres choix culturaux. Les hauteurs de  palissage ont augmenté de 20, 30 ou 50% en quelques années pour une production qui a baissé parfois significativement. Les effeuillages, les levures sélectionnées, les adjuvants divers et variés,…Tout concourt à faire monter les degrés dans les vins.

Mais, tout cela, c’est trop terre à terre. Pas assez dans la prospective.


Et donc, le 5 février prochain, on va passer des heures à refaire la viticulture bordelaise à la sauce réchauffement climatique. On va se demander quel cépage on pourrait choisir en 2050, quel porte-greffe, quelles nouvelles levures résistantes aux forts degrés...

On va remettre sur la table la sacro-sainte irrigation dont tant de vignerons rêvent plus ou moins en secret.

Le réchauffement climatique sera un bon alibi pour l’imposer sans rougir au nom de la qualité !

 

On va même faire venir un universitaire espagnol qui s’y connait en chaleur dans les rangs de vignes.

 

On va parler, on va parler, on va parler,…

 

Une fois de plus, c’est le vendeur de viennoiserie qui va être content.

Dans ce monde de conférenciers qui est le nôtre, c’est sûrement dans le secteur de la viennoiserie qu’il faut se diriger si on veut assurer son avenir et celui de ses enfants.

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 16:46

Sauf erreur de ma part, il me reste encore deux saisons, soit jusqu’au 1er octobre 2014, avant l’obligation d’avoir obtenu le Certiphyto, c’est-à-dire le certificat pour utiliser des produits de traitement.

Même quand on est en bio et qu’on n’utilise que des tisanes, du soufre et du cuivre à un dixième ou un vingtième de la  dose homologuée, on a l’obligation d’obtenir ce certificat.

Pour cela, il faut suivre une formation dans laquelle on va nous indiquer tous les risques d’utiliser des pesticides que nous n’utilisons pas chez nous et comment éviter de trop polluer la nature et les gens en les appliquant alors qu’on ne les applique pas chez nous !

Un vrai permis de polluer pour ne pas dire pire !

 

On ne se pose pas la bonne question de l’opportunité ou non d’utiliser de tels produits de mort.

Grâce à Certiphyto, on valide un peu plus le fait que de telles substances sont nécessaires à notre survie.

 

On va donc nous refaire le coup de la nécessité de nourrir la planète, nécessité qui passe évidemment par l’utilisation, massive si possible de pesticides. L’OGM n’est pas loin, c’est l’étape suivante.

 

Nourrir la planète. Sujet intéressant quand il s’agit de l’agriculture, car on laisse sous silence que la solution est beaucoup moins alimentaire que démographique. J’ai quelques compétences dans le domaine de l’alimentation et je trouve pitoyable de penser nourrir les pays pauvres avec des produits agricoles que ces populations ne savent pas digérer car ils ne font pas partie de leur alimentation traditionnelle.

 

Par contre, tant qu’on est sur le terrain de l’alimentation, on peut penser  que la viticulture n’y a pas sa place.  S’il y a bien un produit issu de l’agriculture qui ne mérite pas de suivre cette logique, si toutefois on peut parler de logique, c’est bien le vin.

Il n’est absolument pas nécessaire à l’alimentation des populations. Donc, à ce compte-là la viticulture sans pesticide devrait être la règle.

 

Pourtant ce n’est pas le cas et les efforts sont massifs pour éloigner la viticulture de solutions vraiment propres. Les firmes phytosanitaires ont beau jeu car c’est toute l’agriculture qui leur déroule le tapis rouge et qui leur supprime les obstacles.

 

On peut aussi rajouter que l’ombre de l’amiante plane au-dessus du dossier des pesticides.

Après avoir laissé des générations de personnes manipuler sans précaution ce matériau mortel, les protagonistes de l’affaire, politiques et industriels ont reçu un coup de boomerang en se retrouvant devant le juge parfois plusieurs dizaines d’années après les faits.

Avec le Certiphyto, les politiques et les industriels renvoient la responsabilité sur les utilisateurs, qui ayant été prévenus des risques ne peuvent se retourner vers personne ; comme ce fut le cas avec l’amiante ; au grand détriment des gens de pouvoir.

