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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 08:59

Ca y est, c’est terminé, Vinexpo 2009 a vécu.

Pour moi, ce fut une semaine bien chargée mais…je n’ai pas pu aller à Vinexpo !
Surprenant me direz-vous. Pourtant c’est vrai, je n’ai eu que des rendez-vous à la maison avec des clients confirmés ou potentiels.

Donc, je n’ai pas directement assisté à la grande messe vinicole mondiale qui se déroulait à quelques dizaines de kilomètres de chez moi.

Cela dit, j’ai toujours pensé que lorsque quelqu’un fait l’effort de venir à Margueron, petit village perdu  au fin fond de la Gironde, il a un peu plus de motivation pour acheter mes vins que lorsque je le croise dans une allée de Vinexpo. D’autant que je n’aurais pu m’offrir au mieux que quelques dizaines de centimètres carrés de stand dans un endroit reculé du salon…

J’ai reçu les professionnels chez moi, dans ma maison, mes chais et surtout dans mes vignes. J’ai pu leur montrer le vignoble qui n’a jamais été aussi beau qu’en ce moment.
J’espère qu’ils auront pu être sensibles aux liens affectifs qui nous lient mutuellement, les ceps de vigne et moi.

La vigne est tellement belle que j’en ai les frissons dans le dos lorsque je la regarde.

On est loin du faste déployé par les grandes marques ou les domaines prestigieux pour attirer ou justifier leur rang. Je ne suis pas jalouse de ces gens là qui me permettent aussi de pouvoir disposer à côté de chez moi, durant ces jours particuliers, de tous les acheteurs de vin de la planète.

Mais mon discours, ma philosophie et tout ce que je peux présenter ne sont pas dans le même monde. Ce n’est pas opposé ; c’est tout simplement différent.

Notre aventure est humaine et affective avant tout. Nos vins sont élaborés avec une volonté réelle de représenter avec le plus de justesse possible le sol qui porte la vigne.

Ils contiennent aussi nos joies, nos peine, notre sueur, parfois même notre sang.

Tout cela, c’est difficile de l’exprimer dans un hall de 500 m de long entouré de milliers de personnes.

Mon seul et véritable regret est de ne pas avoir pu rencontrer les amis qui se trouvaient sur le salon. J’aurai bien aimé pouvoir passer quelques minutes avec eux. Ce sera pour une autre fois.

Mon bilan semble être positif. Maintenant, il va falloir attendre les retours c'est-à-dire les bons de commande.  Mais c’est une autre histoire. Le plus important est de garder en mémoire les instants vrais d’échange avec ces visiteurs venus de loin pour écouter notre discours et partager notre vin sous notre toit …

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 09:02

Nous avons fait le tour du vignoble avec Jean-Michel.

Les pieds de vigne sont beaux et ressemblent à ce que l’on attend d’eux c'est-à-dire d’avoir des grappes naturellement aérées, un port très droit. Leur équilibre général nous dit qu’il n’y a rien à changer.

Nous aurions pu tous les photographier tellement ils sont tous beaux.

Malheureusement, il faut se limiter !

Je vous en propose quelques uns seulement.





Pour finir, une photo de rose en bout de rang :


Voilà ce que je voulais vous montrer aujourd’hui.

En voyant ces pieds de vigne, j’ai un sentiment de sérénité ; l’accomplissement d’un cycle dans l’harmonie et le respect.

C’est au moins mon point de vue
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 08:30

Avec le retour (provisoire) du beau temps, le week-end a été totalement dédié à la vigne.

Il y a eu encore 13 mm de pluie dans la semaine, ce qui a quelque peu dérangé le planning des travaux. Pour une fois, nous ne sommes pas en retard. Toutes les vignes sont épamprées et relevées.

Le feuillage et les grappes sont indemnes de mildiou ; ce qui n’est pas si mal que ça dans la région. Nous ne crions pas victoire pour autant car il convient de rester vigilant ; concentré comme le dirait Jean-Michel.

J’en parlais la semaine dernière dans le message sur la lune ; nous sommes dans une phase très délicate du mois. Même s’il n’y a pas de pluie (ce qui serait surprenant), la pression du mildiou risque d’être forte dans les jours prochains.

Il convient donc de protéger la vigne mais surtout de l’aider à se protéger seule ou avec une aide moins pressante de notre part.

Pour cela, nous puisons dans la culture biodynamique et cela semble fonctionner assez bien !

