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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 14:31

Ceux qui lisent ce blog depuis longtemps savent qu’au moins une fois par an, je reçois la famille Mostade, client historique de Champ des Treilles. En balade de client-ami en client ami, leur camping-car est aussi connu de la France viticole que les voitures jaunes de la poste !

 

Quelque fois, cela s’est passé sur le domaine, pendant les vendanges. Et je dois dire que les mélanges de vins jusqu’à 2 heures du matin quand on se lève 2 ou 3 heures après, ce n’est pas le mieux pour avoir les idées claires. En général, on a même l’impression quand on se penche vers un pied de vigne que le cerveau vient taper contre la boite crânienne.


Heureusement, cette fois-ci, on n’était pas en vendange et le repas était à midi.

C’est à Pauillac que nous avons passé ces moments de partage.

Cette année, ils ne sont pas arrivés seuls. Ils avaient invité un vigneron bien connu des Côtes du Marmandais ; Elian Da Ros.

Nous nous étions croisés mais n’avions jamais eu le temps de discuter et d’échanger sur nos expériences respectives.

Maintenant, Elian est devenu un ami, un proche dans cette grande famille des vignerons vrais, ceux qui ne font qu’un avec leurs vignes.

 vins-mostade.jpg

Recevant à Pauillac, les vins de Pontet-Canet se sont un peu imposés dans la dégustation…

On a aussi essayé de mettre les liquoreux à l’honneur avec un Climens 2008. C’est un domaine auquel je suis attachée et que je commence à mieux comprendre maintenant à force de m’y promener souvent en long, en large et en travers.

 

Nous avons aussi dégusté deux bouteilles de Champ des Treilles. Il s’agissait pratiquement des seules bouteilles dont je pouvais disposer car les autres sont soit vendues, soit retenues.

 

En fin de repas, on a aussi sorti de la cave un Tokaji Disznoko 5 puttonios de 1993. C’était l’époque de la reprise en main par l’équipe d’AXA-millésime alors dirigée par Jean-Michel Cazes. Ce vin de 20 ans a montré le potentiel de l’endroit pour faire des grands vins de garde.

 

Enfin, notre fils Thomas a tenu à servir un Cognac Lot 29 de chez Tesseron. Ayant fait son premier stage dans cette entreprise proche de nous, il s’est découvert une vraie passion pour ce produit de la vigne. Passion qui ne le quitte pas ; même deux ans après et d’autres expérience et années scolaires entre temps.

Belle et noble passion cependant !

 

Ces quelques heures nous auront permis de refaire le monde et de mieux connaitre Elian. Nous avons prévu de nous revoir bientôt, chez lui près de Marmande ou chez nous à Margueron.

 

La famille Mostade est repartie avec son camping-car mais leur gentillesse et leur délicieux accent belge hantent encore la maison.

 

C’est rassurant de connaitre des vrais gens biens !

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 14:07

Comme tout le monde le sait, le vendredi ce n’est pas ravioli mais expertise judiciaire !

C’est moins fun mais meilleur pour la ligne car les tracas ont tendance à me faire maigrir alors que d’autres se jetteraient sur la nourriture.

 

Donc l’expertise du jour, c’était pour le Vin Passion 2010 contaminé par un filtre avant la mise en bouteille et parti de ce fait à la distillerie. Ceux qui lisent ce blog savent bien de quoi je parle !

Récemment, j’ai donc été payé de la valeur du vin « liquide ».

La rencontre du jour c’était pour faire reconnaitre le préjudice commercial ; c’est-à-dire que le fait de rester un an sans vin à proposer aux clients, c’est un préjudice.

Cela paraît évident à tout le monde sauf à l’assureur du prestataire, fautif et conscient de sa faute.

 

Il y avait d’abord, l’expert judiciaire et les protagonistes de l’affaire accompagnés de leurs avocats.

 

Le but du jeu était d’examiner les documents comptables prouvant le préjudice que j’estime avoir subi.

C’est usant et humiliant d’avoir à ouvrir des choses personnelles tels que les éléments du bilan comptables, les factures émises, les ventes par produit, par client, par gros client, particulier, professionnel, …

 

Maintenant, il faut attendre que l’expert expertise les chiffres à sa disposition et donne son point de vue.

 

En attendant et comme un bonheur n’arrive jamais seul, je peux attendre en lisant le compte-rendu que je viens de recevoir par la poste de l’autre expert judicaire, pour les bâtiments « à problèmes ». En entrant dans 2013, on va fêter les 10 ans de leur construction et les 10 ans de la procédure judiciaire que j’ai engagée pour faire reconnaitre et réparer les nombreuses malfaçons qui se sont très vite présentées.

