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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 07:37

Après deux jours et demi de vendanges, premier arrêt. Il nous reste la muscadelle pour aujourd’hui.



On ne peut pas franchement dire que l’on va exploser les rendements en blanc cette année. De toutes les façons, on ne les explose jamais. Je ne sais pas comment font ceux qui ont des excédents, car nous en sommes toujours très loin ; heureusement. Il faut dire que nous ne connaissons pas vraiment le marchand d’engrais.

Donc, on n’a profité de cet arrêt de vendanges pour commencer le débourbage des blancs. Pour ceux qui ne le sauraient pas, il s’agit de la séparation du jus clair et des « sédiments » (pulpes et autres parties indésirables du raisin).

jus clair pompé lors du débourbage

Après pressurage, les jus viennent de passer quelques heures dans une cuve refroidie.

Chez nous, c’est un peu l’épicerie, c'est-à-dire la séparation de lots de petite, voire très petite taille.


Nous disposons même d’un garde-vin (à chapeau flottant) de 7 hl équipé d’un serpentin pour pouvoir refroidir de petits lots de 1 à 7 hl (photo ci-dessus).

Je ne sais pas s’il existe des chais mieux dotés en petits contenants que le nôtre. Nous avons des garde-vins de 1, 5, 7, 10, 15, 20 et 25 hl, parfois même en plusieurs exemplaires. Cela s’ajoute à des cuves de 6, 10 et 20 hl.


On est donc capable de séparer les lots avec une précision vertigineuse.

Il y a des moments où dans le chai, il faut se frayer un chemin entre les garde-vins et autres micro-cuves.

C’est pénible, mais c’est aussi le prix à payer pour segmenter au maximum les lots et suivre ainsi les différents micro-terroirs que nous avons pu isoler par l’observation mais aussi des techniques simples et logiques telles que la dégustation de grains de raisins ou même la « dégustation de fleurs », au moment de la floraison.

Maintenant,  sauvignon et sémillon sont débourbés et prêts pour la fermentation alcoolique.

Pour cela, il faut attendre que les levures venues des vignes avec les raisins soient décidées à commencer leur travail. Ne compter par sur moi pour les forcer ou même des menacer de faire faire le travail par d’autres levures venues d’ailleurs en paquets lyophilisés.

C’est bien avec les levures de mes vignes, que mes vins sont les meilleurs et les plus complexes.

Donc, il faut patienter et guetter les odeurs de fermentation qui ne tarderont pas d’arriver… quand les levures l’auront décidé.

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 11:57

Je l’avais promis, voici quelques photos de mes vendanges en blanc.
 

Le fait d’avoir un petit domaine permet de conserver une dimension presque familiale aux vendanges.



Sans vouloir basculer dans le folklorique, je mets un point d’honneur à conserver cet esprit qui est inscrit dans l’inconscient collectif de tout habitant de notre pays. Tout français, ou presque, a en tête l’image d’une scène de vendange qu’il a lui-même vécue ou qui lui a été rapportée.



Mais il y a aussi le travail moins glorieux comme le lavage des cagettes.


Avec le soleil, tout devient plus facile. Les paysages sont plus beaux, les gens plus gentils.

Même le matériel devient plus fiable!

C’est un vrai bonheur !!!

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 07:16

C’est décidé, les vendanges commencent ce matin pour les blancs au Champ des Treilles.

Cette année, la date de début de la récolte est la plus tardive que nous ayons vue en bientôt 10 ans.

Au début, on se dit que des vendanges tardives sont une aubaine pour bien se préparer à cet évènement tant attendu.

Donc, j’ai donc nettoyé le matériel,


puis peaufiné le nettoyage.


Dans ma vie, j’aurai passé une quantité impressionnante d’heures en nettoyages divers. Pour moi, le nettoyage, c’est une seconde nature.