Pour Jean-Michel et les vignes à 10000 pieds par ha, ce fut donc traitement et poudrage avant un hypothétique épisode pluvieux. Il faut aussi ajouter un griffage car les rangs commençaient à être remplis d’herbe.


Les leçons de l’année 2008 ont été tirées et cette année, il a systématiquement laissé des « rangs de passage » pour être sûr de pouvoir passer traiter avec plus de facilité, ou moins de difficulté, en cas de conditions humides.

Les années difficiles servent aussi à s’améliorer en se confrontant à des situations difficiles et nouvelles. Bien-sûr, on préfèrerait voguer sur une mer calme mais à postériori, on se sent grandi après les épreuves.

Pour les vignes à 5000 pieds par ha, (soit 2 m d’écartement) le programme fut presque similaire : traitement et poudrage.  Là, c’était mon beau-père qui était aux commandes. Cette année, il est d’une remarquable efficacité.



Il était plus que dubitatif au début de notre aventure biodynamique il y a quelques années. Lorsqu’on lui demandait de pulvériser pratiquement de l’eau pure, il nous  prenait ouvertement pour des fous. Maintenant, il mesure l’évolution qualitative de nos vins et constate parfois à sa plus grande stupéfaction que les voisins en lutte chimique ne font pas mieux que nous en matière de maladie. Surtout, il ne supporte plus les pesticides qui faisaient pourtant partie de son environnement quotidien pendant des années.

Je ne serais pas totalement honnête si j’omettais de mentionner que pour ma part, la vigne fut une préoccupation moins importante que d’habitude. J’ai révisé le français du bac !

Je n’envisage pas de repasser cette épreuve qui a occupé mon esprit il y a longtemps déjà.

J’ai aidé ma fille dans ses révisions. Tout comme Thomas il y a deux ans, elle a eu une prof de français en absence quasi permanente et des cours recopiés intacts sur internet. Avec un long arrêt de  la maladie, les profs sont remplacés mais avec une multitude de semaines d’absence, il n’y a aucune solution de prévue, mis à part de renvoyer les élèves chez eux.

C’est déjà une véritable honte de laisser des élèves avec de tels professeurs mais lorsqu’il s’agit de futurs candidats au bac de français on ne peut que crier à l’imposture.

Ne voulant pas laisser ma fille dans le désarroi, j’ai repris mes automatismes de jeune lycéenne. C’est marrant comme les choses reviennent assez facilement.

J’ai ainsi pu me replonger avec délectation dans le Rhinocéros de Ionesco. Ce qui est amusant, c’est qu’en relisant la pièce avec la vision amenée par la culture biodynamique, j’ai pu trouver une profondeur bien plus forte à la pensée de l’auteur.

L’attraction du week-end fut est intervenue dans l’après-midi de samedi. Alors que le soleil brillait dans un ciel pratiquement bleu, un seul nuage a généré une averse assez forte. Le chaud soleil brillait toujours mais il pleuvait. Bizzare…

Je peux aussi ajouter un diner chez notre ami Eric B. Une fois de plus, je me suis sentie un peu ridicule en pensant à ma cuisine souvent improvisée alors que j’étais face à ses plats aussi magnifiques que succulents et impeccablement associés à de très beaux vins.

Voici donc la chronique d’un week-end ordinaire.

Ordinaire ? Pas tant que ça quand même…

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 08:48

…et ne se ressemblent pas.

 

Quelques jours après une période d’intense ciel bleu et de températures estivales, nous sommes de nouveau avec un temps perturbé et l’envie de rallumer le poêle à bois.

 

Quand le soleil brille, tout devient facile et beau. Avec la pluie, c’est un peu le contraire. On a l’impression que l’on ne va pas y arriver et que le mildiou va tout emporter.

Heureusement, nous n’en sommes pas encore là. Pour le moment, le vignoble est particulièrement sain. Parfois, on peut voir une tâche de mildiou sur feuille mais sûrement pas plus que chez les voisins qui sont des adeptes de pesticides.

La lune est pleine en ce moment et les phases critiques sont encore devant nous. Aussi, il faut être sérieux et ne rien négliger.

Nous avons encore deux semaines et demie difficiles jusqu’au prochain périgée lunaire (moment où la lune est la plus proche de nous). Ensuite, les choses devraient être un peu plus calme ; pour quelques jours au moins…

 

Ce week-end, ce fut le programme relevage de la vigne. En fait, c’est dans les vignes à 1m que les choses étaient le plus critiques. Nous nous y sommes mis à plusieurs et très vite, les rangs sont devenus droits comme des « i ».

