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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 08:55

Depuis quelques jours, nous avons la chance de pouvoir déguster quelques fraises des bois qui ont la bonne idée de pousser sur un talus entre deux parcelles de nos vignes.


Tous les ans, nous nous réjouissons à l’idée de mettre en bouche quelques uns de ces petits fruits aux milles parfums.

La fraise des bois possède l’un des meilleurs arômes qui existe. Leur taille minuscule cache donc une puissance aromatique exceptionnelle.

Heureusement, la culture bio permet de pouvoir apprécier ces mets de choix qui ne sont qu’à quelques mètres de premiers rangs.

Malheureusement, les quantités récoltées sont en rapport avec la taille des fruits et c’est uniquement une satisfaction gustative plus qu’un moyen de se rassasier.

Lorsqu’on a trouvé 10 fraises chacun, on est content. Mais l’intérêt n’est pas là. Et même si les enfants ne sont plus de jeunes enfants, on a toujours du plaisir à leur laisser notre part.

 

Il y a deux ou trois ans, nous avions pu faire un pot de confiture ; en épargnant bien évidemment toute la récolte ou presque. Dans ce cas, la confiture avait été réservée à des occasions exceptionnelles !

 

Malheureusement, cette année les conditions météo des derniers mois ont rendu la récolte plus faible que d’habitude. Les fraises sont difficilement colorées et leur douceur est toute relative.

 

On peut donc se rendre compte que les fraises des bois ne trichent pas avec leur millésime et leur terroir. Lorsque les conditions sont plus difficiles, elles en pâtissent et nous aussi.

 

C’est un peu le contraire avec les fraises de culture qui sont des sélections génétiques issues de la recherche. Leur arôme est très puissant mais elles n’ont aucune saveur ; un peu comme les vins fermentés avec des levures aromatiques.

Si on ajoute à cela un élevage sur substrat synthétique, c'est-à-dire sans sol et avec des apports d’eau et de fertilisant directement aux racines, on obtient la plus pure expression de la négation du terroir.

Lorsque je vois les producteurs de fraises s’extasier sur leur production alors que celle-ci est produite sous serre et hors-sol, j’ai du mal à comprendre où se trouve la supériorité de leur zone de production par rapport à d’autres dans des régions à salaires moins élevés.

 

Avec les mêmes plants de fraisiers, les mêmes engrais, le même polystyrène (pour servir de support aux racines) et éventuellement les mêmes serres, on peut penser pouvoir produire les mêmes fraises partout dans le monde.

 

C’est un peu ce qui guette la viticulture de demain si on laisse faire les partisans de l’irrigation et de la modification génétique.

 

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 07:31

Lorsqu’on parle de vigne en fleur, on imagine souvent le viticulteur humant ça et là les fleurs de ses vignes dans une débauche d’odeurs toutes plus agréables les unes que les autres.

La réalité est toute autre, et surtout cette année. Je reviendrai sur les fleurs de vigne dans un prochain billet.

Chaque jour qui passe voit un nouveau record de pluie. Certes, il y a toujours pire que nous, mais avec 65 mm en 2 semaines de juin, on peut dire que le mois est déjà arrosé, surtout en suivant mai, avril et mars eux aussi très humides.

Mes idées et mes propos m’amènent à rejeter tout vocabulaire martial dans les relations que j’entretiens avec mes vignes. Ce discours là, je ne le renie pas, cependant, les conditions climatiques m’amènent à tempérer mes propos tant l’année est particulière et demande à être vigilant.

Donc, si on veut prendre des références guerrières, on peut dire que sur le front du mildiou, c’est un peu la Bataille d’Angleterre. C'est-à-dire qu’il faut être mobilisé en permanence et ne pas se relâcher. De ce fait, on peut à peu près maîtriser la situation. Certes, tout n’est pas parfait, mais on tient le choc la tête haute.

 

En ce qui concerne les labours et la gestion de l’herbe, on serait plutôt dans le cas de la ligne Maginot. On attend, on est prêt mais on ne se sent pas très efficace…

 

Finalement, on verra bien ce qui se passera. On fait au mieux et c’est bien là l’essentiel.

 

Si j’ai pris des exemples guerriers c’est aussi par le fait que Jean-Michel est passionné d’histoire et que depuis 2 ou 3 ans, il s’est spécialisé dans la guerre du Pacifique. Etrange me direz-vous. Je suis d’accord avec vous mais il a l’air ravi d’approfondir ce pan de l’histoire de la seconde guerre mondiale.  Un jour, il a décidé d’améliorer son niveau en anglais en ne lisant que des livres dans cette langue. Etant passionné d’histoire, il lit des ouvrages sur des sujets que personne ne connaît ici. D’ailleurs, il doit être le seul client en France. Actuellement, il lit la biographie du présidant américain Truman ! 1000 pages !

 

Pour en revenir à nos vignes, il faut toujours viser le bon jour pour traiter, sachant qu’il pleut à peu près tous les jours.

Lors du dernier traitement, mon beau père, pourtant chauffeur confirmé de tracteur a vu son pulvérisateur basculer pendant une manœuvre.

Heureusement, avec l’aide de Jean-Michel, ils ont pu remettre l’engin sur ses roues.

