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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 09:57

 Depuis quelques années, notre comité interprofessionnel local (CIVB) a développé une démarche appelée Système de Management Environnemental (ou SME pour les intimes). Rien qu’en lisant le nom, on peut avoir des doutes sur la crédibilité de l’édifice…

 

C’est déjà mieux que rien pourrait-on dire ? Certes, mais le problème, c’est justement que ce n’est pas très différent de rien.

 

Les démarches environnementales sont devenues de arguments commerciaux et uniquement commerciaux dans la mesure où le premier poste de pollution, c'est-à-dire les produits phytosanitaires, n’est pas remis en cause.

 

Au mieux envisage-t-on de réduire hypothétiquement leur utilisation avec une échéance suffisamment lointaine pour qu’on puisse en parler longtemps sans avoir à faire le moindre effort. Et entre temps, on aura trouvé une autre idée, un autre point pour diriger les regards, les écartant ainsi de la vue des boites de produits chimiques.

 

Le passage obligé de toute démarche sincère devrait justement être l’abandon des phytos.

Mais, ce n’est évidemment jamais le cas.

 

Si besoin, on va nous expliquer que ce n’est pas le moment car c’est la crise. Evidemment, mais alors on ne doit  pas parler d’environnement. On peut aussi se dire qu’il aurait fallu bouger avant, c'est-à-dire avant d’être le dos au mur sans autre possibilité que l’argumentation gratuite sans acte réel.

 

Que dire d’une pauvre ampoule basse consommation, d’une ruche mourante au milieu d’une nature stérilisée ou de 3 fleurs de jachères fleuries quand il s’agit de relever le défi écologique pour éviter une catastrophe annoncée qui nous fait face en grossissant chaque jour ?

 

Le SME, c’est un peu et même beaucoup le respect de l’environnement à la sauce bling-bling ; c'est-à-dire une façade éclairée sans rien derrière, avec le secret espoir de vendre du vin à des consommateurs naïfs, pleins de bonnes intentions…mais surtout bernés.

 

J’ai au moins un motif de satisfaction. Grâce au SME, je sais au moins à quoi est utilisé une partie de l’argent que je donne tous les mois sous forme de cotisations professionnelles.

Et ça, ça me rassure…

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 11:12

 Vous savez tous que j’ai une forte sensibilité vis-à-vis de la lutte contre les sangliers qualifiés de nuisibles. On les pourchasse en regardant les dégâts qu’ils font sans se poser la question du pourquoi des choses, c'est-à-dire la raison de ce déséquilibre malgré tout bien réel.

 

Mais cette vision des choses n’est pas mon propos du jour.

 

Si j’ai décidé de prendre la plume sur ce sujet, c’est pour dénoncer une vraie imposture.

Toutes les semaines, des battues sont organisées pour détruire ces nuisibles. On en tue et on en tue. Puis, on congèle les morceaux avant de faire un bon gros repas de chasseurs.

 

Jusque là, rien d’aberrant sinon qu’on peut avoir des doutes sur les motivations de toutes ces têtes à casquettes fluo qui colonisent les champs, les vignes et les bois.

 

Le sentiment devient plus circonspect quand on rencontre de la nourriture amenée aux sangliers toute l'année pour qu’ils grossissent bien et qu’ils soient bien gras et bien dodus lors des repas de chasse ; comme le montre la photo avec pain et noisettes…

Parfois, c’est du maïs amené régulièrement à ces braves bêtes !

 SANGLIER.jpg

C’est vrai pour les sangliers, mais je pourrais faire un copier-coller avec les cervidés.

 

Lors des battues, on ne tire pas sur les femelles pleines. Sursaut de moralité dans ce monde de chasseurs ? Pas du tout ! Si on tue les mères, il n’y aura plus de petits et donc plus de petits marcassins tendres à souhait ou de jeunes cerfs moins durs que les adultes lors des prochains repas de chasse. CQFD…

 

La défense des cultures ne serait donc qu’un alibi pour se donner la matière première pour organiser quelques bons repas à base de gros gibier.