 

Après presque 20 mm de pluie, la vigne était particulièrement couchée et méritait qu’on s’occupe d’elle en le relevant. Ainsi, on peut de nouveau passer traiter si besoin.

 

Tant que le sol était suffisamment « roulant », Jean-Michel a traité ces vignes exigeantes au niveau des conditions d’accès pour le tracteur. En cas de fortes pluies à venir, on n’aurait pas forcément pas possibilité de passer.

En regardant mon mari évoluer dans le tracteur, j’ai pu voir qu’il était entouré de nombreuses hirondelles qui volaient autour de lui. J’ai d’abord été surprise de cela car il n’est plus fréquent de rencontrer de tels oiseaux dans notre région.

Puis, c’est la joie et la fierté qui m’ont envahie. Il est en effet particulièrement satisfaisant de pouvoir être entouré d’animaux alors que l’on traite les vignes. C’est le signe que les animaux savent interpréter ce que l’on fait.

Avec des pesticides dans la cuve, je suis persuadée que l’on aurait pas eu d’hirondelles mais rien du tout ou éventuellement des corbeaux !

 

Il reste encore beaucoup de travail dans la vigne avant que l’on retrouve un rythme de croisière. Cela arrivera mais dans plus d’un mois.

 

Pour l’instant, il faut faire le gros dos et ne pas compter le temps et l’énergie dépensée.

Heureusement, les petites grappes qui finissent la floraison nous motivent encore plus à servir cett vigne que nous aimons tant !

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 07:43

Après deux années sans soleil, la nature nous offre actuellement un vrai temps de saison avec un soleil radieux sans nuage.

Ainsi, la vigne pousse sans état d’âme en développant une puissance créatrice de vie qui ne peut laisser indifférents les passionnés que nous sommes.

Et oui, la vigne est belle à pleurer.

 

 

 

Elle est verte et droite, dressée vers le ciel.

Elle respire aussi la bonne santé mais aussi la sérénité. Elle est heureuse et nous aussi.

 

Déjà, les premières fleurs arrivent.

 

 

On se prépare à entrer dans une autre partie du cycle de la vigne. Pourtant, on n’a pas vraiment pu profiter de la première, celle de la pousse, des tiges qui se développent et des premières inflorescences qui apparaissent.

Bientôt, il y aura les raisins. Les vendanges pointent déjà leur nez.

 

Tout est beau dans les parcelles. Les tiges sont redressées avec des vrilles qui semblent vouloir attraper l’air. Je vous en offre quelques unes mais toutes auraient mérité une photo car elles sont toutes belles et puissantes.

 

 



Au hasard d’un coup d’œil, on tombe aussi sur une vrille qui a attrapé un fil de fer. Certes, il n’y a rien de bien spectaculaires à parler d’une vrille qui s’accroche à un fil, c’est même son travail, diraient certains blasés des merveilles de la vie.

 

 

Mais convenez avec moi qu’il y a quelque chose de magique dans ce travail d’accroche. On dirait des mains. Pourtant ce n’est que du végétal. On est loin de la pensée humaine. Cependant, une vrille est capable de sentir la présence d’un support et peut s’y accrocher.
Convenez avec moi qu’on pourrait croire à des mains.

Cela fait longtemps que je pense qu’il y a quelque chose d’animal dans la vigne. Elle ne se déplace pas mais elle est quand même loin du pied de blé dans la subtilité de ses relations avec le sol et son environnement.

 

C’est par la compréhension de ces rapports complexes que l’on peut espérer recevoir de la vigne ce qu’elle a de meilleur à nous transmettre. A nous de la comprendre …en la respectant.

 

Le ciel bleu n’a pas faibli. Seuls quelques nuages magnifiques ont pu ajouter une touche fantastique à ce spectacle.

 


Quel est leur nom ? Je n’en sais rien, et quelle importance. Ils n’ont pas amené de pluie à cette vigne en communion avec le soleil.

 

Dans notre métier, non ne sait pas de quoi demain sera fait. Mais une chose est sûre, ce qui est pris est pris.

La fleur arrive avec une vigne magnifique et sereine.