 

La fleur, c’est aussi le moment du poudrage au soufre fleur.  Cette pratique ancienne rapproche les viticulteurs « classiques » de leurs homologues biodynamistes car l’action du soufre semble bien apporter une « impulsion » de chaleur si favorable durant cette phase critique du cycle de la vigne.

Nous avons mélangé soufre et talc. Ce dernier, très proche de celui des bébés, laisse les mains douces et lisses après l’avoir touché.


Nous n’avons qu’une seule poudreuse pour nos 2 types de viticulture. Il faut donc monter et démonter à chaque utilisation.

Heureusement, depuis que nous avons un gerbeur, notre vie a changé. Il n’y a plus besoin de faire des acrobaties pour monter la poudreuse sur le pulvérisateur de l’enjambeur à plus de 2 mètres de haut.

 

Jusqu’à présent, vous pouvez vous dire qu’il y a surtout du travail de conduite et que finalement ce n’est pas très compliqué. Mais à cette saison, le passage des engins dans les vignes est souvent gêné par la vigne elle-même qui pousse parfois de façon hirsute. Il faut donc relever en hâte pour casser le minimum de branches avec les tracteurs.


C’est là que tout devient compliqué.

Chez nous, les choses sont aussi plus difficiles car nous essayons de « gérer » la pousse des ceps en fonction de ce que l’on souhaite, c'est-à-dire une viticulture épurée de toute action agressive. Voyez que je reviens à ma vision pacifiée des relations homme / vigne.

Nous abordons la viticulture comme l’éducation d’un enfant. On ne peut pas laisser tout faire au pied de vigne. On lui donne des règles mais on le laisse aussi s’exprimer. Les règles, c’est par exemple l’épamprage qui évite de le laisser dégénérer vers un buisson. Par contre, on le laisse ensuite sans effeuillage ou rognage. Pour cela, il faut lui donner cette éducation indispensable à la bonne réalisation de nos objectifs.

Bref, rien n’est simple et tout est subtil, intuitif.

 

Enfin, je voudrais conclure ce billet par un clin d’œil. Nous avons pu voir passer devant la maison une centaine de 2CV en excursion. Dans le lot, il y avait bien quelques intrus, mais les 2CV étaient très largement majoritaires.

Cette voiture est tellement inscrite dans notre patrimoine culturel français, que l’on ne peut pas en voir passer une sans penser au symbole qu’elle représente. Alors quand il y en a 100…

Parfois, c’est même un peu pesant car quand les étrangers n’ont de la France que cette image un peu vieillie, on aimerait pouvoir tourner la page.


Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la faute de le 2CV qui reste une voiture sympathique. Elle me rappelle aussi que quand nous étions jeunes, Jean-Michel ne draguait avec la Dyane 6 de son père (reconvertie en Dyane 9 en inversant le 6).

 

Cela m’amène à me souvenir qu’il y a 18 ans aujourd’hui que nous sommes mariés. 18 années de mariage sur 25 années d’un amour sans faille qui nous a permis de surmonter bien des difficultés et partager ensemble la plus belle des aventures, celle de devenir parents de 2 enfants beaux, solides et intelligents (du moins quand ils sont gentils).

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 09:25

Effectivement, sûrement pour la première fois depuis la pousse active de la vigne, nous avons pu traiter sans avoir les roues chargées de boue et la menace constante de ne pas pouvoir atteindre le bout du rang.

Certes, le sol était encore particulièrement humide pour la saison et la terre collait toujours aux roues. Mais, lorsqu’on s’est habitué à bien pire, on profite à fond de tout évènement positif …ou moins négatif.

Comme toujours, dans ces cas là, on pense que le beau temps ne peut pas nous quitter et qu’il va durer jusqu’aux vendanges (incluses) avec juste les petites pluies nécessaires à la vigne au bon moment, mais pas plus.

Et bien non, les tracteurs étaient à peine refroidis que de nouveaux nuages chargés de pluies arrivaient. Le pluviomètre a encore collecté 16 mm. Il devrait faire valoir ses droits pour une retraite anticipée car il est particulièrement sollicité ces temps-ci !!

 

Une fois de plus, il a fallu regarder la pluie tomber en espérant qu’il ne s’agisse que de pluie et que les précipitations soient « normales ».

Dans les reportages télévisés, on comprend que dans notre malheur, il y a toujours bien pire. Ceux qui ont subi 300 mm en 1 heure sont en fait bien plus à plaindre que nous.

Dans une moindre mesure, Saint-Émilion a du aussi supporter dans précipitations hors normes.

Certains mettront facilement en avant le réchauffement climatique. Je ne pense pas qu’il s’agisse de la vraie raison. Un jour prochain, j’aborderai ce sujet délicat et qui génère les divagations les plus extrêmes.

Heureusement, cette fois-ci, je n’ai pas entendu parler de vignobles touchés par la grêle.

 

Les jours de pluie ont au moins un avantage. Ils permettent de recevoir des invités sans avoir à regarder sa montre (ou la vieille comtoise car je n’ai jamais de montre).