Pendant ce temps, Jean-Michel a fait l’entretien de la charrue. Après utilisation, il passe de la graisse sur les versoirs. De cette façon lors du prochain labour, ils seront parfaitement glissants. Pendant, l'été nous n'avions a eu ou pas pris le temps de nous occuper des charrues.Depuis plusieurs années, nous n’utilisons que de la graisse alimentaire pour tout le matériel viticole. Elle est bien plus chère et moins persistante, mais on peut penser que dans l’environnement, elle aura des conséquences (plus) neutres. C’est un petit geste, mais autant le faire quand on le peut.

Nous avons aussi préparé les tracteurs pour les vendanges. Il faut enlever le pulvérisateur de l'enjambeur qui tractera une remorque de cagettes.

Jean-Michel a même entrepris la maintenance de l’étiqueteuse.


Mais, même s’il y a toujours quelque chose à faire, on finit par tourner en rond, et à ne plus penser qu’aux vendanges au fur et à mesure qu’elles approchent.

Heureusement, elles sont là. Elles arrivent avec un magnifique ciel bleu ; ce qui n’est que justice après une saison plutôt grisonnante.

Pour le moment, on ne pense qu’aux blancs. Les rouges viendront après,…au bon moment.

Lorsque j’écris ce texte, il est encore très tôt. Les vendangeurs ne sont pas encore arrivés. Pour le moment, tout est calme.

Pour les photos, il faudra donc attendre un petit peu.

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 09:09

 

Nous venons de passer un week-end sous un soleil magnifique, après une pleine semaine de beau temps.

Il n’y a pas à dire, le soleil c’est quand même mieux.

 

En quelques jours, les raisins ont beaucoup gagné en maturité. Les peaux des blancs continuent de se dorer pour le plus grand plaisir de mes yeux.



Surtout, les goûts en bouche ont beaucoup évolué. Les arômes des blancs mais aussi des rouges ont pratiquement perdu toute nuance herbacée.
Dans les peaux, les tanins se sont arrondis.



Lors des prélèvements pour les contrôles de maturité, les mains sont maintenant franchement collantes. C’est un bon signe.

 

Dans la semaine, nous n’avons pas eu une goutte de pluie, ce qui est exceptionnel pour l’année. Il faut croiser les doigts pour qu’on continue sur cette voie.

 

Les blancs sont très sains, les foyers de pourriture sont très rares. Dans le Merlot, qui est le cépage rouge le plus proche de la maturité, je n’ai pas pu trouver un grain altéré.

La confiance revient.

Après des mois de pessimisme, on peut maintenant espérer produire de très bons vins. Rien n’est fait et je vous dis cela à voix basse, en croisant les doigts,…au cas où…

 

Bref, un bien beau week-end qui a du réchauffer le cœurs de bon nombre de vignerons.

 

Pour moi, il avait une saveur un peu supérieure car j’étais en plus entourée de mon mari et de mes deux enfants, car Thomas était rentré de Tarbes pour 2 jours. Avec les vendanges qui arrivent pour nous et des plusieurs samedi « bloqués » à l’école pour lui, une nouvelle réunion de  notre petite famille n’est pas pour demain.

 

J’ai donc profité de ces quelques heures de bonheur simple avec une vraie gourmandise. Vous savez, celle qui nous pousse à croquer à pleines dents dans une grappe bien mûre.

 

 

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 09:33

Il y a quelques semaines, je vous faisais part de notre nouvelle cuvée de vin blanc sec appelée « Vin Passion » et qui contient 1/3 de chacun des 3 cépages présents sur le domaine (Sauvignon, Sémillon et Muscadelle).


L’étiquette a été approuvée par Ecocert et elle est donc en production. Nous avons souhaité conserver la filiation directe avec Champ des Treilles, tout en gardant le plus de sobriété possible.

Vous en conviendrez, nos étiquettes nous ressemblent un peu (beaucoup) ; elles sont très classiques. Dans les bouteilles, le vin contient une part de notre âme et de notre chair ; les étiquettes qui y sont associées ne peuvent que traduire cela.

C’est maintenant l’heure de la commercialisation. Ce vin a du naitre sous une bonne étoile car plusieurs palettes ont déjà été vendues alors même que l’étiquette n’était pas encore imprimée.