Est-il juste de valider l’utilisation de produits potentiellement cancérigènes, perturbateurs endocriniens, mutagènes, perturbateurs des grossesses,(…) ?

Je réponds non. Le pesticide est une mauvaise réponse à un problème bien souvent généré par des mauvaises pratiques. Et il y a bien d’autres méthodes pour travailler efficacement sans lui. Mes vins et des centaines ou milliers d’autres en sont les exemples évidents.

 

Et bien, moi je refuse de passer le Certiphyto !

 

J’assume mon choix et si un contrôle se présente, je ne prétexterai pas la mauvaise information ou la négligence. Je ne ferai pas non plus semblant d’être absente.

Si je dois avoir une amende ou de la prison, je m’acquitterai de mon dû, puis j’arrêterai mon activité et je partirai ailleurs.


J’en ai assez de courber l’échine face à des règlementations dans lesquelles je ne me reconnais pas.

Tous les vignerons bio devraient refuser d’appliquer des règles qui ne sont pas faites pour eux et en ayant comme seul tort le fait qu’ils ont d’autres idées que les apparatchiks de l’agriculture.

 

Notre prospérité actuelle se paie en hypothéquant la Terre et ses ressources au détriment de nos enfants. Le Certiphyto c’est la carte de crédit révolving environnementale, sans plafond de retrait et sans pénalité de dépassement.

 

Ça dure un temps, mais après…

 

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 13:34

Etant certifiée bio, je suis évidemment concernée par les changements qui vont entrainer l’apparition tant attendue du « vin bio ». Pourtant, je ne m’estime que moyennement concernée par le changement car mes principes de vinification et d’élevage du vin sont particulièrement simples et épurés d’ajouts et d’interventions divers et variés.

J’ai entendu que certains trouvent la nouvelle réglementation beaucoup trop restrictive. Mais jusqu’à présent, tout cela était un peu flou dans mon esprit.

Et puis, je suis tombée par hasard sur une liste commerciaux de produits homologués en bio et qui a été faite par une société connue des professionnels.

  intrantbio 1468

Et là, le choc. Je vous laisse imaginer ce que serait une liste « non-restrictive » !

Pour beaucoup de produits, je ne savais même pas qu’ils existaient ni à quoi ils peuvent servir.

 

Et surtout, pauvre naïve que je suis, je n’imaginais même pas qu’un vigneron bio ou même non-bio puisse avoir besoin de beaucoup d’entre eux !

 

C’est ainsi que fonctionne notre mode, tiraillé entre l’éthique et une « raison » présentée comme telle.


Quand je déguste mes vins et certains autres, je me dis qu’il doit bien exister une voie de l’éthique raisonnable. Celle qui permet aux consommateurs de prendre du plaisir avec un vin tout en permettant au vigneron d’en vivre tout en étant fier de ce qu’il fait.

 

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 07:48

C’est un titre à voie variable et chacun aura le loisir de le compléter à sa guise.

En cette période de vendange  humide, l’inspection du travail vient de rappeler aux vignerons girondins que la loi s’appliquait à tous et que l’on ne pouvait pas dépasser 6 jours de travail consécutifs pour les salariés.

La citadelle que l’on croyait imprenable est tombée. La récolte du raisin n’est plus sacrée. On lui a substitué la « pseudo » sécurité des salariés.

Vous me direz que je ne dois penser qu’à moi en disant cela. Et bien non car pour des questions financières, je ne vendange jamais le week-end et mon salarié permanent ne fait en général jamais d’heures supplémentaires.

C’est moi qui assume l’intégralité du travail dominical ; sinon mon entreprise fait faillite.

La tolérance qui voulait que pendant les vendanges on laisse de côté les 6 jours maximum de travail a été brutalement supprimée, en pleine vendange ; sans même que les vignerons n’aient pu s’y préparer.

Une forme de mépris supplémentaire…

Celui qui a pris cette décision tout seul dans un bureau n’a jamais dû voir une entreprise privée de près. Il doit même ne connaitre le monde du travail qu’à travers des stages dans des administrations.

Il ne doit pas savoir que le raisin doit être récolté parfois très vite sous peine de le perdre.
Il ne doit pas savoir non plus qu’un moût en fermentation ne s’arrête pas pour le week-end comme lui.