Un visiteur passionné de biodynamie avait pris rendez-vous pour voir comment nous mettons en œuvre cette technique, ou système de pensée. Comme chaque fois, la discussion a duré longtemps, très longtemps…

Notre invité a semblé satisfait de constater que notre conception de la biodynamie s’apparente avant tout à du bon sens et que les grandes tirades ésotériques n’ont rien à faire chez nous.

Pour accompagner nos propos, nous avons choisi un Petit-Champ blanc 2005 qui extériorise parfaitement les changements intervenus dans nos vins depuis notre « basculement » dans la biodynamie.

Certains diront que nos interlocuteurs sont avant tout convaincus. Mais j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de consommateurs sensibilisés à notre mode de pensée, c'est-à-dire celui qui privilégie le respect de la vie et des équilibres petits ou grands.

 

Après quelques années de pratique, on commence à ressentir les changements, dans le vin bien sûr, mais aussi et surtout dans la vigne. Effectivement, les parcelles sont différentes maintenant. Il se produit beaucoup de petits changements, des changements subtils qu’il faut apprendre à percevoir. C’est toute une éducation ou rééducation de nos sens qu’il faut pratiquer.

J’ai cependant l’impression que les messages à recevoir sont bien plus nombreux que ceux déjà perçus. En ce sens, c’est une véritable leçon d’humilité.

 

Pour en revenir à la vigne, elle résiste particulièrement bien aux conditions climatiques défavorables. La gelée de début avril ne parait plus. Les feuilles sont superbes et respirent la bonne santé. La présence de mildiou est limitée au strict minimum. En cherchant bien on finit par trouver une tache ; c’est juste pour nous montrer que quand il y en a, on est capable de les trouver, même en très faible quantité.

En étant tout à fait honnête, c’est presque inespéré car les orages et les sols détrempés nous ont contraint à quelques « impasses » dans la protection il y a quelques semaines.

Que se passera-t-il dans l’avenir ? Je n’en sais rien. Pour l’instant, je savoure la vision de ce vignoble certes humide mais qui respire la santé et la bonne humeur qu’il me la communique.

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 09:12

C’est avec grand plaisir que je viens de recevoir un négociant, nouveau pour nous, accompagné de l’un de ses acheteurs danois.

Chez nous, les visites sont avant tout des moments de vrai convivialité car maison et salle de dégustation ne font qu’un. C’est un choix personnel car nous avons notre authenticité à proposer en plus de la qualité des vins.

 

Arrivés en fin de matinée les invités se sont tout de suite sentis en confiance en découvrant leur drapeau national déployé pour eux, dans ce petit bout de bordelais loin des fastes des grands crus.

 

Après la traditionnelle visite du vignoble qui est pour nous un passage obligé et la visite des chais, nous avons commencé la dégustation des vins, confortablement installés dans les canapés du salon.

C’était un moment à la fois professionnel mais aussi familial car le client était venu en famille.

Avant chaque visite, j’ai toujours l’appréhension de la rencontre avec des personnes inconnues qui pourraient s’attendre à trouver un cru prestigieux au lieu d’un modeste domaine.

Tout le monde était très détendu et le déjeuner qui a suivi fut agréable et amical.

Le client qui avait déjà dégusté la gamme avec le négociant a redécouvert certains vins au moment du repas. Il a donc retenu une commande complète.

Ceci me ravit car je cherche avant tout à faire, non des vins de concours mais des vins à boire …si possible jusqu’à la dernière goutte.

 

Le client orienté exclusivement vers les vins biodynamiques a vu sa vie bouleversée il y a quelques années par une émission télé consacrée à la différence entre les aliments « conventionnels » et les aliments biodynamiques. Ce fut une révélation pour lui. Instantanément, il a vidé ses placards et son frigo tous les aliments jugés « nocifs » à la santé.

A la suite de cela, il a changé de vie et de métier pour se consacrer aux vins biodynamiques.

 

Les premières commandes étaient pour des vins biodynamiques …mais de piètre qualité. La distribution était du vrai bricolage.
Depuis les choses se sont améliorées ; les vins biodynamiques aussi !

 

Même si notre orientation vers le bio et la biodynamie s’est faite avant tout pour des questions de sensibilité, il faut reconnaître que pour un domaine tel que le notre, le fait de proposer des vins bio constitue malgré tout une avantage commercial de plus en plus évident au fur et à mesure que le temps passe.

 

Bien sûr, il faut avant tout que les vins soient bons et d’un bon rapport qualité-prix ; ce qui semble être le cas pour nos vins.

 

Mais étant bordelais de fait et de cœur, nous vivons avec une certaine amertume le fait que très peu de maisons de négoce locales s’intéressent à de petits châteaux comme les nôtres.

 

Notre distribution passe très rarement par la « place bordelaise ».

 

D’une certaine façon, je le comprends car vendre du Champ des Treilles nécessite avant tout de croire au projet mais aussi de faire beaucoup d’investissement de promotion pour une marque inconnue, des volumes faibles et des prix bas. Il faut donc aller chercher le client, le convaincre.

Il est beaucoup plus intéressant pour eux d’essayer d’avoir des allocations de Grands Crus qui sont des vins connus dans le monde entier, qui sont très demandés et qui ont de prix élevés donc des marges dans le même sens.

 

Mais lorsqu’on fait ce métier, on ne vend pas un produit comme un autre et le fait de résumer son activité à de simples marges est très restrictif.