Le bâtiment est payé depuis 10 ans mais l’affaire n’est pas réglée. Le sera-t-elle un jour ? Je finis par en douter.

Ce qui me rassure, c’est que l’expert m’a donné raison sur à peu près tout. Mes requêtes n’étaient donc pas vaines.

Maintenant, il faut finir lire attentivement l’épais rapport et attendre un dénouement.

 

Ce qui est usant dans ce métier, ce n’est pas le travail, les week-ends qui chez nous ne sont que des fins de semaines mais pratiquement jamais des jours de repos.

L’usure morale et ensuite physique vient des tracas fastidieux et durables générés par de telles affaires.

Cela dissuade d’investir, d’agrandir,… bref, d’avancer.

Souvent, j’en arrive même à me demander pourquoi on continue à faire vivre une entreprise comme la nôtre.

Elle marche bien ce qui est déjà très bien dans le contexte actuel. Mais nous n’aurons ni la fortune ni la gloire avec ce petit domaine.

 

Heureusement, il suffit de déguster un verre de notre vin pour retrouver des forces morales. Je n’ai pas la prétention de dire que mon vin est le meilleur du monde ; loin de là.

Mais il contient un peu de moi, de mon mari et de mes enfants.

Il est un peu nous.

Et la famille c’est sacré !

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 11:03

Samedi, c’était  « battue au sanglier » au village !

Rien d’exceptionnel à cela car en cette saison, les chasseurs se la rejouent guerre du golfe tous les week-ends ; au moins.

 

Mais là, c’était dans nos vignes ! Il faut préciser que nous n’y constatons jamais aucun dégât de sanglier, ni d’autres « nuisibles ».

sangliers1.jpgsanglier2.jpg

Il n’y a rien de miraculeux à cela. Simplement la prise en compte du rôle de chacun dans la nature et l’obligation qui est la nôtre de maintenir de système équilibré pour que chacun puisse mener sa vie sans perturber l’autre.

Il ne faisait pas bon s’y promener.

Et évidemment, ils n’ont rien vu et c’est tout à fait normal.

 

Je l’ai dit et redit ici-même, la présence excessive de sangliers et de chevreuils n’est que la conséquence de l’évolution désastreuse qu’a connue l’agriculture depuis quelques décennies.

En essayant de supprimer la conséquence sans regarder un peu plus en amont, on ne change rien à la situation qui continue de se détériorer.

 

Mais, finalement les chasseurs ont-ils vraiment envie de changer de mode opératoire ou de système de pensée ?

On peut quand même avoir des doutes, quand on les voit nourrir ces « nuisibles » en hiver pour qu’ils restent en pleine forme et surtout bien gras, ne pas tirer sur les femelles pleines pour préserver leur progéniture qui donnera de bonnes grillades ou civets lors des repas de chasseurs…


A chacun sa vision des choses, non pas sur l’équilibre de la nature et des rapports hommes / animaux, mais sur choix délicat entre grillade et civet !...

Rassurez-vous, en général, il y a les deux !

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 14:15

Dans ce monde perturbé et instable, il n’est pas interdit d’espérer. Aussi, je vous présente mes meilleurs vœux pour l’année qui commence.

 

Cela fait plusieurs années que j’ai commencé ce fil avec vous. C’est la magie de cet outil fabuleux qu’est Internet. Pourtant, nous commençons tout juste à intégrer dans nos vies ces nouvelles technologies qui ont déjà pas mal rebattu les cartes des relations commerciales et même humaines.

Pourtant, les grands changements sont encore devant nous et l’évolution de leur vitesse d’apparition semble exponentielle. De quoi donner le tournis !

 

C’est la preuve que, tout en étant capable du pire, l’homme est aussi capable du meilleur.

 

Que 2013 vous soit douce et heureuse ! 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 18:59

J’ai épuisé le Vin Passion 2011 depuis bien longtemps. Maintenant, il nous reste à attendre que le 2012 ait fini son élevage et soit mis en bouteilles. Ce sera pour la fin de l’hiver.

 

Dimanche dernier, un voisin et très bon client est venu acheter quelques bouteilles. Lecteur régulier de ce blog, il se reconnaitra…

 

Il voulait, entre autres, 6 bouteilles de Vin Passion. Je lui ai répondu qu’il n’y en avait plus. Mais voulant le contenter malgré tout, Jean-Michel s’est souvenu d’une caisse incomplète non partie pour les Etats Unis. Vérification faite, il restait 7 bouteilles.

