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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 12:18

On pense que la saison vient tout juste de commencer et elle touche déjà à sa fin ! Ainsi, il y a peu, nous parlions de décavaillonnage de printemps et maintenant, on en est au dernier griffage avant les vendanges.

Historiquement, dans la région, les gens avaient l’habitude de ne plus toucher les sols à partir du 15 août. Nous n’avons pas de notions de leur motivation à ce sujet mais en gagnant en expérience dans cette viticulture du respect, on finit par rejoindre les vieux préceptes oubliés.

Les découvertes sont beaucoup moins nombreuses que les redécouvertes !


A cette période, la vigne est une femme qui entame la fin de sa grossesse. Il convient donc de la respecter au maximum et de ne pas trop la bousculer. Si elle est envahie d’herbe à ce moment là, c’est que l’on s’y est mal pris plus tôt et il conviendra de ne pas refaire la même erreur l’an prochain.

Et à cette saison, l’herbe pousse moins vite car ce n’est plus une période de développement rapide.

Donc, un dernier travail du sol aux environs du 15 août permet de garder les vignes « présentables » jusqu’aux vendanges.

J’en ai déjà parlé précédemment mais Jean-Michel et moi envisageons le travail du sol avec une philosophie globale par rapport à notre viticulture biodynamique. La suppression de tout désherbant chimique est une bonne chose mais pas au prix d’une débauche de moyens et d’énergie pour entretenir les sols.

Malheureusement, le retour au travail du sol se fait de plus en plus avec du matériel conçu sans souci du respect du sol. Il est souvent très complexe avec de nombreuses pièces en mouvement et la puissance nécessaire pour  l’animer est très importante ; donc l’impact sur l’environnement est loin d’être négligeable.

Au contraire, nous labourons nos sols le moins souvent possible et chaque passage se fait avec un matériel simple, peu agressif pour le sol et qui ne demande pas de puissance.



Cette fois-ci, c’est notre fils Thomas qui a effectué le travail. En effet, effectuant son job d’été à Pontet-Canet, son père l’a tout naturellement affecté au travail du sol, décavaillonnage et griffages. Pour lui, c’est tracteur enjambeur tous les jours. 

Il a donc acquis une grande expérience !!!

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 08:01

Comme tous les ans, nous ramassons des fruits pour faire des confitures. Nous avons la chance de ne pas acheter de confiture du commerce. En fait, je devrais dire, que nous nous donnons la possibilité de ne pas acheter de confiture du commerce car la réalisation de confitures « maison » n’est pas une mince affaire quand il s’agit d’être autonome pendant 1 an et que l’on déjeune au pain confiture tous les jours ! Pour cela, il faut des dizaines de kilo de confitures. C’est donc énormément de temps pour ramasser les fruits, les dénoyauter (le plus souvent), tourner la confiture et la mettre en pot.

Nous profitons aussi des arbres plantés par le grand-père. Lui n’est plus là mais les arbres restent. Les arbres permettent de relativiser la place des hommes dans l’histoire. Il leur faut des années pour devenir adultes ; ceux qui les plantent travaillent pour les générations futures. Donc, lorsque nous ramassons des fruits, nous avons une pensée pour celui qui a planté l’arbre.


Depuis deux ans, il n’y avait pas de fruit. Avant même que le temps pluvieux n’apparaisse, les arbres n’avaient pas de fruits. Là aussi, la nature nous envoyait un message qu’il aurait fallu savoir lire…

Donc, pour la première fois depuis que Jean-Michel et moi vivons ensemble, nous avons été obligés d’acheter des confitures. L’aspect positif est que cela nous donne un point de comparaison entre nos confitures et celles du commerce. Les nôtres sont toujours meilleures et plus fruitées.


Le week-end dernier, nous avons commencé à ramasser des mirabelles. Ce n’est que le début de la saison.

Jean-Michel a secoué l’arbre pour faire tomber les fruits mûrs ; pas trop fort malgré tout pour n’avoir que des fruits vraiment à point.

 

Puis, c’est le ramassage.

 



Souvent, le plus dur est de ne pas oublier d’en mettre dans le récipient. Jean-Michel et Thomas ont une passion sans borne pour les fruits.

 

Enfin, il faut rentrer avec ce butin odorant et d’une couleur chaleureuse.

Le dénoyautage attend…

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 09:37
Mes nuits ont été perturbées quelques temps et de façon exponentielle au fur et à mesure que le jour fatidique approchait. Mais maintenant, c’est fait : le rouge 2007 est en bouteilles.