 

Tout comme Paris valait bien une messe, un petit cochon bien grillé vaut bien quelques entorses à la politique de lutte contre les nuisibles…

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 17:39

 

 Nos bâtiments viennent d’être visités. Une fois de plus devrais-je dire.

Pour la propriété, c’est la 5ème fois si on compte un « découvrage » de toiture avec « bombage » de sirène d’alarme. Il faut aussi ajouter le cambriolage de la maison de Pauillac.

Je pense être au dessus de la moyenne des statistiques.

 

Cette fois-ci, le butin est bien maigre et pas vraiment en relation avec la dégradation des portes. L’alarme a sûrement joué son rôle dissuasif.

 

Chaque fois, on se dit qu’à force, on s’est constitué une carapace et qu’on ne sera pas atteint dans sa chair. Pourtant, quand cela se produit, on ressent toujours ce même sentiment de violation de son intimité, d’injustice de se voir dérobé du fruit de son travail. Je pourrai ajouter le dégoût en pensant aux heures et journées courbée à quatre pattes pour gratter les euros un par un ; alors que certains vivent uniquement de larcin ou de trafic dans une totale impunité.

 

Le plus terrible, c’est quand on se doute que cela va arriver, avec un véhicule inconnu qui tourne et retourne dans le coin pendant plusieurs jours.

 

La délinquance a depuis longtemps quitté les villes pour s’exporter dans les campagnes.

Entre les vols de câbles électriques sur des lignes sous tension et les cambriolages de maisons ou d’entrepôts, il y a de l’activité presque tous les soirs.

 

Pour les forces de l’ordre, les priorités vont à des choses bien pires encore.

Alors, une porte enfoncée pour quelques bouteilles, une tronçonneuse ou un bijou, pensez-donc…


Et quand le matin on constate que l’on n’a rien subi, on finit par se sentir chanceux.

 

Ça plus tout le reste : notre société sent vraiment la fin de cycle…

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 08:20

 Je viens de recevoir un « cahier technique » du Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux, CIVB pour les initiés.

Il s’agit du premier exemplaire d’une série, sur papier glacé, consacrée au « système de management environnemental ».

Le but, somme toute louable de la démarche, est d’évaluer sa situation vis-à-vis de l’environnement et de l’améliorer.

Mais toute démarche passée à la moulinette de ces instances décalées de la réalité, devient une usine à gaz ou une succession d’actions aussi abstraites qu’inefficaces.

 

Contrairement à ce que le commun des mortels pourrait penser, il n’y a pas besoin d’être en bio pour respecter la nature à la sauce officielle. On peut même utiliser des désherbants chimiques, des perturbateurs endocriniens, des produits cancérigènes, mutagènes,…

Pour bien faire, il suffit d’en avoir l’intention, d’estimer la main sur le cœur « qu’on ne peut pas faire autrement » et surtout de le noter sur un cahier prévu à cet effet, ou mieux encore sur un ordinateur.

Je pourrai même ajouter qu’au CIVB, le bio on n’aime pas trop. Les raisons en sont diverses (politiques, idéologiques, refus de se remettre en cause,…)

Comme toujours, c’est l’action collective qui est privilégiée, avec des réunions, des visites,…

Après le diagnostic, c’est l’heure de la planification.

Collectivisation, planification, toute une époque… Rassurez-vous, les caves coopératives ne sont évidemment pas oubliées ; elles restent une pierre angulaire du système.

 

A la fin, on nous dira qu’il faut privilégier des bouteilles légères, voire même en plastique. Qu’il faut favoriser le transport ferroviaire et maritime.

Personne n’osera dire que les trains sont souvent en grève et qu’une poignée de dockers bloquent à eux seuls le commerce international d’un pays pour des exigences indécentes ou d’un autre temps.

Pour faire bon poids, bonne mesure on plantera des jachères fleuries sur le bord des parcelles à côté de la route.

On s’enorgueillira d’utiliser des hormones de synthèses à pleins bidons.

Et tout ira bien.