Le client a donc souhaité les prendre toutes.

 

Et là, nous lui avons demandé la faveur de nous en laisser une.

 

Accord conclu, il en a pris finalement 6. Changement de capsules pour revêtir la CRD légale et les bouteilles sont parties.

Ce client, « écolo » au bon sens du terme vient toujours avec des caisses de vin vides dans lesquelles il transporte nos bouteilles jusque chez lui. Un carton a donc plusieurs vies. C’est une chose simple et tellement logique.

Le recyclage des emballages, c’est moins pire que rien mais comme toujours, le mieux est quand même de ne pas produire l’emballage.

Mais c’est un autre débat qui mériterait des heures pour en faire le tour, tellement il y a à dire, ou à redire sur les politiques appliquées.

 

Pour en revenir à notre sujet, il nous reste donc une bouteille de Vin Passion 2011. La dernière !

 

On va essayer d’en faire bon usage ; sûrement pendant les fêtes.

Je n’oublie pas non plus que si la caisse est restée là et n’a pas traversé l’atlantique, c’est que 2 bouteilles avaient été cassées durant le conditionnement.

Et comme les comptes étaient justes à la bouteille près, la dernière caisse ne comptait donc que 10 bouteilles et est restée là.

 

J’espère donc que cette toute dernière bouteille ne connaitra pas le même sort que ses deux collègues. Et on va tout faire pour faire mentir le vieux précepte qui dit « jamais deux sans trois… »

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 14:34

Dimanche dernier, alors que nous étions, pour changer en mise en caisses, mon téléphone a sonné. C’était Catherine Maisonneuve qui passait près de chez nous avec un ami grand connaisseur. Ils se proposaient de nous rendre une petite visite.

 

Catherine est bien connue dans le petit monde des vins français. Elle s’occupe du Domaine Cosse-Maisonneuve à Cahors.

J’en avais parlé récemment ici même. Nous avons fait un voyage commun en Belgique. Nous nous connaissions depuis longtemps mais après quelques jours passés ensemble, nous nous sommes trouvés énormément de points en commun, à commencer par des racines dans la terre rouge d’Algérie et les déchirures qui vont avec.

Notre approche de la viticulture est très comparable. Peut-être est-ce aussi le fait d’être des filles avec la sensibilité qui nous est propre et qui nous fait voir et ressentir les choses différemment des hommes.

 

Je me suis rendue compte que nous dégustions de la même façon et que nos goûts étaient eux-aussi très proches.

Catherine est devenue une personne qui compte vraiment pour moi.

 

Notre travail de conditionnement a donc été interrompu au profit d’une petite visite des installations puis une dégustation.

Il nous restait dans une caisse quelques bouteilles de Vin Passion 2011. Il était parfait, dans son terroir et son millésime.

Puis, nous avons dégusté un Petit-Champ 2010. Là aussi, c’est une bouteille oubliée car il n’y en a plus depuis longtemps à la vente.

Je n’avais pas une malheureuse bouteille de Grand-Vin. Ayant été très sollicité, le dernier client servi m’a demandé tout ce qui me restait et la dernière caisse n’était même pas complète. Du coup, je n’ai rien conservé pour nous.

Le prochain millésime étant encore en élevage, il était difficile de le servir, surtout avec la température actuelle dans les chais.

 

Puis, d’un sujet de conversation à l’autre, l’heure se prêtait à un déjeuner improvisé. Je ne postulerai jamais à Top-Chef…

Je remercie l’inventeur des conserves stérilisées et les lamproies qui se sont sacrifiées pour aller finir en morceaux dans un bocal entourées de poireaux et de sauce au vin rouge !

On a fait le repas avec des 2009.

Tout d’abord, la cuvée Les Sens du Champ des Treilles, assemblage improbable de 50% de Merlot et 50% de Petit-Verdot.

Catherine avait amené son vin sûrement le plus connu, Les Laquais. C’est vraiment un très beau vin qui donne toute la mesure de ce que peut produire Cahors quand il est mis dans des mains de grands vignerons.