De plus, rares sont les négociants qui sont capables de ressentir l’âme et la passion qu’il y a dans nos vins. Je ne parle même pas de la sensibilité bio et encore moins biodynamique car ces philosophies ne font pas (encore) partie du paysage local.

 

Bref, il faut se retrousser les manches pour promouvoir nous-mêmes nos vins. D’un autre côté, qui mieux que nous peut parler de nos vins avec autant de passion ?

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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 08:12

Dans un vignoble, il y a toujours quelque chose à faire,...du moins si on le souhaite.

On nous a appris à voir la mécanisation comme la solution à tous les problèmes. C'est peut-être vrai chez certains mais nous voyons avant tout notre métier comme une succession de gestes manuels, précis qui font la différence à la fin par rapport à une approche industrielle des choses.

Fréquemment, dans nos terres argileuses, l'eau creuse dans les sentiers des sillons qu'il convient de supprimer.


La dernière chose à faire est d'utiliser un engin de terrassement qui en supprimant l'herbe, laisse la terre nue donc très exposée au ravinement.

C'est l'herbe qui "tient" le sentier.

Quand je vois encore très souvent des "tournières" de vignes entièrement désherbées chimiquement, je ne peux pas m'empêcher de penser à la misère intellectuelle qui s'est emparée des nouvelles générations de viticulteurs.

Chez nous, la solution passe par la disposition de pierres dans les rigoles. Heureusement, la nature nous offre à profusion ces pierres dures qui se trouvent à même le sol dans les vignes et les champs.

Autrefois, elles constituaient le matériau de construction. Notre maison et nos bâtiments anciens sont uniquement réalisés avec ces moellons assemblés avec de la terre locale. Dans les forêts alentours, des trous creusés semblent être des zones d'extraction de cette argile. Je suppose que toutes les terres ne se valaient pas pour ce travail et tout comme pour la vigne, il devait y avoir des "terroirs" privilégiés pour la construction.

Il existe à  l'état naturel toutes les tailles et toutes les formes de pierres. En général elles sont directement utilisables pour constituer des murs en moellons. Il suffit de les ramasser.

De ce fait, dans le passé, les maisons ressemblaient à leur région car issues de la région elle-même. On ne voyait donc pas du style basque ou provençal ailleurs que dans ces zones.

Malheureusement  pour notre époque, malgré les contraintes légales, on peut "admirer" des choses surprenantes...

Pour en revenir à nos sentiers, il convient de choisir les "cailloux" avec attention. Les formes plates sont particulièrement adaptées; c'est une chance car il y a surtout des formes plates.

Nous utilisons un stock de pierres ramassées par mes beaux-parents il y a quelques années après une plantation.

Puis on les dispose au bon endroit, dans le sens qui convient, une par une pour combler le trou sans faire un monticule à la place. On constitue donc une sorte de dallage.

Puis, à l'aide d'une masse, on casse les moellons en morceaux plus petits afin de les marier plus finement à la terre.


A la prochaine pluie, l'eau déposera des sédiments entre les cailloux et consolidera de ce fait la zone.


L'eau est donc un outil que l'on va utiliser pour la combattre. C'est magique!

Cela reste avant tout un vrai travail de fourmis qu'il faudra renouveler dans un ou deux ans en fonction des pluies et du nombre de passage de tracteur en conditions humides.

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 08:28

On pourrait dire qu'il manque aussi le guide du routard dans la poche pour être un vrai baba-cool ; du moins selon la chanson de Renaud.

Pourtant, lorsque je vois l'herbe pousser dans les vignes sans possibilité de labourer, ni même de traiter, je me dis que les gens doivent vraiment nous prendre pour des écologistes première génération. Vous savez, ceux que l'on rencontre dans toutes les communes ou presque et qui servent d'exemple à ne pas suivre tant leurs parcelles sont sales et leurs récoltes hypothétiques.

 

 

Après le dernier traitement du week-end dernier, il a plu dès lundi et mardi. Les 21 mm associés à des températures assez basses n'ont pas permis de pouvoir repasser traiter avant la prochaine pluie du vendredi; soit 14 mm supplémentaires. Le cuivre de la dernière fois était lessivé depuis longtemps avec l'impossibilité de repasser.

Je ne parle même pas des labours…

D'une semaine à l'autre, Jean-Michel affine les réglages de ses décavaillonneuses, du moins sous le hangar. Il ne reste plus qu'à pouvoir effectuer le plein de carburant en 8 secondes et on pourra les comparer à des formule 1. Si certaines années, les tracteurs et le matériel sont sollicités en laissant l'entretien de côté, ce n'est pas cette année.

 

Au-delà de ces tracas, on touche aux limites du bio avec ces conditions difficiles. Rassurez-vous (ou ne vous réjouissez pas selon les cas) je ne suis pas en train de vous dire que la lutte chimique est la solution idéale.

Mais des épisodes pluvieux comme ceux que nous subissons depuis plusieurs semaines, et même depuis plusieurs mois, rendent les passages de tracteurs plus difficiles.

Il faut aussi garder son sang-froid et espérer un petit coup de pouce de la chance…

 

Le samedi a vu 8 nouveaux millimètres venir remplir un peu plus le pluviomètre.