 

Grâce à l’action collective, on conserve contre le monde entier les vignes hautes et larges à Bordeaux. Pour ceux qui font du vrac dans cette viticulture de la cohésion du groupe, le tonneau de vin de 900 litres est payé 600€, quand il trouve preneur ; ce qui n’est souvent pas le cas.


Et là, maintenant on demande à ceux qui ont les chais pleins d’un vin dont personne ne veut de faire un diagnostic environnemental pour faire face aux enjeux de demain.

Quand une Formule 1 ne fonctionne pas, on ne regarde pas en premier lieu si un autocollant publicitaire est collé en travers. On s’intéresse d’abord au moteur, au châssis et aux parties vitales.

Mais nous, on fait dans le détail quand au même moment tout s’écroule autour de nous.

On a d’abord obligé les gens à récupérer et « gérer » les fonds de cuve de traitement dans le respect de l’environnement. Puis, voyant que l’ensemble était inapplicable, on a inventé un concept extraordinaire : le nettoyage à la parcelle. On lave son pulvérisateur dans un champ et faisant une pollution ponctuelle puis la fois suivante, on change d’endroit ; et ainsi de suite. Génial et efficace, non ?

 

Notre pays fonctionne aussi de la même façon, au jour le jour et au petit bonheur.

Aujourd’hui, c’est le vin de cépage car il semble que certains profitent de cette vague au niveau mondial, demain ce sera le Chardonnay à Bordeaux.
En ce moment, c’est l’environnement qui va sauver le Titanic du naufrage.

 

Quand aurons-nous enfin des dirigeants qui ont une vision de l’avenir et le sens des priorités ?

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 08:27

 Depuis le message sur mon dégoût de la confusion sexuelle, je suis pressée de questions (ou de critiques) à ce sujet.

Il me faut donc reparler de ce sujet.

Effectivement, je n’aime pas cette technique qui n’a rien d’anodin, quoi qu’en disent ses partisans.

 

Avec l’hormone sexuelle, on est en présence d’un produit de synthèse qui se trouve épandu  en grandes quantités et pour lequel la barrière des espèces est bien poreuse.

Je pense qu’il n’y a pas de lien entre quelques molécules émises par une femelle et des litres d’une « copie » de synthèse répandue au gré du vent.

On me dit que l’utilisation de ces produits évite l’utilisation d’insecticides. Certes, mais à bien y réfléchir, je me demande si le bon gros produit chimique « classique » n’est pas finalement plus anodin dans la mesure où par sa nature même il agit de façon plus grossière.

 

Ceux qui utilisent ces hormones ont tout à fait le droit de le faire…pour le moment. Mais, il faut qu’ils arrêtent de penser qu’ils protègent l’environnement.

Moi qui habitent au centre d’une « zone confusée » sans l’avoir décidé, je pense avoir une certaine légitimité pour me poser des questions sur le sujet.

 

Combien il faudra de catastrophe alimentaires et drames pour que les gens prennent du recul avant d’aduler une nouveauté présentée comme révolutionnaire ?

On ne compte plus les molécules qui ont été retirées du marché pour leur nocivité alors qu’elles avaient été présentées comme de grandes avancées pour l’humanité quelques années avant.

Jusqu’au début du printemps, le nucléaire avait presque gagné une certaine neutralité environnementale. Les tragiques évènements japonais ont rappelé à tous que le nucléaire reste une énergie dangereuse au-delà de toute considération d’indépendance énergétique.

 

Après 17 ans d’absence, on nous dit que les farines animales vont refaire leur apparition. Certes, par la petite porte en visant uniquement l’alimentation des poissons, mais c’est un premier pas.

Les morts de ce scandale alimentaire n’auront servi à rien. Au contraire, en réintroduisant ces farines dans le cycle alimentaire, on enterre une seconde fois tous ces anonymes décédés.

 

On nous dira alors que pour les papillons, il faut bien faire quelque chose !
Evidemment qu’il ne faut pas rester les bras balans à regarder les vers de grappe manger les raisins. Notre biodynamie n’est pas dans le laisser-faire comme c’est souvent le cas dans cette mouvance.
« Respecter » et « ne rien faire » sont deux choses différentes.