Cela peut paraitre anecdotique aux propriétaires de Grands Crus mais dans le cas d’un Bordeaux de petite appellation, c’est une performance ; particulièrement lorsqu’il s’agit d’un blanc sec.
En effet, les politiques ont été suffisamment inconscientes ou laxistes pour que le fait de présenter un Bordeaux Blanc devienne maintenant un vrai handicap sur les marchés

Chaque fois que je fais goûter mes vins, les gens en achètent. Le plus difficile est de leur faire dépasser l’idée que Bordeaux rime avec « cher et pas bon ».

Malheureusement ou heureusement, je crois de plus en plus à la marque individuelle par rapport à son appellation. C’est terrible quand on regarde l’histoire de Bordeaux, son formidable potentiel mais aussi le rôle moteur qu’à constitué ce vignoble pour le développement de la viticulture mondiale.

Cela permet malgré tout de privilégier ceux qui font des efforts par rapport à ceux qui n’en font pas. Ce n’est que justice.

Pour en revenir à cette nouvelle cuvée, les quelques personnes qui en ont goûté ont eu droit aux bouteilles sans étiquette ou avec des étiquettes « bricolées ».

Maintenant, on va pouvoir partir sur des bases solides en présentant des bouteilles correctement habillées. Mais surtout il faudra trouver le moyen de conditionner les bouteilles avant le boum des vendanges,… ou pendant les quelques instants normalement dédiés à la récupération après des journées doubles « récolte le jour + vinification le matin tôt, à midi et le soir tard.

Comme toujours, c’est le client qui est le roi et il sera livré en temps et heure ; avec le sourire en prime !

 

 

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 09:07

Depuis le temps qu’on les prépare, elles arrivent enfin.

Du moins, on les sent moins éloignées qu’avant…

Cette année, les conditions climatiques exceptionnelles ont retardé la maturation du raisin.

Pour la première fois de  l’année, j’ai fait des prélèvements pour des contrôles de maturité.


Ce n’est pas par plaisir, mais pour avoir quelques informations sur le degré potentiel et l’acidité. De plus, avec la réforme des AOC, il vaut mieux avoir des pages entières d’informations à présenter lors d’une visite de contrôle !

Ma vision du contrôle de maturité est tout simplement de goûter les raisins dans les rangs de vigne. En quelques secondes, on sait tout ou presque de ce qui nous intéresse.

Bien-sûr, on ne peut pas connaître le degré potentiel, ni l’acidité à la virgule près, mais là n’est pas l’essentiel.

En goûtant les raisins, j’en apprécie la qualité des peaux, l’équilibre du jus,…Bref, ce qui nous permet de savoir si le raisin est mûr pour faire un bon vin.

 

Même si la météo n’a pas été des plus généreuses dans les jours et les semaines passées, on dire que rien n’est encore perdu. La maturité que j’attends n’est pas encore là dans les blancs, mais l’état sanitaire reste très bon, particulièrement sur les muscadelles. Et dire que ce cépage est réputé très sensible à la pourriture.

Pourtant à la maison, il n’y a bien évidemment pas d’antibotrytis.

J’aimerais un jour essayer de faire du liquoreux avec des muscadelles mais je n’ai pas l’impression que le champignon puisse attaquer ces raisins.

Une fois de plus, quand un cépage est « bien dans sa tête », son état sanitaire s’en ressent positivement.



 

Pour en revenir aux vendanges, chacun semble replié sur son sort, en espérant que les choses s’arrangent.

Tout va maintenant dépendre des jours prochains. Un peu de soleil permettrait d’offrir de meilleures maturités, particulièrement pour les rouges.

 

Nombreux sont ceux qui dénigrent l’influence potentielle de la lune sur la météo. Cependant, parmi les vignerons, pratiquement tout le monde attend avec fébrilité la nouvelle lune, aujourd’hui même, pour savoir si le beau temps peut s’installer durablement. 