Ce ne fut pas sans mal. Les bouteilles qui devaient arriver lundi ou mardi ont ensuite été planifiées avant 8 heures le mercredi, c'est-à-dire le jour même de la mise. Ce fut une première cause d’inquiétude. Mais l’an dernier, on avait eu pareil cas et les choses s’étaient bien passées. Cette année encore, les engagements ont été tenus.

 

Avec les bouchons, l’angoisse est montée d’un cran. Ils sont partis de l’usine dans la banlieue bordelaise vendredi dernier. Le transporteur devait les livrer lundi. Puis, on m’a dit mardi.

Enfin, après recherche des colis, on m’a annoncé mercredi matin entre 7 heures et 8 heures.

Ma confiance dans cet engagement était toute relative et j’ai une fois de plus passé une nuit d’angoisse. Mais finalement, les bouchons sont arrivés comme prévu avant le début de la mise.

Finalement, tout s’est arrangé…comme tous les ans.

 

Avec 3 vins différents pour une journée de travail, il y a beaucoup de manipulations supplémentaires. Ces dernières se paient au prix fort sur la facture mais je n’ai pas d’autres solutions.

 

Pour être sincère, j’ai d'un côté une certaine admiration pour ce camion de mise en bouteilles et toute la logistique qui le sert. Chaque détail a été pensé pour prendre un minimum de place tout en étant là pour servir la qualité et l’efficacité du travail effectué. C’est une sorte de caravane pour mise en bouteilles.  Dans une caravane (ou un camping-car), il y a tout mais avec une taille adaptée aux conditions et un souci du moindre centimètre-carré.

 

Maiq malgré tout, je n’aime pas beaucoup les camions de mise. Je ne me reconnais pas dans ce concentré de technologie et de machinisme vinicole. Il n’y a aucune poésie dans tout cela. Je pense à mon vin qui a fait l’objet de tant d’amour depuis deux ans qu’il vit avec moi et même avant cela, lorsque les vignes étaient en gestation de leur raisin.

Il lui faut maintenant subir une dernière épreuve et traverser tous ces équipements sophistiqués et dénués de sensibilité pour pouvoir se retrouver dans les bouteilles.

J’ai mal pour lui. Heureusement, il aura quelques semaines pour se remettre de ces émotions avant de commencer à partir vers chez les clients.

Pendant la journée, j’ai aussi eu deux visiteurs. Ce n’est jamais le bon moment lorsqu’on travaille, mais c’est aussi la règle dans ces cas là ; on reçoit tout le monde,  dans toutes les conditions, avec le sourire, même si on n’a dormi que deux heures durant la nuit précédente.

 

Heureusement, la mise est finie pour cette année. Dans le chai, la prochaine étape sera un grand nettoyage des cuves.
J’allais oublier. Il y aura aussi toutes les barriques à soutirer, mais ce sera à la fin août… pendant les congés de Jean-Michel.


Ensuite, on pourra attendre avec sérénité les vendanges !

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 09:42

Lors de la moindre balade dans les vignes, on peut voir des baies vérées. Dans les rouges, c’est plus facile car les grains changent de couleur. Dans le cas des blancs, c’est plus discret mais tout aussi important. Un grain de raisin blanc devient légèrement translucide et change un peu de couleur en prenant une teinte un peu jaune. Mais c’est très sensible et difficile à expliquer précisément ; on le sent plus qu’on ne le voit.

 

J’ai donc goûté ma première baie de raisin de l’année dans mes vignes. Il s’agissait de Sauvignon blanc. Je n’ai pas eu l’extase de ma vie car on a plus l’impression de croquer du haricot vert cru et acide qu’un grain de raisin mûr.

Mais, le moment est important au niveau symbolique. Cette récolte que nous protégeons et même que nous imaginons dans nos rêves, nous pouvons maintenant commencer à la sentir sous la langue.

J’ai beau me dire qu’il faut garder mon sens critique, je n’arrive pas à trouver de défaut à ce grain de raisin à goût de haricot. C’est même le meilleur haricot jamais goûté !

 

Il reste encore quelques semaines avant les vendanges mais la récolte devient maintenant palpable, sensible.

 

Déjà, les vins se dessinent dans ma tête en fonction du travail des années précédentes, de ses résultats et du travail de l’année. Notre viticulture nous donne la possibilité de mieux comprendre le vivant pour essayer de l’influencer dans le sens que nous souhaitons.