Pour les vers de grappe, comme d’ailleurs pour tous les ravageurs et toutes les maladies, il faut se demander quel est son rôle dans la nature. Qu’est ce qu’il va amener à ma culture en s’y développant ?

 C'est-à-dire en d’autres mots, quelle est la chose qui ne va pas dans ma culture et qui amène la nature à faire s’y développer l’insecte ou le champignon ?
En disant cela, on renvoie alors directement la responsabilité de l’attaque vers nous-mêmes, qui avons la charge de la culture.

Il est beaucoup plus confortable de dire que c’est la faute à l’insecte, au champignon, au temps qu’il fait,(…) ; plutôt que de se demander ce qu’on a bien pu rater dans la compréhension du vivant.

Dans cette démarche, que Jean-Michel et moi avons au quotidien et de façon globale, il faut énormément d’observation, de réflexion puis d’expérimentation.

Le papillon a des habitudes de vie qu’il faut connaitre et comprendre.
A partir de là, on peut émettre des hypothèses pour amener à la plante ce qu’il amène sans avoir besoin de lui.

On accompagne le vivant au lieu de le détruire ou de le laisser faire.

 

Si on avait utilisé autant d’énergie pour comprendre le vivant que pour fabriquer des pesticides, on aurait actuellement la capacité de contenir beaucoup de « nuisibles » à des niveaux acceptables ; sans ces produits de mort.

 

On a préféré la technique du lance-flamme ; plus simple et plus rémunératrice pour une certaine industrie.

Maintenant, avec la confusion sexuelle, on l’a remplacé par un armement bactériologique qui laisse l’endroit intact, sans le paysage calciné qui va avec le lance-flamme…mais sans humain non-plus !

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 09:29

Dans le contexte politico-sordido-people actuel, il peut paraitre délicat d’utiliser un titre pareil.

Rassurez-vous, je veux tout simplement parler de l’utilisation d’hormones pour empêcher les papillons femelles d’attirer les males et éviter ainsi que des chenilles viennent ensuite coloniser les grains de raisin.


On appelle la technique de la « confusion sexuelle ».

 

De loin, de très loin, la solution est présentée comme écologique en supprimant, ou plus souvent en diminuant l’utilisation d’insecticides.

Pourtant, Jean-Michel et moi n’avons jamais pensé que la technique puisse être neutre vis-à-vis de l’environnement.

L’hormone est une molécule d’une extraordinaire puissance puisqu’elle agit au milliardième de gramme, voire au dix milliardième de gramme. Ainsi, une femelle papillon (qui ressemble en forme et taille à une mite des vêtements), attire un male à plusieurs centaines de mètres grâces aux hormones qu’elle émet.

 

Et depuis quelques années, les viticulteurs se sont mis à répandre dans l’environnement des litres et des litres de la copie synthétique de l’hormone de la femelle papillon.

Le produit est placé dans des petites capsules qui émettent nuit et jour pendant des mois, leur produit magique et cela à raison de plusieurs centaines de capsules à l’hectare.

 

Personne se semble se demander ce que deviennent ces produits véhiculés au grès du vent.

On fait comme si le produit disparaissait une fois qu’il a loupé sa cible, c'est-à-dire quand il ne finit pas dans le récepteur d’un mâle papillon.

 

On ne fait jamais le lien entre des affections qui deviennent endémiques ou des stérilités préoccupantes et de nouvelles pratiques.

 

Pourtant, il y a maintenant l’exemple bien connu des hormones contraceptives humaines qui, « dans  une seconde vie », se retrouvent dans les rivières et rendent les poissons femelles ; faisant exploser la barrière des espèces.

 

Dans le cas de la confusion sexuelle, on a toujours l’insouciance de la merveilleuse nouveauté. Pourtant, on commence à entendre des choses surprenantes comme des lapins qui sont beaucoup moins présents dans les zones sous confusion sexuelle.