 

Autrement dit, ce patrimoine culturel reste très ancré dans la culture paysanne, même si les efforts de nettoyage sont particulièrement efficaces.

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 12:20

Il y a quelques mois, je vous parlais des vieilles cuves rouges en fin de vie et dont l’une avait justement failli interrompre celle de mon beau-père il y a quelques années.

Eh bien, les cuves rouges font maintenant partie du passé chez nous.

Depuis quelques jours, elles ont été remplacées par 2 cuves inox toutes neuves. Avec ce changement, ce sont les dernières cuves antérieures à notre arrivée qui disparaissent.

Pour libérer la place, il a fallu coucher les vieilles cuves afin qu’elles puissent franchir la porte du chai. C’est lors de cette opération périlleuse que mon beau-père avait été scalpé.

Malheureusement, pour rendre l’achat un peu moins lourd, j’ai économisé sur  l’extraction des vieilles cuves et  la mise en place des nouvelles.

Et cette fois-ci, toutes les précautions ont été prises pour éviter un nouveau drame. Jean-Michel qui une fois de plus a coordonné les opérations n’a pris aucun risque. Il avait préparé le chantier dans sa tête plusieurs jours avant, pour régler tous les détails.

Nous sommes arrivés sur le domaine en soirée la veille de la livraison des cuves neuves. Tel un enfant qui découvre un nouveau jouet, Jean-Michel n’a pas résisté à l’envie d’en découdre avec  les cuves rouges. Il a installé tout son matériel et en quelques dizaines de minutes, la première cuve était dehors sur le flanc. Cela s’est fait sans effort ou presque car étant inquiète de nature, j’ai forcé inutilement pour tenter de retenir la cuve contre un hypothétique faux mouvement. J’ai donc maintenant des courbatures pour rien !

Ce premier succès a permis à Jean-Michel de passer une nuit sereine car la tension nerveuse l’empêche toujours de dormir. C’est toujours la même chose lorsqu’il a un gros chantier à venir ou qu’il est en train de penser à une nouvelle machine à construire. Et dieu sait qu’il en a inventé des machines et autres équipements en 20 ans à Pontet-Canet !

Le lendemain matin, la deuxième cuve,  «l’écraseuse de tête » est elle-aussi sortie sans encombre sous l’œil indulgent de mon beau-père, qui n’a manifesté aucune rancune contre son agresseur.

Le temps de nettoyer le sol, le camion apportant les cuves neuves est arrivé. Le déchargement fut facile et en peu de temps, le cuvier a repris un air de cuvier puisque le trou béant dans la ligne des cuves a été comblé.





La dernière opération consiste à la remise en place des passerelles. Ces dernières ont été conçues il y a plusieurs années, pour pouvoir recevoir des cuves nouvelles de hauteur différente sans dépense d’argent(ou presque). C’est ça la gestion saine !!!

Nos passerelles sont géniales car elles ont une profondeur de 2 m. On peut s’y déplacer très facilement sans risque.

Lorsque nous avons commencé, il y a dix ans, les passerelles n’existaient pas. On passait de cuve en cuve en sautant et pour les vieilles cuves béton disparues maintenant, il y avait un vieux volet servant de pont.

Vous comprendrez donc que même s’il est modeste, j’aime beaucoup travailler dans mon petit cuvier où je dispose de tout ce qu’il faut pour travailler sans trop d’effort et en sécurité.

C'est qui le roi du pétrole?

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 08:05

Samedi dernier, c’était le jour du Marathon des Châteaux du Médoc à Pauillac et aux alentours. Il s’agissait de la 24ème édition.

Pontet-Canet étant sur le parcours, Jean-Michel était mobilisé pour l’occasion. Je suis allée moi aussi donner un coup de main pour servir le vin.

Mon but n’est pas de refaire un reportage de plus sur cet évènement médiatique car même la presse nationale en fait mention avec de beaux reportages.

Je souhaite seulement vous faire partager une partie de l’envers du décor c'est-à-dire la vie du stand de Pontet-Canet.