 

Heureusement dimanche, c'était jour fruit, et en général il ne pleut pas les jours fruit!

Statistiquement, c'est une réalité. J'invite même les gens qui ne font pas de biodynamie à se faire leur propre expérience pour tenir compte de ces informations afin de planifier leurs passages.

Les jours fruit sans pluie sont une bénédiction pour les viticulteurs car les traitements biodynamiques spécifiques se font justement en jour fruit. C'est au moins un avantage.

 

Jean-Michel a pris la décision de traiter, ou du moins d'essayer de traiter, après avoir laissé les terres se ressuyer quelques heures. Le temps instable ne permettait pas d'attendre encore.
Dans ces cas là, il faut ranger (provisoirement) au placard les grandes idées sur le respect des sols car un passage en conditions très humides n'est jamais bon. L'essentiel est pour le moment la récolte, pour le reste on verra.

Le traitement s'est fait sans trop de dégâts. Il a fallu toute la technicité de mon beau-père, Yves, pour ne pas perdre le tracteur dans un grand talus que surplombe la vigne.

 

Une chose est sûre cependant, après la pluie, le beau temps revient toujours! Le problème est de savoir quand…

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 07:06

Avec le printemps bien installé, c'est pour nous le moment de la récolte des orties destinées aux traitements de l'année mais aussi du début de l'année prochaine. Le meilleur moment pour la récolte est en effet au début mai alors que les tiges sont suffisamment hautes pour avoir un bon rendement mais aussi avant la floraison.

Dans la mesure du possible, on choisit un jour "fleur" pour effectuer la récolte. Pourquoi un jour fleur ? Je ne le sais pas très bien. Il est supposé être le meilleur. La terre ne s'arrête pas de tourner si on ne récolte pas dans cette configuration mais le fait de refuser exprès la récolte en jour fleur serait une forme d'intégrisme aussi grave qu'une "récolte en jour fleur sinon rien".

Comme je n'ai pas l'impression de maîtriser les subtilités du vivant, je mets toutes les chances de mon côté lorsque c'est possible.

Bien qu'il existe beaucoup d'orties notamment sur les bords de la Dordogne, nous avons la chance d'en avoir des quantités phénoménales juste à côté de chez nous dans les plantations de peupliers des marais de Pontet-Canet.


Il y en a tellement qu'on pourrait alimenter tout Pauillac en orties car nos prélèvements sont insignifiants et ceux de Pontet-Canet à peine visibles.

Malheureusement, il ne semble pas y avoir d'autres candidats à l'utilisation des orties…
 

Le marais est en endroit à part. A quelques mètres des vignes et environ 200 m de notre domicile, on a l'impression d'être dans un autre monde. Il faut dire que les peupliers, maintenant âgés de 10 ans amplifient ce sentiment d'isolement car ils suppriment  l'horizon.

Dans le marais tout est vert et disproportionné. Lorsqu'on parle de forces de vie, on visualise bien de quoi il peut s'agir en regardant comment les plantes s'y développent.

 

Pour le chantier de récolte, le souci n'est pas de trouver les orties mais plutôt les endroits les plus fournis en orties "propres" c'est-à-dire sans autres végétaux.

Dans quelques semaines, le liseron des marais se sera développé et recouvrera complètement les tiges d'orties. Toute récolte sera donc impossible pour nous.

J'attrape une poignée d'orties que je coupe à la faucille. Je ne suis pas sensible à leurs piqûres sur les mains.

Par contre, c'est tout à fait le contraire dans le cas de Jean-Michel. Il est équipé de gants et de manches longues. Malgré ces précautions, il se fait piquer au niveau des poignés à l'endroit où manches et gants ne se chevauchent pas.

Les tiges sont mises dans de grands sacs jusqu'à la maison. Là, elles sont étendues sur le sol et brassées régulièrement jusqu'à leur séchage complet.

Elles sont alors de couleur très foncée et peuvent être utilisées dans les tisanes.

 

A chaque traitement, nous utilisons l'équivalent d'un kilo d'orties fraiches par ha, soit 100g d'orties séchées. Il est tout à fait possible de prendre des tiges vertes mais comme nous constituons des solutions concentrées de tisane (environ 2-3 litres par ha), il faudrait trop d'orties par rapport à la quantité d'eau. Lorsque les tiges sont sèches, elles semblent absorber l'eau au fur et à mesure qu'on les trempe dans l'eau bouillante. Nous y ajoutons d'autres plantes en fonction des besoins.

Après filtration, cette solution concentrée est ensuite diluée dans le volume d'eau nécessaire au traitement pour le nombre d'hectare, puis dynamisée.

A ce stade, la mise en œuvre est aussi facile qu'avec une boite de pesticide. La seule différence vient de l'odeur qui n'est pas la même (…ni la protection de l'utilisateur).

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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 08:21

Une fois de plus, ce nouveau pont du mois de mai n’aura été chez nous que théorique. La quantité de choses à faire ne permet pas de transiger pour s’octroyer un quelconque répit.

Jean-Michel avait beaucoup de petite mécanique ou plutôt de la maintenance sur le matériel.