Bizarre. Deviennent-ils stériles ou tout simplement « irrités » par ce produit destiné aux papillons ? La réponse, je ne la connais pas.

Mais dans tous les cas, là aussi, la barrière des espèces semble bien perméable.

 

Que les gens en chimie utilisent cette méthode en pensant faire bien n’est guère surprenant. Elle leur donne souvent aussi leur seul argument pour dire qu’ils respectent l’environnement.

Imaginez donc, ils ont économisé un insecticide…sur les 15 ou 20 molécules chimiques qu’ils épandent en toute quiétude tous les ans.

 

Mais ce qui me surprend le plus c’est de voir des viticulteurs bio et éventuellement biodynamistes en être réduits à jouer eux-aussi de l’hormone.

Et oui, cette hormone de synthèse est homologué en bio. Surprenant, surprenant…

Il y a même de grands reportages télévisés ou de campagnes de promotion pour ceux, bio ou pas qui mettent en pratique cette confusion. En général, les gens se groupent pour augmenter les surfaces couvertes et ne pas laisser de zone sans cette merveilleuse hormone.

 

Dommage pour ceux dont je fais partie qui sont dans la zone sans pouvoir protester.

 

On est aux antipodes de ce que l’on peut appeler le respect des équilibres, de la nature, du vivant et même des humains.

On doit alors être dans une biodynamie à contours mouvants !

 

Le monde est bien étrange et l’avenir est toujours aussi peu réjouissant…

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 08:41

 Décidément, j’ai toujours de grandes difficultés avec la biodiversité. Plus le temps passe, plus le terme d’agriculture durable entre dans les mœurs pour être aussitôt galvaudé à des fins commerciales ou promotionnelles.

Pierre angulaire de cette agriculture mirage ou écran de fumée, la biodiversité revient à toutes les sauces dans ce monde de bisounours où trois fleurs plantées dans un coin de parcelle constituent un blanc seing pour utiliser des pesticides à grosse dose.

 

L’illustration de tout cela, c’est la pub de LU que l’on peut voir tous les jours à la télé. De gentils papillons vont de fleur en fleur dans une bande fleurie sur le bord d’une parcelle de blé en se félicitant de l’initiative de la marque de gâteaux qui favorise ainsi la biodiversité.


De là, on fait le lien avec le meilleur goût que peuvent avoir les gâteaux. C’est vrai que le lien entre les deux est assez difficile à trouver. Mais bon…

Une fois de plus, on oublie de dire que là comme presque partout ailleurs, le blé a été traité de nombreuses fois contre toute une série de maladies ; pour la plupart générées par le caractère intensif du mode de culture. Le blé a été débarrassé chimiquement de toutes les « mauvaises » herbes.

Pourtant, la charte existe et est exhibée à qui veut l’entendre.

Je n’ai rien  contre la marque de biscuits. Elle suit la tendance de faire du respect de la planète un argument commercial.

Chacun tend à se créer sa propre distinction pour briller au firmament de l’agriculture durable.

Il est vrai que c’est d’autant plus simple quand on définit soi-même les règles du jeu. Ainsi, on peut mettre en valeur ce qui n’est pas compliqué à faire et laisser minablement de côté les difficultés.

Puis si quelqu’un s’avance pour dire que l’approche n’est que partielle, on rétorque alors la main sur le cœur « qu’on ne peut pas faire autrement » ou « qu’il faut bien nourrir la planète »  et donc que l’usage des pesticides de toute nature ou de toute dangerosité se justifie.

Par contre, on aura bien pris soin de noter sur un joli document « qu’on a été obligé » d’épandre un produit dangereux, mais ho-mo-lo-gué.

Le système parait infaillible.

 

Une question cependant : a-t-on pensé à la planète et a ses habitants d’aujourd’hui et surtout de demain ?

Sûrement que non…

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 06:53

C’est la dernière tendance du moment ; être « plus bio que les bios » dans sa façon de gérer son vignoble.