A plusieurs endroits du parcours, les Châteaux proposent aux coureurs de déguster du vin du cru. Très souvent, les verres sont en plastique.

Mais, tous les ans à Pontet-Canet, Monsieur Tesseron tient à servir le vin dans de vrais verres à dégustation. Il en faut plusieurs centaines et à la fin plusieurs dizaines manqueront à l’appel. Le cadre magnifique, les vrais verres, l’ambiance, le fait d’être à mi-parcours, tout concourt à faire de Pontet-Canet l’étape gustative incontournable, sinon tout simplement l’étape ultime à atteindre pour beaucoup de candidats. Peu de temps après Pontet-Canet, il y a les côtes de Saint-Estèphe qui tuent les jambes !


Comme dans plusieurs endroits « stratégiques », il y a un orchestre qui joue pendant toute la durée de la course.

Au début, c’est assez calme.

Les premiers coureurs ne consomment bien-sûr pas de vin. Le premier « oenophile » arrive quand même 15 à 20 minutes après le premier, ce qui est impressionnant car il lui reste 20 km à faire.


Puis, on monte en puissance jusqu’à avoir de pleines routes de coureurs qui arrivent sans discontinuer.



Là, il devient difficile de suivre le rythme. Les mains se tendent de partout et parfois les verres arrivent à manquer.

Pourtant, avec 2 machines à laver dont une qui avalent 24 verres toutes les 90 secondes, il y a du répondant.

On se dit alors que c’est le point culminant et que très vite la tension va retomber. Mais un coup d’œil rapide vers l’allée du château montre un flot toujours aussi important de coureurs.

Plus le temps passe, plus le nombre de coureurs motivés pas un chrono diminue. Au contraire, ils prennent leurs aises, se photographient et nous demandent de les prendre en photo.

C’est en général le moment où l’on voit des chars arriver, poussés par des coureurs motivés. C’est aussi une période propice pour apercevoir des drapeaux bretons fièrement hissés par des coureurs amoureux de leur magnifique région. Je dis que la Bretagne est magnifique tout d’abord parce que c’est vrai mais aussi car ma maman étant bretonne, j’ai la moitié de mon sang qui vient de là. A la maison, il y avait toujours conflit entre le beurre salé de ma mère et l’huile d’olive de mon père pied noir !

Au hasard des rencontres, j’ai servi du vin et échangé quelques mots avec des amis cavistes qui distribuent mes vins de Champ des Treilles.

Bonjour à Pierre de la cave Ruthène à Rodez,


Et à Eric et Patrick de la Cave des Vins de France à Angers



Le monde du vin est petit !!!

Il y a tellement de monde que l’on sert des dizaines de verres sans lever la tête ou presque. Même si les casiers de verres font le trajet vers les machines à laver au pas de course, rien n’y fait, les coureurs doivent attendre quelques secondes pour être servis.

On n’a pratiquement pas le temps de regarder tous les déguisements car la plupart des coureurs est déguisée. Certains rivalisent d’imagination et beaucoup ont une énorme motivation pour porter des accessoires farfelus ou pousser des chars.

J’ai toujours des remords à ne pas pouvoir prendre plus de temps à les observer car ils ont du faire des efforts pour concevoir leur équipement et le trainer jusque là.

Clin d’œil à la profession, j’ai pris en photo un char « machine à vendanger » venu de Vendée et poussé par les salariés d’un représentant local de matériel viticole.


Enfin,  le flot de coureurs diminue, nombreux sont ceux qui arrivent en marchant et qui n’iront pas plus loin. Plus de 3h 30 après le départ, la « voiture-balai » arrive et marque la fin de la course.

Il est alors temps de ranger.

Une fois de plus, la course aura « coûté la vie » à une barrique de vin de la propriété ! C’est un gros effort mais c’est aussi le prix à payer pour que la fête continue d’une année sur l’autre.

 

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 08:28

Depuis quelques jours, j’ai un peu rompu avec mes habitudes de vous faire partager mon quotidien, mes plaisirs et … mes coups de gueule.