Maintenant, il faut être là pour l’aider à passer ce cap important de son année. La quantité de raisin nous importe peu. Ce qui compte, c’est que la vigne soit fière des raisins qu’elle va porter pour nous.

Dans ce domaine, je la comprends car je sais à quel point l’amour maternel peut être immense !

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 08:59

Vous les savez certainement mais nous utilisons beaucoup de plantes pour aider nos vignes dans différentes situations.

Plus le temps passe, plus nous en utilisons et nos vignes semblent nous en remercier.

 

Il y a tout d’abord l’ortie :

 

 

 

Et aussi la prêle :

 

Nous les récoltons et les mettons à sécher sur des surfaces en bois, telles que des palettes ou une vieille remorque.

 

Au-delà de ces grands standards que sont l’ortie et la prêle, il y a toute une série d’autres plantes qui entre dans la composition de nos tisanes.

Pour savoir laquelle peut nous aider, il y a toujours la même question : « qu’est ce qu’elle veut nous dire ? ». Sa forme, sa couleur, son port, son goût, son habitat,(…) nous renseignent et peuvent nous permettre de nous faire une idée.

 

Tout est déjà dans la nature pour toutes les situations ; à nous de déterminer ce qui est utile.

Il s’agit d’outils qui interviennent sur le vivant et qu’il convient de manier avec précaution.

 

Tout outil peut être mal utilisé et dégrader plutôt qu’améliorer. Il faut donc être très prudent et savoir doser les actions avec le plus de justesse.

 

L’expérience est fondamentale car d’une année sur l’autre, on affine nos connaissances en constatant les résultats des actions menées.

C’est une vraie démarche scientifique appliquée à un niveau du vivant que renient les scientifiques formatés aux mesures pondérales qui ne connaissent que les kilo, les litres, les mètres,…

 

Parmi d’autres, nous récoltons du souci :

 

Cette plante possède une spécificité spectaculaire : les graines ont quelque chose d’animal.

 

Voyez vous-mêmes :

 

 

 

On dirait des vers. C’est surprenant et presque dérangeant.

Mais surtout, ce n’est pas anodin ; il y a des informations à tirer de cette caractéristique. A nous de les trouver.

 

La connaissance « symbolique » des plantes donc est un domaine immense qui ne demande qu’à être exploré, ou plus exactement redécouvert car cette culture là existait dans le passé mais a été perdue.

Pour progresser, il faut beaucoup de détermination, de concentration et d’humilité.

 

Ces efforts au service de la vigne, c’est peut-être là la meilleure preuve d’amour qu’on peut lui témoigner.

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 09:19

Je viens de recevoir pendant pratiquement 24 heures, mon amie Hollandaise Tjitske à la maison à Margueron. Nous étions seules sur place et ce fut l’occasion de nombreuses heures d’échange. Lorsque les rapports commerciaux ne sont plus là, en tâche de fond, pour brouiller les relations, on peut vraiment se laisser aller à ne parler que de notre passion commune, la vigne et le vin.

 Toutes les deux, nous avons fait le tour de la biodynamie telle que nous la voyons, simple, pragmatique et sincère.

Le tour des vignes et les dégustations des différents vins en barriques furent aussi l’occasion de répondre à l’éternelle question qui nous taraude en permanence : « que veut me dire la plante ? », « que veut me dire le terroir ? » et « que veut me dire le vin ? ».

A ces questions là, on peut trouver de multiples réponses, mais une seule sera bonne et pour progresser il convient de la trouver.

 

Heureusement, un verre de vin permet de délier les langues et chacun est alors capable d’exprimer ce qu’il ressent sans à priori. C’est à ce moment là que l’on peut vraiment progresser, en allant chercher au fond de son cœur et de son âme, les idées qui vont faire la différence dans la compréhension des choses.

 

Parfois, lorsque je lis les revues techniques, j’ai l’impression que nos idées sont à des années-lumière de la réalité quotidienne des viticulteurs de base. Cela me fait un peu peur. Mais lorsque je les confronte à des visiteurs extérieurs, je ressors avec le constat que notre route est meilleure ou au moins moins mauvaise que celle définie par les instances officielles.

 

J’ai donc passé avec Tjitske quelques heures merveilleuses et rafraîchissantes. Maintenant, je suis revenue à ma réalité quotidienne faite de factures et de déclarations légales.
Quant à elle, il y encore des visites de domaines au programme. Une d’entre elles sera bien évidemment Pontet-Canet avec Jean-Michel.