Vous l’avez compris, cela concerne des viticulteurs, conventionnels ; on pourrait dire « ultra-raisonnés ».

Leur approche ringardise le fait de ne pas employer de produits de synthèse. Car eux, par exemple, traitent, ou disent traiter à demi-dose de pesticide.

Comme ça, à la fin, on aura un demi-cancer, une demi-leucémie ou même la maladie de parkinson que d’un côté ! Super !

 

J’ai croisé des gens qui pensent même être en pointe dans le secteur du respect de la planète car il dont abandonné le désherbage chimique intégral au profit du désherbage chimique sous le rang et en laissant l’inter-rang enherbé.

Cerise sur le gâteau et sans forcément le savoir, ils participent à la biodiversité. La boucle est bouclée.

 

Quand aux arriérés qui labourent leurs vignes sans les merveilles de la chimie, en plus de  consommer du carburant, ils tuent les vers de terre ; pire ils les décapitent sans anesthésie préalable. De quoi saisir le tribunal pénal international !

 

C’est vrai que quand on laboure sa parcelle, on doit bien en tuer quelque dizaines mais comme il y en a des millions (2 tonnes par ha dixit l’INRA), on peut dormir tranquille et éviter d’aller se rendre à la police.

Par contre, dans une parcelle moderne conduite en biodiversité et en produits chimiques, les vers de terre, il n’y en a plus que quelques uns. Donc, si l’un deux disparait, on le regrette !

Et en plus, quand on voit le chauffeur du tracteur bien emmitouflé dans sa combinaison blanche avec ses gants verts, la cabine et ses filtres à polluants, on a vraiment envie de s’y promener dans la parcelle…et d’en déguster le vin.

 

Enfin, il y a LE grand argument des « plus bio que bio » : les insecticides. Ces gens là les ont supprimés.

Concrètement, c’est en général le seul pesticide qui a vraiment diminué dans leur programme de traitement. Les anti-mildiou et autres ont toujours la même place ; sinon plus. L’arbre qui cache la forêt en quelques sortes.

 

Ils oublient souvent de dire que, soit dans leur région il y a pas besoin d’insecticide, soit que leurs finances ne leur permet plus d’en acheter.

Les autres ont remplacé ce pesticide par une hormone pendue dans un petit récipient à raison de quelques centaines d’unités par ha ; et cela souvent sur des dizaines d’hectares.

Entre celui qui tue directement et celui qui transforme sournoisement, on hésite…

 

Que les bio se rassurent, ces hormones sont aussi homologuées en bio.

C’est sans danger ; craché, juré, études à l’appui. Certes, il y a bien les poissons qui deviennent femelle et les méduses qui prolifèrent parce qu’on a oublié que ces produits n’arrêtent pas leur vie et leur action après la cible que l’on leur avait fixée.

 

Si un jour vous croisez un de ces « plus bio que bio », proposez lui de manger un pied de pissenlit de sa parcelle ou après la véraison de déguster une baie tout juste traitée.

Un jour, une femme « plus bio que bio » et enceinte me vantait l’innocuité du programme de traitement qu’elle infligeait aux parcelles jouxtant ma maison.

 

Je lui ai donc proposé de venir lors du passage de tracteur-traiteur.

Là, sa réaction a été brutale, me rappelant qu’elle était enceinte.

 

Etrange, non ???

 

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 08:56

J’ai été frappée par la publicité qu’une propriété respectable au demeurant, a mis dans un magazine.

Il semble que ce domaine soit en bio, bien que le discours ne soit pas très clair. Par contre, il finit par ça : « passera en culture biodynamique en 2015 ».

Etonnant non ? Comme l’aurait dit Deproges.

 

En quoi, le fait d’envisager de passer en biodynamie dans 4-5 ans peut-il servir la crédibilité d’une exploitation et surtout des vins qui sont déjà sur le marché ?

Le fait de faire une telle annonce plusieurs années avant l’évènement ne montre-t-il pas une volonté uniquement marketing de ce domaine ?