Même si l’essentiel des travaux est manuel chez nous, les tracteurs comptent néanmoins toutes les heures et de temps en temps, il faut bien vidanger, graisser,…

Mais il y avait aussi le dessus de la boite à vitesse de l’enjambeur à remonter après une petite panne qui nécessitait 5 minutes de réparation pour 1 bonne heure de démontage du pulvérisateur pour accéder à la pièce à changer. Puis, remontage évidemment !

Enfin, il y avait les charrues à finir de préparer pour les labours qui n’ont pas vraiment commencé. Tout le monde est impatient de pouvoir s’y mettre enfin car l’herbe ne connaît pas de jour férié dans sa pousse.

Nous utilisons des appareils très simples et traditionnels. Nous avons une défiance pour les appareils modernes de travail du sol qui sont à la fois gourmands en énergie et très peu respectueux des sols eux-mêmes. Ce n’est pas leur faute car ils ont été conçus pour laisser la terre fine et lisse après leur passage mais en aucune façon pour participer à rendre le sol plus vivant.

 

Jean-Michel a fait quelques essais dans les vignes à 1m, mais il a du se rendre à l’évidence : le sol est encore trop humide pour un travail parfait.

Il faudra encore attendre un peu. Pour nous, le fait de nous plier aux exigences de la terre ou la vigne est un élément très fort de notre engagement dans cette viticulture du respect que nous avons choisie.

Bien-sûr, nos tracteurs peuvent travailler en conditions difficiles, mais au bout du compte, c’est le sol qui subit les conséquences de cette volonté de domination de la nature.

Sur les quelques rangs décavaillonnés, nous avons pu tirer les cavaillons, c'est-à-dire finir d’enlever à la bêche, les pieds d’herbe laissés par la charrue autour des souches.

 

J’avais aussi des commandes à préparer pour l’export. Il y avait une palette pour les USA et une autre pour le Maroc. Souvent, les gens sourient ou sont étonnés lorsque j’annonce que j’exporte au Maroc depuis des années. Mon importateur local qui est aussi producteur a bâti pour mon vin une très jolie distribution dans ce pays. C’est le plus important !

 

L’an dernier, j’ai exporté environ 80% de ma production dans différents pays. Chaque fois que je reçois une nouvelle commande, petite ou grosse, j’en suis très heureuse, mais très vite dans ma tête je fais la liste de toutes les formalités nécessaires pour exporter.

Le plus terrible est que c’est souvent au niveau même de notre pays que les choses sont les plus compliquées. J’ai le sentiment désagréable que l’on se tire une balle dans le pied.

On a l’impression d’un protectionnisme à l’envers.

J’en suis arrivée à me dire que mon vin est tellement bon que l’état ne souhaite pas le laisser partir chez d’autres. Je rêve ?

 

Il faut ajouter un traitement du vignoble à ce programme. J’ai toujours beaucoup de plaisir à préparer la tisane de plantes car l’odeur dégagée est extraordinaire. Comme souvent, j’ai une soudaine envie de bulots et autres bigorneaux. C’est principalement le fenouil et le laurier qui en sont responsables.

 

Bref, encore un week-end bien chargé. Comme de plus en plus souvent, il manquait notre fils Thomas, resté à Pauillac officiellement pour réviser. Est-ce pour le bac ou les beaux yeux de Charlotte qu’il a fait ce choix ? Mystère.

Pour Jean-Michel et moi, il faut apprendre à se passer de cette aide bien pratique et que tous les paysans connaissent.

On ne sait pas si les enfants choisiront notre métier. Il ne faut pas les influencer et les orienter contre leur volonté ce serait la meilleure façon de conduire à l’échec.

Et puis, ils ont le temps de comprendre que la viticulture est le plus beau métier du monde…

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 07:31

Comme prévu, nous avons préparé notre omelette à l'aillet du 1er mai.

Mais, cette année pour la première fois, les enfants n'étaient pas avec nous. Entrant dans une période de post adolescence, ils ont préféré occuper les 4 jours du week-end à rallonge avec leurs amis à Pauillac; en nous laissant aussi seuls avec notre travai!. Donc, pour la première fois depuis longtemps, Jean-Michel et moi étions seuls pour manger  l'omelette à l'aillet du 1er mai. Seuls, enfin pas tout à fait puisque mon beau-père, Yves de son prénom, gros mangeur devant l'éternel, passait par là lorsque l'ail a commencé à rissoler dans la poêle.  En insistant (un peu), il a accepté de partager avec nous ce petit déjeuner anti-fièvres.

Comme prévu, nous avons accompagné l'omelette d'une des dernières bouteilles de Liquoreux vieilles vignes qui nous restait. C'est fou car il suffit de ne plus avoir d'un vin en stock pour que tout le monde en veuille. Depuis que j'ai arrêté la commercialisation du millésime 2002, je n'arrête pas d'avoir des demandes pour ce vin.

 

 



Après nous avoir quittés, Yves allait finir de préparer le vin pour le repas omelette dans la salle des fêtes de Margueron. Beaucoup des participants sont des viticulteurs actifs ou retraités mais les vins servis sont rarement à classer parmi des monuments de l'œnologie. Mais en fait, ce n'est pas le plus important.