Enfin, Jean-Michel, ne voulant pas être en reste a ouvert un Pontet-Canet du même millésime ; un vin dont la réputation n’est plus à faire…

 

A la fin d’un bon repas entre amis, je n’oublie jamais le nécessaire Cognac. Evidemment, chez nous c’est un Cognac Tesseron… Ce jour-là, un lot 29 ; ce qui se fait de plus abouti selon moi en matière de Cognac.

 

Durant ce repas, on a eu  dans le même millésime, 3 vins, 3 styles, 3 histoires mais toujours beaucoup de passion partagée dans des moments vrais et purs.

La même pureté qu’on souhaite donner à nos vins…

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 16:48

Après la fin des fermentations malolactiques, voici venu le temps des soutirages des cuves de rouge 2012.

Jusqu’alors, le vin était très chargé en sédiments. Là, une partie d’entre eux s’est déposée au fond de la cuve.

soutirage1.jpg

 

Ces lies, qu’il faut enlever  sont destinées à rejoindre une distillerie. Au titre de la production de vin, les viticulteurs doivent à l’Etat une quantité d’alcool pur en proportion de leur production. Donc, tous les sous-produits de la vinification (lies et marcs) sont récupérés par un distillateur pour en extraire l’alcool et participent ainsi au paiement de cet impôt en nature.

 

Après le vidage total de la cuve, c’est le moment du nettoyage. A cette époque de l’année, l’intérieur des cuves est très sale. Les dépôts de tartre se mélangent à la lie. Il faut donc passer beaucoup de temps à nettoyer.

 

Heureusement, nous disposons maintenant de nettoyeurs à haute pression pour décoller ce qui refuse de s’en aller au jet d’eau tout simple.

 soutirage2.jpg

soutirage-3.jpgQuand les gens imaginent de l’extérieur la vinification et l’élevage des vins, ils n’estiment pas du tout que l’essentiel du temps de travail concerne uniquement le nettoyage.

Pour vider ou remplir une cuve, c’est finalement rapide et simple. En une heure dans le pire des cas, la chose est entendue.

Pour le nettoyage, entre le moment où la cuve est vidée et celui où elle peut à nouveau resservir, il faut largement compter une heure et plus vraisemblablement deux heures.

Pendant ce temps, il aura fallu laver, brosser, gratter,… Bref, se transformer en parfaite petite Cendrillon de la vinification.

Je ne sais pas si j’aurai un jour la chaussure de Cendrillon car pour le moment c’est plus généralement les bottes que je dois enfiler !

 

 

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 11:29

J’ai eu cette semaine une nouvelle expertise concernant les malfaçons des bâtiments construits en 2003 ! Depuis cette époque, je suis en litige et en expertises.

 

La fois précédente, ce devait être la dernière. Et puis, il y en a eu une nouvelle, pour la route comme on dit.

Chaque fois qu’on se rencontre, il y a l’arbitre, l’expert du tribunal. D’un côté, on trouve tous les artisans concernés et leurs avocats soit une dizaine de personnes. De l’autre, il y a moi, toute seule et toute menue.

 

Je ne m’y ferai jamais et c’est usant. Depuis le début, je dois justifier et rejustifier l’évidence, contester et recontester des arguments d’une parfaite et claire mauvaise foi.

Il faut se replonger dans les factures et la comptabilité d’il y a presque 10 ans, se souvenir de petits détails qu’il faut maintenant justifier,…

En verrais-je la fin ? Je ne le sais pas et je finis par en douter.

 

Et ce n’est pas tout ! J’ai toujours un autre contentieux au tribunal avec l’assureur du prestataire qui a souillé mon vin blanc 2010. J’ai reçu ce mois-ci le chèque de dédommagement du vin que j’ai dû envoyer à la distillerie. Presque deux ans pour se faire payer la valeur du vin « liquide ».

 

Maintenant, je dois continuer de me battre au tribunal pour faire reconnaitre la réalité d’un préjudice commercial.

Toute personne normalement constituée comprend très bien que mon domaine a subi un vrai cataclysme en perdant l’intégralité de la production de vin blanc d’un millésime.

 

Certains clients sont partis et pas revenus car fâchés ou contentés par ailleurs. D’autres sont restés grâce à des efforts que j’ai dû consentir.

Je ne pourrai jamais évaluer ceux qui ne sont pas venus car attirés par une gamme complète qui n’existait plus ; momentanément certes, mais qui n’existait plus dans leur esprit.

 

Dans ce monde du zapping permanent, pas de place pour les explications et la compassion.

 

Elle est loin la poésie de la vigneronne qui caresse ses raisins dorés ou qui regarde avec bonheur le soc retourner une terre généreuse et chargée de vie.