Et pour la grande majorité des domaines employant de la main d’œuvre en viticulture, les vendanges et la vinification nécessitent tous les moyens humains disponibles sur place ; c'est-à-dire des gens formés qu’il est difficile de remplacer pour le 7ème jour.

En écoutant les gens, on apprend que la mort dans l’âme, beaucoup de domaines se sont pliés à ce nouvel excès de zèle, jonglant ainsi avec les emplois du temps du personnel et n’améliorant pas forcément la sécurité.

Il est beaucoup moins risqué de remonter d’Espagne en Go-Fast à 200 à l’heure chargé de cannabis que de faire travailler le dimanche, des vendangeurs volontaires dans un rang de vigne !

Particulièrement dans cette année humide, les équipes de vendangeurs ont dû s’arrêter en laissant la pourriture gagner. Des gens ont été mis à l’arrêt pendant une journée,…à simplement une journée de la fin des vendanges. Ubuesque !

J’avais déjà fait part de ma consternation en voyant que dans notre société en fin de cycle, les producteurs de prunes roulaient avec les tracteurs sur les prunes tombées au sol parce que mûre pour aller récolter en faisant tomber à la machine des prunes pas mûres. Trop cher de payer des gens pour ramasser à la main les bonnes prunes au sol.

 Maintenant, il faut laisser pourrir la vendange pour respecter une loi qui n’a jamais protégé personne.

Comment expliquer à un vendangeur espagnol de 20 ans qui vient pour travailler, d’un pays comptant 25% de chômeurs qu’il doit s’arrêter car ici, pays de 10% de chômeurs et 2000 milliards de dette, on doit laisser le travail de l’année pourrir sur pied car comme dans l’ancien testament, le 7èmejour est chômé ?

Le produit sacré pour nous qu’est le vin est bafoué alors qu’il représente un rare îlot de prospérité de notre balance commerciale dans un océan de misère.

Les principaux intéressés, les salariés se sentent eux aussi trompés. Ceux qui, au lieu de rester au chômage, font l’effort de venir faire les vendanges sont loin d’être concernés par l’imposition à 75% du candidat Hollande. Ils comptaient sur des heures supplémentaires pour arrondir, par le travail, leur modeste revenu.

On leur répond, rentrez chez vous, reposez-vous ! Il leur reste des vendanges sans heure supplémentaire. Sans oublier le travail au noir qui va continuer de prospérer.

Encore une fois, le fossé se creuse entre les conditions des salariés et celle des exploitants agricoles. Même chose pour les artisans, commerçants,…

Comme souvent, c’est l’exploitant qui va combler par son travail le manque généré.

Lui travaille pour son vin qui va lui permettre de payer son personnel, ses factures, ses impôts et s’il reste un peu d’argent de faire vivre sa famille. Il a donc obligation d’assurer le résultat.

On se demande aussi pourquoi la machine à vendanger continue de progresser…

Pour l’exploitant, pas de limite dans le nombre d’heures travaillées.  Les éleveurs laitiers travaillent 7 jours sur 7 et même pour la plupart 365 jours par an.

Aucun inspecteur du travail ne pense à eux. C’est normal ils ne sont pas salariés !

En disant cela, il me revient à l’esprit l’histoire d’un ébéniste de mon entourage. Il représentait la nième génération d’ébénistes de notre petite ville. Il y a quelques années, il employait deux salariés et son entreprise marchait bien. Durant un mois d’août, il avait à construire une cuisine pour un client. Les deux salariés étant en congé, il a fait lui-même le travail et a livré la cuisine. Le montant de la facture a tout juste servi à payer les salaires et les charges sociales. Il s’est acquitté de ces deux dépenses puis a arrêté son activité et a donc licencié ses employés.

Depuis, il fait des brocantes et vit ainsi.

Une entreprise et deux salariés victimes collatérales d’une société décadente qui s’autodétruit.

Je vous laisse donc le soin de compléter le titre de ce post.

On parlait du redressement productif. On a très vite vu qu’il avait souvent un aspect punitif.

Maintenant, en étant obligé de laisser pourrir son raisin pour des raisons « sociales », on est assez proche de l’effondrement punitif.

 

Celui dont on ne se remet pas !