 

Chaque expérience dans le vignoble nous donne des indications sur nos terroirs et les cépages qu’ils portent. C’est maintenant à nous d’orienter nos parcelles dans la direction nous menant au vin idéal que nous avons en tête pour une meilleure expression de la subtilité de chaque portion de notre vignoble.

 

Les premières baies vérées ne laissent jamais indifférents. La preuve, je pars très rapidement dans des délires dès que je me mets à les évoquer !

 

Il reste cependant à les amener intactes jusqu’à la vendange. Comme le dit souvent Jean-Michel, il faut rester concentré.

 

J’arrête là mes divagations,…en pensant quand même à la meilleure façon de vinifier ces raisins quand ils arriveront au chai…

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 15:58

Comme tous les ans, j’ai eu hier le contrôle Ecocert pour la certification bio. J’allais écrire « j’ai subi hier », mais le verbe « subir » avait une connotation de contrainte ou d’agression. Ce n’est pas le cas donc, j’ai tout simplement utilisé le verbe « avoir » faute de mot plus adapté.

 

Un contrôle Ecocert est une chose obligatoire pour pouvoir dire ou écrire qu’on est en bio. C’est très sérieux mais toujours cordial.

La contrôleuse doit bien avoir quelques critères secrets qui lui permettent de savoir à qui elle a à faire. Chez nous, tout est limpide dans la gestion des stocks de produits, des factures,…

 

Le vignoble a suffisamment d’herbe pour bien faire prouver qu’il n’y a pas eu de désherbant chimique employé !

Dans tous les cas, les factures d’achats de produits sont épluchées. Ensuite, la situation du cuivre est analysée avec minutie (stock début et fin, consommation). Les chiffres sont rapprochés de ceux annoncés par le calendrier de traitements.

Je pense que le débat sur le cuivre (qui oppose souvent les pro et les anti bios) est dépassé. Les quantités que nous employons maintenant n’ont rien à voir avec celles appliquées dans le passé. L’emploi de plantes lors des traitements permet d’avoir une bonne efficacité du cuivre avec des doses infimes. Les marges de progression dans la baisse des doses sont réelles et accessibles.

 

Enfin, dans tous les cas, lors de chaque contrôle, on fait un tour du vignoble.
Cette année, avec pratiquement zéro tâche de mildiou, j’étais particulièrement fière de montrer mes vignes.

 

Alors que le contrôle était en cours, j’ai eu la visite d’un voisin-client. Celui-ci, très branché bio, a été ravi de découvrir que derrière la mention « AB », il y avait une organisation bien structurée et des gens qui la font vivre.

La présence d’une telle mention sur les produits n’est pas anodine et correspond donc à un cahier des charges très précis qu’il convient de respecter. Les contrôles sont là pour crédibiliser l’ensemble de la filière bio.

 

C’est très bien ainsi et n’ayant rien à cacher, je suis ravie de me plier à de tels contrôles.

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 12:38

Quelques jours après avoir finalisé définitivement nos assemblages de rouges 2007 « sur papier » ou plutôt en éprouvette, surtout verre à la main, il était temps d’effectuer les mouvements de vin dans le chai.

 

On a profité de ces opérations de pompage pour soutirer une dernière fois les vins. Puis, les vins que nos clients dégusteront bientôt sont nés.

Comme tous les parents, nous sommes fiers du résultat. Chacun des trois vins est parfaitement dans sa gamme ; au moins selon nous…

 

Depuis plusieurs jours, j’étais perturbée par ces mouvements de vin. Il fallait trouver la technique nécessitant le minimum de pompage tout en tenant compte des différentes capacités des cuves. Jean-Michel n’avait pas l’air trop perturbé par l’opération à venir. Il a l’habitude de manier des volumes nettement plus importants ; mais surtout il n’est pas né avec mon angoisse permanente pour tous les détails du quotidien.

Déjà à l’école, j’avais la hantise de me tromper lors des contrôles. Je n’ai eu que très peu de mauvaises notes dans toute ma scolarité mais plusieurs décennies après, celles-ci sont de véritables croix que je porte tous les jours ou presque.

 

Donc, l’organisation d’un soutirage ou d’une mise en bouteilles sont pour moi des sources de tracas. Il y a aussi toutes les déclarations aux douanes ; mais là, je ne pense pas être la seule que cela inquiète…

 

Heureusement pour moi, je sais depuis longtemps que cette année j’aurai suffisamment de casiers disponibles pour stocker les bouteilles. J’ai vendu et expédié assez de vin depuis un an pour m’enlever ce nouveau problème.