J’étais en vacances !

Cependant, les vacances chez Jean-Michel Comme ne sont jamais de grandes vacances avec des destinations exotiques. Nous étions en vacances à…Margueron, chez nous sur le domaine.

C’est un avantage indéniable d’avoir deux « chez soi ». Lorsqu’on quitte un endroit pour l’autre, on a tout de suite l’impression d’être en vacances!


Nous n’avons jamais tellement eu la possibilité  (ni l’envie) de partir loin. Tous les ans, Jean-Michel « laisse » Pontet-Canet aux alentours du 15 août, lorsque les jeux sont pratiquement faits pour la récolte. Cela laisse peu de place pour partir loin. Souvent, il y a déjà les vendanges à préparer ou un mise en bouteilles en vue.

Et aussi, depuis nos premières années de viticulteurs, j’ai tellement pris l’habitude d’économiser sur tout que même si les choses se sont améliorées, j’ai toujours la main qui tremble au moment de faire le moindre chèque !

 

Donc, notre programme de vacances fut : travail dans les chais, traitements des vignes mais aussi quelques sorties locales et surtout lectures sur chaise longue. Un bonheur simple mais un vrai bonheur quand même.

Jean-Michel a enfin pu terminer son « livre-pavé » de 1000 pages en anglais sur le président américain Truman. Il doit être le seul en France à avoir lu un tel livre !

Pour moi, c’est plutôt lecture ou relecture, voire même re-relecture de romans de Stephen King. J’adore cet auteur. Au-delà de l’histoire, c’est surtout la façon dont il raconte qui me touche. J’ai pris la peine de lire certains de ces ouvrages en anglais et c’est encore mieux qu’en Français ; tout en étant plus difficile pour moi.


Thomas et son grand père ont fait les derniers traitements de couverture de l’année. Il restera éventuellement un poudrage au talc en fonction des conditions climatiques à venir.

 

Maintenant que la mise en bouteilles est faite, il restait à soutirer les barriques de rouge 2007 avant les vendanges.


Sûrement pour la dernière fois, nous avons effectué ce travail en famille. Thomas commencera sa nouvelle vie d’étudiant la semaine prochaine à Tarbes.


Il ne reviendra que de façon épisodique à la maison.


Le fait de voir mon mari et mes deux enfants affairés ensemble au travail des barriques m’a comblé de bonheur ; qui plus est sous le toit tout neuf !

 

Une fois ce travail achevé le chai a pu reprendre son aspect d’origine. Le vin a retrouvé sa quiétude pour plusieurs mois avant d’entamer son deuxième hiver d’élevage.


Je n’ai pas pu résister à l’envie de profiter de l’éclairage  par les chandeliers. Les bougies naturelles ajoutent une touche de sérénité, quasi mystique à l’endroit.


Pendant les vendanges, je prends parfois mon court et frugal repas de midi au milieu des barriques, c’est un moment, sinon Le moment calme de la journée. Je m’y ressource.

 

Ceux qui lisent le blog d’Eric B ont pu constater qu’il avait pris la peine de venir nous aider à déguster les nouveaux millésimes. Il y a encore des gens serviables sur terre !

 

En conclusion, j’ai pu passer des quelques jours de détente entourée des êtres chers, de mon vin et de mes pieds de vigne.


Le bonheur quoi !

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 09:23

Je n’en avais pas encore parlé mais nous avons refait le toit. Par sécurité, j’ai préféré différer cette annonce car une maison couverte avec des bâches plastiques attire toujours plus les voleurs que lorsqu’il y a un vrai toit avec des tuiles. De ce côté-là, nous pensons avoir suffisamment donné (au sens premier du terme) et nous ne voulions pas tenter le diable…

Donc, nous avons refait le toit. Il faut dire que la dernière intervention majeure devait remonter à la construction des bâtiments, c'est-à-dire à y a presque un siècle et demi !