Pour une commune comptant environ 400 habitants, il y avait quand même 112 inscrits à l'omelette. Ce n'est pas mal, même si les repas de chasse rassemblent souvent pratiquement 200 convives!

Pour Yves, le repas commencé à midi a du se terminer vers 18 heures car il est arrivé chez nous vers 18 heures 30 pour nous dire qu'il "était obligé d'y retourner pour finir les restes". Quelle endurance!!! Lorsque je le vois de profil, j'ai l'impression que son ventre est sur le point d'exploser!


En ce qui nous concerne, Jean-Michel et moi, protégés des fièvres après l'omelette, sommes allés travailler dans la vigne une grande partie de la journée.

En fin d'après midi, Jean-Michel a entrepris la réparation de l'enjambeur dont une chaîne de transmission aux roues était cassée. Très chères chaînes dont le prix atteint des sommets : 700 € HT pour les deux roues. C'est cher, très cher.

Ayant redouté cette opération, j'ai été réconforté par la tournure positive des évènements. Jean-Michel s'en est sorti brillamment alors qu'il ne l'avait jamais fait. Comme souvent dans ces cas là, j'avais le rôle d'assistante.

Après tant d'années passées à ses côtés, je reste admirative devant l'adresse de mon mari. Son grand-père disait qu'il aurait pu faire tous les métiers (et qu'il avait choisi le pire). Au moins pour la première partie de la phrase, je suis totalement d'accord.

Il est un vigneron doté d'une grande intelligence sensible mais il aussi inventif et très adroit de ses mains. J'ai toujours beaucoup d'admiration pour lui et cela depuis la terminale au Lycée de Sainte-Foy !!!

Dans une autre vie, il aurait aimé être ébéniste, c'est dire.


Bref, grâce à lui, l'enjambeur a pu reprendre du service.

Les seuls bénéficiaires du retard pris pour les labours sont les animaux qui profitent de la vie dans nos vignes sans pesticide.

Les lièvres peuvent conserver leurs gîtes au pied des ceps entre deux touffes d'herbe (photo ci-dessous). Les chevreuils eux aussi y trouvent de la nourriture saine, à commencer par les boutons de roses supposés embellir les bouts des rangs.

J'ai aussi remarqué que les fleurs des quelques pieds de pissenlits sont mangées. Il reste la tige nue.

Il faut croire que cette fleur est aussi bonne pour le lièvre qu'elle l'est en tisane pour la vigne. Les animaux pourraient nous donner des leçons  sur beaucoup de choses!

Heureusement, nous avons pu faire à peu près tout ce que nous avions prévu pour les quatre jours du week-end. Les piquets sont distribués et enfoncés, le travail du sol a enfin pu commencer...

Nos tracteurs n'ont pas chômé eux non-plus ; Jean-Michel avec l'un, moi avec l'autre. Dans ce domaine, le gros du travail reste encore devant nous. C'est la prochaine étape.

Le premier traitement de la saison a lui-aussi été réalisé. Pour faire suite à l'un de mes commentaires précédents, j'ai pris en photo la lessiveuse qui sert à la préparation des tisanes. Après macération, le jus est filtré dans un tamis. Ce dernier connait deux vies dans une année. L'été, il est utilisé pour les tisanes et pendant les vinifications, il recueille les grains de raisins échappés des cuves pendant les remontages. C'est un des avantages du bio; la tisane pourrait tout aussi bien être administrée à un humain. Elle contient de l'ortie, bien-sûr mais aussi de l'osier, du fenouil, du laurier,... C'est un peu comme le pastis, il ne faut pas tout dévoiler!

 

Autour de nous, tous les paysans ont eux aussi profité du beau temps pour aller dans leurs parcelles de vigne, de prés ou de céréales. L'agriculture ne connait pas de jours fériés. C'est le travail et le temps qui commandent. Les gens de la terre ne s'en plaignent jamais.

Même si les journées sont souvent longues, on ne s'ennuie pas dans nos vignes. Au-delà des animaux, il y a toutes les plantes. J'ai pris quelques clichés pour un prochain billet (il y en a tellement que ce serait trop long).

Lorsqu'on a la chance de pouvoir labourer la terre, l'odeur reconnaissable entre toutes, nous donne un message d'espoir. Tout amateur de vin devrait au moins une fois dans sa vie suivre la charrue qui laboure une parcelle de vigne. Il se transmet des sensations qui ne se décrivent pas. Et puis, la vie est partout. Des dizaines, des centaines d'insectes différents qui participent au grand cycle de leur espèce mais aussi à l'équilibre de la parcelle.

Du moins, c'est valable chez nous, îlot isolé dans une situation moins favorable. Ainsi, depuis mon tracteur, je voyais un voisin finir de préparer ses terres pour un semis. Derrière lui, aucun oiseau pour profiter des insectes et autres vers mis à jour par la charrue. La raison ? Cela fait longtemps qu'il n'y a plus rien dans ce sol là. Je mentirai en disant qu'il n'y avait pas d'oiseau. En fait, un moment après le passage du tracteur, il y avait un corbeau noir, comme un présage de l'état de la nature à cet endroit...

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 07:21

Il y a des jours où on pense que tout peut bien se passer.