 

Heureusement, le chantier de soutirage-assemblage s’est parfaitement déroulé. Comme toujours dans ces cas là, il y a plus de nettoyage que de soutirage proprement dit.

 

Mes vins sont assemblés et ils sont bons, le chai est propre.

Finalement, le bonheur n’est pas loin…

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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 07:49

C’est avec une certaine appréhension que nous avons vu hier matin, les flashs de Météo-France prévoyant une alerte autre autres sur notre région.

Notre projet n’était pas de traiter maintenant mais après une grosse pluie en début de semaine il valait mieux protéger un peu la vigne ; surtout que la lune est dans une phase « délicate ».

Malheureusement, chez nous rien n’est simple. Quand on habite à 2 heures de route de ses vignes, cela ajoute un peu de lourdeur à la machine !

Les traitements peuvent être faits sans moi, mais les tisanes de plantes sont faites par moi. Grâce à elle, on peut n’utiliser que des doses très faibles de cuivre.

En fonction des conditions et du stade de la vigne, je change la composition de mes tisanes. Mais je dose toujours à l’œil car notre viticulture est celle du ressenti.

Il a donc fallu se rendre sur place pour amener ce précieux liquide, pour une fois fait à Pauillac pour gagner un peu de temps. Puis, après à peine plus d’une heure sur place, c’était déjà le moment de repartir pour Pauillac.

C’est une vie qui est parfois difficile à supporter. J’aimerais me « transmuter » comme dans les dessins animés japonais pour pouvoir faire le voyage en quelques dixièmes de secondes. On n’en est pas encore là et c’est bien dommage. Heureusement, sur la route, on peut voir des vignes !

Finalement, les vignes ont été traitées,  la pluie n’est pas vraiment venue, au moins chez nous. Les raisins ont quand même besoin de cette eau finalement bienfaitrice pour gonfler un peu et surtout penser à changer de couleur. Dans notre métier où le temps qu’il fait est une donnée fondamentale dans la réussite ou pas, on ne choisit pas ce qu’il va tomber comme pluie.

C’est ainsi,…et c’est peut-être mieux comme cela.

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 13:15

Nous avons profité de la léthargie qui prend le pays lors du 14 juillet pour finaliser nos assemblages de rouges 2007.

La mise en bouteilles est prévue à la fin du mois et il faut déterminer de façon définitive ce que seront nos différentes cuvées.

 

L’esprit de chacun de nos 3 vins (Petit-Champ, Grand-Vin et Les Sens) est déterminé depuis longtemps et les assemblages ont été faits. Mais cela ne représente que 90 % des volumes environ.

 

Pour le reste, nous conservons quelques lots séparés afin de pouvoir affiner nos assemblages et les amener vers ce que nous avons en tête, c'est-à-dire un vin idéal.

 

Tous les terroirs ne s’expriment pas de la même façon ; certains demandent plus de temps que d’autres pour donner toute leur mesure. Par contre, quand on leur laisse le temps nécessaire, ils deviennent des piliers fondamentaux d’un vin.

L’erreur à ne pas commettre est de les juger trop tôt et de les orienter avant qu’ils n’aient pu donner toute leur dimension.

Chez nous, on ne force pas les choses. Chaque terroir doit s’exprimer lorsque c’est le bon moment pour lui, qu’importe le temps qu’il faut pour cela. Comme le dit Jean-Michel, on est au service du vin.

Je suis totalement d’accord avec cela ; et de plus en plus. En ne forçant pas les choses, on obtient toujours ce que l’on veut ; sans brutalité, dans la douceur et l’harmonie.

 

Nous avons profité de la salle de dégustation de Pontet-Canet. L’endroit est dédié aux assemblages, les verres sont de qualité et en quantité largement suffisante pour tous les essais que l’on souhaite faire. C’est magique !

 

Avec tout cela, nous avons déterminé précisément et définitivement ce que seront nos trois nouveaux bébés.

Maintenant, il reste à finaliser le tout dans les cuves et attendre patiemment les mises en bouteilles.

 

Nos vins ne sont plus collés donc c’est un tourment en moins et une ligne à ne pas ajouter sur les étiquettes. Bientôt, avec toutes les mentions légales à inscrire sur les bouteilles, il faudra des étiquettes en plusieurs tomes !!!!

 

Je suis très fière de mes vins et j’ai hâte de pouvoir les présenter à tous mes clients-amis qui me font confiance.

 

Enfin, nous avons aussi profité de ce jour de repos pour faire… un tour des vignes de Pontet-Canet.