 

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 15:49

Comme tout le monde, je vois s’agiter le Ministre du redressement productif face aux plans sociaux.

 

La lilliputienne chef d’entreprise que je suis, a toutes les difficultés du monde à voir le Ministre et ses collègues, comme des alliés face à la sévérité du monde.

Il me semble même que les entreprises sont considérées par ces gens comme des ennemis qu’il faut faire plier coûte que coûte.

 

Il ne s’agit pas de dire qu’on est de tel ou tel bord politique car il y a à mon sens un réalisme économique qui fait que des salariés sont dépendants d’une entreprise.

 

Sans entreprise, il n’y a plus de création de richesses et donc plus de salariés.

Cela semble évident dit comme ça, pourtant des millions d’emplois ont été perdus en ayant oublié ce constat simple et universel.


On veut interdire les licenciements sans se demander pourquoi les entreprises licencient. Et surtout sans imaginer des solutions qui leur permettraient de ne plus avoir à licencier.

 

On veut obliger les entreprises à embaucher en rendant les heures supplémentaires moins attractives.

Bien, mais comment on fait quand on a un besoin ponctuel. A la fin, c’est toujours le salarié qui va trinquer. Celui qui faisait des heures sup n’en fera plus ou même s’il en fait, son bulletin de salaire sera bien plus maigre qu’avant.

Et là, on ne touche pas les rentiers ou les patrons du CAC40 mais des gens simples qui auront un peu moins pour vivre ; tout simplement.

 

Le travail noir qui ne s’est jamais aussi bien porté, surtout depuis l’avènement des 35 heures se voit offrir un plat de roi avec le travail déclaré qui devient encore moins accessible qu’avant.

 

On pense qu’en coupant le gâteau en plus de parts, on va contenter plus de monde. C’est vrai pendant un certain moment mais il arrive un stade où les parts sont tellement petites que tout le monde a faim.

 

On ne pense surtout pas à favoriser celui qui fait le gâteau pour qu’il puisse en faire un plus gros et ainsi rassasier plus de monde.

 

Je dois sûrement être la dernière à vendanger à la main dans notre petite région sinistrée. C’est un effort financier important pour moi. Maintenant, les heures supplémentaires que nous passons pour trier me coûteront encore plus cher. Jusqu’à quand pourrai-je le supporter avant de craquer et appeler la machine à vendanger ? Je n’ai pas encore la réponse.

Un jour, on nous obligera sûrement à embaucher tous les vendangeurs en CDI ou à financer des plans sociaux à la fin des deux semaines de vendanges !

 

Quand les dirigeants de notre pays de droite comme de gauche arrêteront-t-ils de se comporter vis-à-vis des entreprises selon des principes issus du Front Populaire ?

 

Entre le libéralisme débridé et l’obscurantisme recroquevillé, n’existe-t-il pas une voie de raison permettant l’épanouissement personnel dans une entreprise libérée des contraintes contreproductives ?

 

 

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 13:22

Nous venons de préparer le passage du Fioul au nouveau carburant idiot, le GNR ou Gazole Non Routier.

J’en parlais il y a quelques jours. J’ai donc du acheter une cuve et son équipement pour 1000 euros.

L’ancienne cuve, qui donnait toute satisfaction va partir à la ferraille.

Pour le moment, les deux cuves cohabitent le temps que la transition soit faite pour tous les tracteurs.

 DSC04674.jpg

Ensuite, Jean-Michel a tiré une ligne électrique pour alimenter le moteur de la pompe.
Avant on remplissait avec un robinet en bas de la cuve et un bidon à fioul. Mais maintenant, plus question d’utiliser la gravité pour tirer du carburant. Les risques de fuite… Personne n’a jamais du perdre une goutte de carburant par cette voie mais un décideur plus fort que les autres a du entrevoir cette éventualité. Donc maintenant, il faut un moteur et de l’électricité pour tirer du carburant.

 

DSC04678.jpg

Exit aussi le bidon qui était une solution trop simple pour les petites structures comme les nôtres.

Le bidon avait l’avantage de responsabiliser celui qui s’en servait à la quantité de carburant qu’il mettait dans le réservoir. On avait toujours tendance à se limiter à un bidon avec la volonté de faire avec, pour ne pas avoir à en remplir un autre.