J’espère que dans ce cas le discours ne sera pas trop ressemblant…

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 08:01

Après une semaine particulièrement épouvantable, le soleil est revenu pour le week-end.

Avec tant de pluie tombée, on ne peut pas dire que le sol soit à son optimum pour les labours, mais au moins, le soleil réchauffe les corps et surtout les cœurs.

Lorsqu’il brille, tout devient plus facile et  plus beau.

Pourtant, chez nous ce fut encore et toujours des préparations de commandes. Il nous restait encore deux palettes de Vin Passion 2007 à préparer. Le vin avait été retenu depuis plusieurs mois mais il manquait soit le conteneur, soit les étiquettes pour qu’il puisse être conditionné.

Maintenant, c’est fait. Dès que les palettes auront été chargées, il n’y aura plus de Vin Passion 2007 dans nos murs. C’est à New-York que ces bouteilles vont aller. Elles iront remplacer celles qui les ont précédées et qui ont semble-t-il été très appréciées.

J’ai toujours du mal à imaginer que du vin du Champ des Treilles, produit à Margueron, petit village perdu au fond de la Gironde puisse se retrouver dans les rues de cette fourmilière qu’est New-York.

Pourtant, si je regarde les palettes parties cette année et l’an dernier, ils doivent bien l’aimer mon vin les New-Yorkais. Je n’y suis encore jamais allée, mais on a déjà un point commun !

Après les USA, nous avons aussi préparé du vin pour la Grande-Bretagne. Je travaille malheureusement encore assez peu avec ce pays de culture vinicole très ancienne. Je le regrette car l’Angleterre est quand même le pays de destination historique des vins de Bordeaux. Sans ce pays, on ne sait pas si la viticulture aurait eu un tel essor depuis le Moyen-âge et si on aurait actuellement autant de pieds de vigne dans la région.

J’espère trouver un jour prochain une distribution plus en rapport avec le potentiel de ce pays. Mais les choses arrivent d’elles-mêmes quand c’est le moment. Pour cela, il faut avoir un bon vin à un bon prix et un cœur gros comme ça. Heureusement, je pense que c’est le cas, donc attendons…

Après les bouteilles, Jean-Michel est allé faire un tour du vignoble à pied. Il a alors constaté que les sols avait déjà séché ; du moins assez pour commencer les décavaillonnages.

C’est spectaculaire de voir que lorsque la saison est là, les sols sèchent très vite. En novembre, 10 mm de pluie rendent les sols impraticables pour des semaines.

Là, avec plus de 30 mm en 3 jours, il suffit d’un jour sans pluie et avec un peu de soleil pour permette à nouveau de repartir dans les vignes avec le tracteur.

La nature a encore ses parts de mystère !

Donc, nous avons enfin pu faire sortir la décavaillonneuse pour les vignes à 2 mètres. Cela s’est fait dans la discrétion car depuis 2 ans, chaque fois que nous prononcions ce mot, il se mettait à pleuvoir. Donc, cette fois, nous l’avons fait sans le dire à ça a marché ; il n’a pas plu !

Les sols sont encore un peu gras mais en commençant par les parcelles les plus sèches, on peut avancer dans les labours.

Mon beau-père redoute d’avoir à se battre contre les grandes herbes au 14 juillet comme l’an dernier…

Maintenant, il reste à finir ce chantier et cela représente quelques journées de tracteur, au ralenti à surveiller les charrues qui ont parfois la mauvaise idée d’accrocher un pied de vigne.

Pendant ces longues heures, on peut aussi réfléchir et refaire le monde, au moins dans sa tête.

Et en général, ça marche assez bien…

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 07:41

Le week-end dernier, nous avons profité de quelques heures de soleil pour débuter enfin le travail du sol.

Dans notre esprit, il y a toujours le spectre de l’an dernier avec de longues semaines pluvieuses qui interdisaient toute tentative de sortie des charrues.

Cette année, ce n’est cependant pas la même chose. Les vignes ne sont pas encore (trop) sales et on a gardé la possibilité de passer pour les traitements avec un sol qui s’est naturellement tassé en surface pendant l’hiver et que nous n’avons pas cherché à toucher depuis.

Donc, avec un week-end de trois jours dont deux sous un soleil relatif, nous avons enfin pu faire prendre l’air aux charrues.