Samedi matin, de bonne heure (9h 30), rendez-vous avec des fous de vin qui souhaitaient nous rencontrer et déguster les vins.

Bien évidement, dans ces cas là, il faut être levé suffisamment avant pour ne pas apparaître en pyjama devant les invités…

J’ai pensé préparer du pain perdu pour accompagner le café. Même avec de la volonté, une dégustation si tôt est toujours moins appréciée qu’un petit noir.

Dés leur arrivée, le décor est planté. On commence à parler biodynamie, culture respectueuse de la vie,…Bref, on ouvre notre cœur. Après plus d’une heure de discussion, on se décide enfin d’aller faire un tour des vignes. Entre temps, les enfants, qui ont été sommés de déjeuner tôt (invités oblige…), sont repartis au lit et dorment à poing fermés.

Le tour des vignes est  l’occasion de discussion « in situ » sur notre viticulture.

De retour à la maison, c’est la visite du garage pour parler de la façon dont nous traitons les vignes concrètement en bio et biodynamie. Souvent, les gens n’en connaissent au mieux que la partie théorique, mais ils n’ont aucune idée de la mise en œuvre pratique de la biodynamie.

La visite des chais est aussi l’occasion de longs échanges. Les chandeliers à bougies du chai à barriques de rouges font une fois de plus sensation. Il faut dire que ce n’est pas courant de voir de vraies bougies éclairer une pièce en ce début de 21ème siècle. La question incontournable est qui a allumé les bougies, et quand. Mystère… Sûrement des forces de vie chargées du feu des 4 éléments !...

Enfin, retour dans la maison pour une dégustation complète de la gamme. Une nouvelle occasion de refaire la viticulture.

L’heure tourne dans le cadran de notre vieille comtoise. On propose à nos invités de partager un déjeuner improvisé (ou presque) afin de pouvoir poursuivre en toute sérénité une discussion passionnante dans laquelle vigne et vin sont les points centraux ; comme c’est original.

Enfin, vers 16h, on estime qu’il est raisonnable de se quitter, même si on ne s’est pas tout dit.

 

Le vrai week-end peut alors commencer ; celui du travail dans les vignes.

Pendant que je range la maison, Jean-Michel coupe les racines à des plants afin d’être prêt le lendemain. Il installe les griffes sur l’enjambeur pour la vigne à 1 mètre dans laquelle les herbes ont bien profité des pluies. Encore 1 semaine et on ne pourra plus intervenir.

Avec la débroussailleuse à fils, j’en profite pour aller lui préparer un peu le travail en coupant les grosses touffes d’une plante envahissante qui est semble-t-il une luzerne et qui connaît des croissances exponentielles. Mon beau-père l’appelle du « trifoulé ». Si on ne la détruit pas avant le passage des charrues, elle submerge littéralement les souches et rend tout travail du sol impossible tant elle est enchevêtrée dans les fils et les souches.

 

Enfin, arrive le dimanche. La journée est belle. La complantation est un jeu d’enfant. On peut enfin marcher dans les vignes en chaussures. C’est la saison mais cette année, cela semble être un luxe.

Même les enfants sont de bonne humeur, afférés qu’ils sont dans les rangs.


Encore un week-end et la complantation sera achevée pour l’année. Ouf !!!

 









Jean-Michel s’essaye au griffage avec l’enjambeur. Comme il s’agit du premier travail du sol de l’année, j’en profite pour aller suivre le tracteur et sentir cette odeur si envoûtante de la terre que l’on retourne. C’est toujours un moment magique pour moi. J’y perçois toute la symbolique qui est attachée au retournement de la terre.

 

Malheureusement, après une heure de travail, nous voyons arriver Jean-Michel sans son tracteur. Une grosse pierre enfouie a littéralement calé le tracteur et a engendré la casse d’une chaîne de transmission à la roue gauche. Les enjambeurs sont des engins puissants mais aussi fragiles.

 

L’analyse des symptômes lui a permis d’avoir le bon diagnostic. Il a pu sortir l’engin de la vigne mais n’a pas été capable de le ramener à la maison. Son père a donc dû aller à sa rescousse avec l’autre tracteur.

Dans ces cas là, il faut démonter pour pouvoir réparer. Heureusement, Jean-Michel est adroit de ses mains.

Il avait visé juste et c’était bien une énorme chaîne qui avait cédé. Maintenant, il  faut réparer.

 













C’est la vie du paysan. Faire des projets, mais être soumis aux aléas de la météo souvent, de la mécanique parfois et donc voir ses prévisions rarement se réaliser comme on l’avait souhaité.

Cette fois-ci, la fin de la parcelle restera jusqu’à la réparation de cette maudite chaîne et son remontage.

 

C’est vrai que sans cette panne malvenue, le week-end aurait pu être parfait : des visiteurs sympathiques qui semblent partager le même idéal de viticulture que nous, un beau soleil dans les vignes qui revivent après les épisodes de gel et de pluies, la possibilité de commencer les labours, et surtout une famille en bonne santé réunie dans les vignes.

 

Cependant, on a connu péripéties plus graves que cette maudite chaîne. On devrait pouvoir surmonter l’épreuve sans trop de difficultés,…surtout moi qui ne ferait que regarder Jean-Michel réparer…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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