Une chose est sûre, il y a cinquante ans que la famille est installée là et elle n’a rien fait pour la couverture. D’ailleurs, le grand père de Jean-Michel était très fier de dire qu’il n’avait jamais acheté une tuile. On s’en est rendu compte !!!

Sa technique était très simple et consistait à « étirer » les tuiles. C'est-à-dire, par exemple que là où il y avait 4 tuiles dont une cassée on en trouve plus que 3 ; avec un recouvrement moindre entre les tuiles. C’est facile mais ne peut pas durer toute la vie.

Tout était à refaire. C’est du reste pour cela que nous avons mis tant de temps à prendre la décision, ou plutôt à la financer. Signer un devis n’est jamais difficile, c’est surtout de signer le chèque qui pose un problème.

Déjà, lors des « arrangements de famille », il y avait eu une décote sur les bâtiments à cause du toit. C’était plutôt une bonne affaire pour nous à l’époque, mais c’était aussi reculer pour mieux sauter. Tout était pratiquement prêt à tomber.

Les premières années, on avait entrepris de « rustiner » nous-mêmes le toit en changeant des voliges fatiguées puis en replaçant les tuiles après un balayage complet.

Moi qui n’aime pas monter sur les toits, je n’étais pas du tout dans mon élément.  Mais quand on n’a pas d’argent, on avale la salive et on y va sans se poser de question.

Malheureusement, l’ampleur de la tâche était telle que nous avons dû constater notre impuissance.

Les gouttières étaient toujours là.

Parfois, ou plutôt souvent, Jean-Michel montait sur le toit avec quelques tuiles pour réparer les grosses gouttières. Depuis l’intérieur, je lui indiquais les zones où le bois était humide. Puis, il changeait la tuile cassée ou tout simplement déplacée.

A la prochaine pluie, de nouvelles gouttières apparaissaient. C’était un travail sans fin.

Dans notre malheur, nous avions quand même la chance que la maison elle-même soit pratiquement épargnée par les gouttières. Pourtant, quand on voyait la situation de dessus, surtout autour des conduits de cheminée, on pensait que cela tenait tout simplement du miracle !

Enfin, un jour à la faveur de finances en amélioration, nous avons décidé de refaire le toit. Nous n’étions pas au bout de nos peines car ayant choisi de faire travailler un artisan sérieux local, il a fallu attendre et attendre encore.

Jusqu’au jour où c’est une entreprise médocaine qui a fait le chantier. Jean-Michel les connait depuis 20 ans et lui fait (presque) entièrement confiance.

Une fois le chantier commencé, il a fallu se rendre à l’évidence. Il y a de gros dépassements de budgets. Mais c’est une autre histoire car je n’ai pas encore reçu la dernière facture…

Nous savourons maintenant le luxe tout simple d’avoir des alignements parfaits de tuiles ; même si celles du dessus sont récupérées de l’ancien toit et sont donc faites à la main, avec toute l’imperfection et la beauté qui s’y rattachent.

C’est fini de redouter une averse lors des visites de clients. J’ai toujours trouvé un peu humiliant d’avoir à nettoyer en hâte ou même à ironiser sur l’état du toit lorsqu’il y avait autant d’eau dedans que dehors avant ou pendant la présence de visiteurs.

Nous avons aussi profité des travaux pour isoler les bâtiments. Je pense que mon compteur électrique va apprécier au moment où il faudra chauffer les cuves pendant les fermentations.

Les gens nous disent qu’avec un toit refait de la sorte, on en a pour au moins 30 ans. Mais avec 2 chantiers de toit en 150 ans, ce n’est pas très cher. Le seul problème est que nous ne sommes propriétaires que depuis 10 ans et que nous assumons bien plus que notre part !

C’est une sorte de loterie, celui sur qui ça tombe a gagné. Malheureusement, cette fois-ci, c’est sur nous.

Pour se réconforter, on peut déjà penser aux prochaines visites que nous ferons avec l’œil pétillant et le torse bombé en pensant à ce beau toit tout neuf au dessus de notre tête.

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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