La vérité est souvent dans des batailles avec les fournisseurs, les assureurs, les mauvais payeurs, les administrations,…

 

C’est pénible, très pénible, extrêmement pénible ! 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 14:44

vigne-hiver.jpg

 

 

Les feuilles sont tombées et l’hiver est presque là.

Pour la vigne, c’est cette mort annoncée qui est arrivée.

Ce n’est pas vraiment une mort mais un assoupissement car au printemps prochain, elle va renaitre pour un nouveau cycle de vie.

Nous l’avons accompagnée dans cette voie pour qu’elle puisse y aller dans la sérénité.

Elle a fait son cycle de vie et celui-ci intègre aussi le fait de mourir.

En partie grâce à nous, elle s’est donc éteinte dans l’apaisement.

Ainsi, au printemps elle renaitra dans le même état d’esprit.

 

Le moment de la taille est donc venu. Opération délicate et indispensable qui conditionne la production future du cep mais aussi et surtout son avenir.


Souvent, nous comparons le pied de vigne à un enfant qu’il faut éduquer.

Une bonne éducation est faite de quelques règles incontournables. Une éducation sans règle, telle qu’on nous la présente parfois, n’est plus une éducation. Le fameux slogan « il est interdit d’interdire » qui permet de cautionner toutes les dérives !

 

Dans la vision que nous avons des relations entre le vigneron et le pied de vigne, la taille est une étape dans l’éduction. C’est une règle qu’il faut imposer au cep pour qu’il puisse continuer à produire des raisins. Sans la taille, il n’y a plus de viticulture car plus de vin. On passe dans autre chose mais plus dans notre métier.

 

Et au-delà de deux ou trois règles indispensables, l’éducation telle que nous la voyons, c’est surtout de laisser la vigne s’exprimer et exprimer qui elle est sans contrainte.

Il faut la comprendre et l’aider à définir sa propre identité en l’accompagnant telle un enfant sous le regard bienveillant et rassurant de ses parents.

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 16:35

On est aux portes de l’hiver et cette année, les fermentations seront terminées avant l’arrivée des grands froids.

Je dis fermentations avec un « S » car il n’y en a pas qu’une.

 

Evidemment, on a la fermentation malolactique des rouges. Celle-ci se déroule finalement assez facilement cette année. Comme je le signalais récemment, la tendance forte actuelle est d’acheter des ferments lactiques chez les fabricants et de les mettre dans la cuve pour faire cette transformation nécessaire et légale dans les vins rouges.
Pour ceux qui ont loupé un cours d’œnologie, il s’agit de transformer les 1 à 2 grammes par litre d’acide malique, acide assez fort du raisin en acide lactique, non-présent dans le raisin et surtout moins fort. Cette opération modifie un peu la dégustation et rend le vin beaucoup plus stable contre des déviations microbiennes.

Chez nous, on fait toujours confiance en la nature qui fait bien les choses, si on se donne la peine de lui faire un peu confiance. Il faut aussi maintenir les vins à 20°C pour permettre à cette transformation de se faire.

 

Le « S » dans mon propos venait du fait que les blancs n’ont toujours pas fini de fermenter !

Il y a  quelques semaines je pensais qu’ils arrivaient à la fin et bien non. Certes, ils étaient beaucoup plus vin que jus de raisin mais il restait encore quelques grammes de sucre qui continuaient à se faire manger, lentement mais sûrement.

Cela signifie donc, plus de deux mois de fermentation alcoolique pour eux ! Les œnologues pourraient crier « au fou », mais c’est toujours dans ces conditions que j’ai produit mes meilleurs vins blancs !

Aucune complexité et subtilité ne peut naitre d’un acte trop facile. Notre société nous fait toujours l’apologie du moindre effort mais c’est un mensonge ! Cela ne produit que la médiocrité.

Aujourd’hui, mes blancs ont potentiellement fini de fermenter. Je ne dis pas tant mieux ni tant pis ; c’est ainsi, tout simplement.

Un signe ne trompe pas cependant. Je vais souvent à l’une ou l’autre des cuves pour me servir un verre…

 

Donc cette année, on va pouvoir couper le chauffage des cuves bien avant Noël. Etant obligés de choisir entre chauffer la maison ou chauffer les cuves, c’est plutôt une bonne nouvelle.

 

Parfois, les blancs fermentent jusqu’en février. On n’en est jamais mort.

Et béni soit le poêle à bois !

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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