Quand on souhaite dans son cœur passer en biodynamie, pourquoi ne pas le faire tout de suite ? La biodynamie possède tous les « outils » de la bio mais elle bénéficie de ressources bien plus larges, qu’elle seule est capable de fournir.

 

Il y a quelques jours ou semaines, je parlais ici-même des chevaux de trait trop souvent rappelés au service pour des questions bassement commerciales sans véritable souci de la vigne.

Je pense qu’il existe les mêmes dérives avec la bio et plus particulièrement la biodynamie.

Pour preuve, cette dernière se décline aussi maintenant sous forme de « biodynamie raisonnée » ( !!! ). En français dans le texte, on pulvérise éventuellement des préparats biodynamiques mais surtout on conserve une place de choix pour les pesticides. On ne les garde même pas « au cas où », on les garde tout court et tout le temps. Mais on communique largement sur la biodynamie.

Moins grave mais tout aussi gênant, on maintient un essai de biodynamie plus ou moins sincère sur 1 à 2% du vignoble pendant des années sans évolution et on communique uniquement sur cette surface en occultant les 98 ou 99% qui restent...

 

L’homme est ainsi fait. Moi aussi, je dois bien avoir des casseroles qui trainent derrière mes faits et gestes.

Au moins, faut-il rester sincère dans ce que l’on fait, même si c’est imparfait.

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 08:58

Le mot biodiversité est très souvent utilisé sans que l’on sache très bien ce qu’il représente vraiment. Aussi, j’ai décidé de faire le point sur cette chose bizarre en fonction de ce que les gens en disent.

 

Tout d’abord, on sait que la biodiversité a des pattes car les étudiants de l’Enita ont mis au point une méthode de comptage basée sur le comptage du nombre de pattes.

La biodiversité n’a pas peur de l’homme car elle vit dans les parcelles cultivées. Elle est même particulièrement docile (et intelligente) car elle a compris qu’il faut se réfugier dans les bandes prévues pour la biodiversité quand elle entend le tracteur arriver avec ses pesticides.


De même, le simple vue du gyrobroyeur l’incite à sauter dans le rang d’à côté que l’homme a pris le peine de ne pas faucher à cet effet. La biodiversité fait donc bonne équipe avec l’homme. Sans se parler, ils se comprennent.

 

On lui a même appris à aller se reproduire dans les refuges à biodiversité, sortes de HLM pour biodiversité et construits par l’homme avec des bouts de bois troués.

Justement, le faible diamètre des trous semble indiquer que la biodiversité est de petite taille.

 

La biodiversité n’est pas exhibitionniste dans ses moments de reproduction. Elle affectionne le calme discret de ces lieux dédiés.

 

La plupart de ceux qui s’intéressent à cette biodiversité utilisent des pesticides et entendent bien continuer. Donc, la biodiversité a appris à retenir sa respiration quand elle voit le pulvérisateur cracher ses poisons sur la culture ainsi que sur les zones de refuge pour biodiversité.

 

Après cette énumération, on peut être tenté de penser que la biodiversité est très proche des choses matérielles. Et bien non !

La preuve, elle aime les fleurs. Elle prend beaucoup de plaisir à gambader parmi toutes les espèces décoratives colorées semées par l’agriculteur pour donner l’illusion qu’il respecte la nature.

 

Maintenant, je pense que vous serez en mesure quand vous en croiserez, de reconnaitre la biodiversité, la vraie en la distinguant bien des contrefaçons.

 

Un point me chiffonne malgré tout : on ne sait toujours pas à quoi sert la biodiversité.

Au début, on lui avait prêté une utilité dans la régulation des ravageurs puis on s’est ravisé en reconnaissant qu’elle ne servait rien de concret.

 

Par contre, on ne s’est toujours pas dit qu’en supprimant les pesticides on n’aurait pas besoin de faire des bandes et autres refuges ; tout serait un milieu de vie sain pour les êtres vivants…et les hommes.

 

Oui mais, que feraient tous ceux qui comptant, notant et enregistrant la biodiversité, se sentent très occupés et très importants ?

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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