 

Maintenant, on a un pistolet. Il suffit d’appuyer sur la poignée et le carburant sort tout seul. On a bien l’indication des quantités transférées (du moins si la pile est toujours en état), mais ce n’est pas pareil.

C’est comme payer ses achats en liquide et avec une carte bancaire. Dans le premier cas, on a pleinement conscience de la dépense. Et plus on dépense, plus il faut mettre de billets dans sa main. Dans le deuxième cas, c’est beaucoup plus immatériel et la position de la virgule importe peu. Par contre, le banquier lui continue de compter !

 DSC04677-copie-1.jpg

Après, il y a le choix entre le GNR-été et le GNR-hiver ou le GNR été-hiver. Pour moi, pas vraiment de choix pour le moment car c’est du GNR d’été qui a été livré. Donc, j’ai pris le minimum de volume car nous arrivons en fin de saison et les consommations de carburant vont fortement baisser. J’espère ne pas tomber en rupture pendant les vendanges.

 

Puis, il va falloir vidanger les réservoirs des 3 tracteurs, ainsi que les circuits de carburant et enfin changer les filtres.


Enfin, le sésame nous sera accessible : rouler avec un carburant stupide, généré pour des questions bassement politiques.

C’est quand même facile de faire des lois pour réparer ses erreurs.


Si l’état était viticulteur, il ferait une loi pour obliger tous les ménages français à acheter quelques caisses de vin.

Et pof, plus de stock !

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 12:42

Et oui, je n’aime toujours pas les vignes hautes et larges.

 vignes-hautes.jpg

Deux réflexions me viennent à l’esprit :

 

Comment peut-on penser faire du bon vin avec ? Pire encore : toute une région défend contre vents et marées cette viticulture  qui a entrainé les Bordeaux génériques dans l’abîme ?


En enfin, pourquoi les adeptes de ces vignes n’optent pas pour la production de kiwis.

 

Le système de conduite y est comparable, il y a beaucoup moins de contraintes règlementaires pour les kiwis par rapport au vin et surtout et notre pays est déficitaire pour la production de ce fruit vitaminé.


Alors que les vins des vignes hautes et larges, il y en a beaucoup sur le marché alors que la demande n’existe plus.

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 13:09

En parcourant une revue « technique » viticole, j’ai découvert une nouvelle façon de brasser de l’air sans avancer. C’est la « Haute Valorisation Environnementale », ou HVE pour les initiés.

 

Après les diverses chartes de lutte raisonnée, ou de Management Environnemental, on pensait avoir épuisé le filon du tournage en rond pour dire «qu’on « fait sans rien faire » ou « qu’on ferait si on en avait les moyens».

 

Et bien non. Il y a quelqu’un qui doit avoir un cousin travaillant dans le secteur du bâtiment, où existe déjà la « Haute Qualité Energétique » ; HQE.

De là, a du naitre l’idée géniale de faire un label agricole, cousin du premier.

 

Par rapport à la lutte raisonnée, il possède au moins l’avantage d’être accessible aux vignerons en bio.


Mais dans mon esprit, c’est toujours la même chose : comment peut-on envisager de parler d’environnement en utilisant pesticides et désherbants chimiques en tous genres ?

 

Le passage en bio devrait être la toute première étape d’une démarche environnementale.

 

Pourtant, les raisons sont nombreuses pour éviter ce préalable. Au contraire, on fait dans la mesurette de diversion : on y va de sa petite haie plantée, de sa jachère fleurie,…

 

Evidemment, on met en avant la part des pesticides qu’on a supprimé sans penser à la part, souvent plus importante, qui continue d’être utilisée. Idem pour les herbicides.

 

En général aussi, pour donner des statistiques parlantes, on prend en référence, l’année durant laquelle, même sans traiter on n’aurait pas eu de maladie ; 2011 en bordelais.

 

Au moins ces labels divers et variés ont un avantage. Ils favorisent la consommation de café et de viennoiserie ; éléments indispensables aux multiples réunions nécessaires pour être labellisé.

 

Ainsi, on ajoute une dimension sociale au label en soutenant le petit paysan colombien et l’artisan boulanger de quartier…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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