Jean-Michel est très fier de ses vignes et il tenait à avoir mon sentiment sur la question. L’évolution intellectuelle de cette viticulture est un chemin que nous parcourrons ensemble lui et moi. Mon avis semble lui être important, ce qui me donne une responsabilité supplémentaire car les enjeux ne sont pas les mêmes qu’au Champ des Treilles.

 

Heureusement, les résultats dans le verre semblent parler d’eux-mêmes.

Pour ce qui est de la récolte 2009, comme partout, on est tributaire du temps qu’il fera jusqu’aux vendanges. Mais pour le moment, c’est une impression de sérénité qui semble marquer les ceps que j’ai pu contempler. Et quand on dit beau à pleurer, on n’est pas loin de la vérité !

 

Ici ou ailleurs, des vignes aimées sont toujours plus épanouies et heureuses que les autres. C’est du moins ce que mes yeux (et mon cœur) semblent me montrer…

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 08:54

Après plusieurs mois de tension sur le front du mildiou, nous sentons la pression retomber. Alors que nous venons de passer le cap du 1er juillet, le vignoble est parfaitement sain et donc, le risque de perte de récolte par cette maladie diminue fortement. Même si rien n’est encore gagné car les vendanges sont encore loin, on peut penser qu’il y aura peu de risque d’avoir des raisins détruits par le mildiou en 2009.

Chaque année apporte sa propre originalité et ses propres caractéristiques. Il est encore trop tôt pour caractériser celle-là du point de vue des maladies.

Mais comme beaucoup d’autres producteurs, nous avons profité de l’expérience de 2007 et 2008 pour progresser. Les années difficiles sont aussi là pour ça !

Une des clés de la réussite semble être de se considérer en permanence en risque maximum. Ainsi, on n’est jamais pris au dépourvu.

Mais surtout, au-delà du mildiou, c’est à la vigne qu’il faut penser. Sans elle, il n’y a point de succès contre ce champignon. C’est en aidant le pied de vigne et en le comprenant que l’on le rend moins « sensible ».

Le champignon et le ravageur sont en relation étroite avec le sol. C’est ce dernier qui va imprimer sa marque au pied de vigne et le rendre plus ou moins attractif pour la maladie ou le ravageur. Sans tenir compte du sol et même du sol-sol, il n’y a point de  lutte contre le mildiou qui compte ; même si le mot « lutte » n’est donc pas très approprié.

Bien-sûr, tout cela n’est valable que lorsqu’on cultive en bio et surtout en biodynamie. En lutte chimique, toutes ces considérations n’ont pas lieu d’être. On n’envisage pas le rôle du sol ; on détruit ou plutôt on cherche à détruire la maladie ou le ravageur, sans essayer de comprendre les choses dans leur globalité.

2009 ne sera pas une grande année mildiou. Finalement, c’est mieux ainsi.

Il reste cependant encore beaucoup de chemin à parcourir jusqu’aux vendanges.

La vigne a encore besoin de nous…ou le contraire !

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 09:38

Il y a quelques jours, je vous montrais les photos de pieds de vigne. Depuis, les raisins ont continué de grossir avec conviction et sérénité.

Ils sont toujours aussi beaux et me donnent un immense sentiment de fierté lorsque je les regarde. Maintenant, il me tarde vraiment d’être aux vendanges.

C’est la première fois que le travail dans le vignoble n’est pas en retard. Les relevages sont finis. Le deuxième épamprage a commencé et permettra d’enlever tous les gourmands qui se sont développés après le premier passage.


Une fois de plus, notre objectif d’une récolte naturellement petite, sans vendange verte en juillet sera atteint. Les raisins sont là, mais les grappes sont peu fournies en baies. C’est un bon présage car l’air pourra circuler entre les grains jusqu’à la récolte ; prévenant ainsi les attaques de pourriture.

Avec nos conditions de culture, l’effeuillage est lui-aussi totalement inutile. Les grappes sont suffisamment exposées au soleil, mais pas trop. Ainsi, on préserve le fruit sans les vins.


C’est donc une vraie viticulture nature.

Chaque année qui passe nous oriente un peu plus dans ce sens, c'est-à-dire une voie où seul le terroir parle à travers le cépage. Nous sommes là uniquement pour servir la vigne quand elle nous le demande.

Rappelez-vous, la vigne a un côté animal et peut donc s’exprimer…au moins vers ceux qui sont capables de la comprendre. Ils ne sont certes pas nombreux maisj'essaye de faire partie de ceux-là !

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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