Les vignes à 1 m sont pour Jean-Michel qui à force maîtrise totalement l’enjambeur. Il a aussi tenu compte de l’expérience de 2008 en modifiant ses décavaillonneuses pour qu’elles retournent la terre mais tout en ménageant une zone de roulage relativement sûre lors des traitements suivants.

Pour ceux qui  ne le connaissent pas, le voici en photo.


Comme d’habitude, il porte toujours un tee-shirt de Pontet-Canet lorsqu’il travaille au Champ des Treilles. Avec le nom du château inscrit sur l’habit en face du cœur, Pontet-Canet n’est jamais très loin dans sa tête et dans son cœur…

Les vignes à 2 m quant à elles sont labourées par tous les autres ; c'est-à-dire mon beau-père Yves, Jean-Louis, mon salarié ou moi-même en fonction des moments.


Malheureusement, la pluie a de nouveau arrêté le chantier. Maintenant il faut de nouveau attendre. Chez nous, les sols sont exigeants et demandent d’être « pris » seulement au bon moment. Donc, on va attendre ce bon moment et lui seul.

Pendant ce temps, les herbes poussent.

Dans ce contexte, il serait déplacé de se plaindre car les images de vignes grêlées vues à la télé nous font penser que trois pieds d’herbe dans la vigne ne sont pas très graves.

J’ai une pensée sincère pour tous les collègues vignerons touchés par ces orages dévastateurs.

L’an dernier, chez moi c’était le gel. Cette année il nous a épargné mais d’autres ont été touchés dans leurs vignes mais sûrement aussi dans leur chair.

On a un dur métier !

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 09:32

Une fois de plus, une partie du week-end fut consacré aux préparations de commandes.
La météo particulièrement maussade samedi rendait le travail à l’intérieur particulièrement bienvenu.

Mais, l’ambiance était un peu particulière. Pour la première fois depuis que nous sommes viticulteurs, nous avons préparé dans la même journée des palettes pour 5 pays différents en plus de la France !

La répartition « marché intérieur » / export correspond bien à la réalité du Champ des Treilles. Depuis quelques années, le vin est de plus en plus consommé à l’export. Est-ce bien ou pas ? Je ne peux pas juger mais c’est une réalité. Les choses se sont organisées comme cela progressivement. Je ne m’en plains pas car le vin se vend et c’est le principal. Les distributeurs sont des gens de qualité et c’est un vrai plus pour des relations de confiance sur le long terme.

Avec le temps, les relations non-fiables ou non-durables ont fort logiquement disparu. Ceux qui voulaient des produits encore moins chers ou plus « marketing » ont sûrement trouvé chaussure à leur pied ailleurs. Ils ont été remplacés par de vrais partenaires qui croient en nous et qui nous permettent de continuer d’exister dans ce contexte difficile et aussi de voir l’avenir avec une certaine sérénité.

Finalement dans la vie, les choses s’organisent d’elles-mêmes. Il suffit d’être honnête et sérieux dans son travail et tout finit par arriver et se mettre en place.

Nos bons clients actuels auraient été les bienvenus dans nos premières années de vignerons. Mais à l’époque, nous étions différents, nos vins aussi. Nous les intéressons maintenant par ce que nous sommes maintenant et pour ce que sont nos vins actuels.

C’est aussi la même chose pour notre gamme de vins. Nous sommes arrivés à une situation qui nous semble cohérente pour les types de vins que nous produisons. Dans le passé, nous avons fait des erreurs mais celles-ci nous ont aussi fait avancer.

Ainsi, la définition actuelle du liquoreux Vieilles Vignes ou la présence du Vin Passion sont autant le résultat de réflexion sur nos goûts que de messages que nous a envoyé le terroir lors de chaque millésime.

Si nous n’avions pas un jour éprouvé le besoin dans notre chair d’avoir de la Muscadelle, nos vins blancs ne seraient pas ce qu’ils sont.

Idem pour la biodynamie qui a changé nos vins en plus de changer notre vie et notre regard sur le monde.

Donc, le Vin Passion n’aurait pas pu exister au début de notre aventure. Comme c’est souvent le cas, il est bâti sur nos idées et nos erreurs.

De même, le liquoreux Vieilles Vignes est différent de la vision simpliste que nous en avions au début. Mais, à la réflexion, il est plus proche de son terroir maintenant et c’est très bien ainsi.

C’est toujours le terroir qui doit avoir le dernier mot. On est là pour le servir et c’est tout.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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