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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 14:36

Pour la deuxième fois en deux semaines, nous avons arrosé les jeunes plants mis en terre cette année en remplacement de pieds morts.


Quelle année étrange ! Après les trombes  d’eau, nous voici maintenant avec des sols assez secs en surface pour menacer la survie des jeunes ceps.

 

C’est plutôt bon signe pour la qualité du vin à venir car après un excès de pousse, la vigne semble revenir à une raison tout à fait souhaitable. L’arrêt de végétation est maintenant en vue.

 

L’arrosage des complants de la semaine dernière a permis de passer sans encombre la période de températures extrêmes que nous avons vécue. Avec plus de 35°C sous abri, il devait faire bien chaud pour nos petits plants au ras du sol !

La météo prévoyant encore des températures chaudes, nous avons préféré reprendre les tuyaux et le pulvérisateur pour un nouvel arrosage.

 

C’est dans ces moments là, simples et besogneux qu’on se rend compte de la dévotion qu’il faut pour amener un petit plant tout frêle  à l’âge adulte. Il en faut des gestes et des gestes d’attention et presque d’affection répétés sur des années.

 

Même si nos relations avec lui changent lorsqu’il devient plus fort et chargé de raisin, on lui donne toujours autant de soin et d’amour.

 

On est là très proche du dévouement maternel. Un exemple de plus nous montrant que la vigne est autre chose que du végétal. On se comporte avec elle comme si elle était un animal qu’on aime et qu’on dorlote.

Et en plus, elle semble aimer ça !

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 15:10

Cette année qui a connu des cumuls de précipitations important au printemps nous donne des vignes dans lesquelles l’herbe pousse abondamment cette année.

 

Evidemment, on est habitué à voir de l’herbe dans nos rangs. On est bien loin du standard esthétique de mon beau père où une vigne « bien travaillée » est une vigne propre, bien désherbée (chimiquement) sous le rang. Il faut ajouter au tableau  un rognage au carré sans rien qui dépasse, avec un rang tondu très ras et un rang passé à la herse rotative (engin idiot qui déstructure les sols en surface mais les laisse lisses tout en consommant énormément d’énergie).

 

Donc, nous on est loin de tout ça. Mais, il y a des zones où nous avons remplacé au printemps les pieds manquants par de jeunes plants. Et là, par endroit, les jeunes ceps accusaient un peu le coup de la concurrence avec l’herbe.


Il a donc fallu ressortir la décavaillonneuse pour supprimer cette herbe envahissante. C’est la première fois depuis des années que nous devons effectuer une telle opération.

 deca1.jpg

 

deca2.jpg

C’est le petit tracteur à chenilles qui a été sollicité pour cette mission.

 

Après avoir tout essayé, la décavaillonneuse s’avère être l’outil le plus performant pour la maitrise de l’herbe sous le rang. Elle prend le sol et le retourne, mettant de ce fait les racines de l’herbe en l’air ; meilleure solution pour la voir sécher.

 

Heureusement pour nous et pour la cuve à carburant, on n’aura pas besoin de faire tout le domaine de cette façon.

 

On ne va donc pas concourir pour la vigne la mieux travaillée.

Dommage, mais je pense qu’on n’avait aucune chance

 

 

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 08:08

Semaine après semaine, nous améliorons notre connaissance des abeilles et nous affinons notre sensibilité vis-à-vis de ces insectes si particuliers.

 

Nos ruches sont des nouveaux amis dont on découvre les facettes au fur et à mesure qu’on les côtoie.

Leurs vies antérieures sont toujours présentes par l’étendue du couvain ou des réserves qu’elles possèdent.

Et comme chaque enfant a sa propre personnalité, chaque ruche a sa propre identité ; bien différente de la voisine.

 

Je ne sais pas si l’on peut dire qu’on a commencé dans une mauvaise année car effectivement les conditions météorologiques ont été mauvaises y compris pour les abeilles.

Mais d’un autre côté, les périodes trop favorables ne sont pas les meilleures pour apprendre. Ce n’est que sous la pression qu’on peut aller chercher plus loin.

 

On leur a donné un lieu de vie respectueux de leur besoins physiologiques pour une meilleure santé. Mais comme les enfants sont toujours attirés par les bonbons ; même si ceux-ci sont mauvais pour les dents, les abeilles ne peuvent pas résister au tournesol du voisin !

 ABEILLE TOURNESOL

  ABEILLE TOURNESOL2

TOURNESOLS

Il faut éviter au maximum des nourritures non diversifiées qui affaiblissent les abeilles et les rendent vulnérables aux maladies. Une fois de plus, les jachères fleuries sont une ineptie environnementale…

 

De plus, le tournesol ne donne pas un grand miel. Mais au moins comme il est là en plus des fleurs naturelles de nos prairies, il fournit une source de nourriture importante capable de revigorer des colonies.

C’est plutôt une bonne chose pour l’une d’entre-elles qui s’est toujours montrée plus faible que l’autre depuis qu’on les a reçues.

 

Une chose est sûre, nos abeilles sont très gentilles. Lorsqu’on ouvre les ruches, on pourrait très bien ne pas porter de vêtements de protection.

 RUCHE-copie-2.jpg

Nous apprenons beaucoup à leur contact. C’est un prolongement « animal » de notre engagement biodynamique surtout tourné vers le végétal à travers la vigne et les champignons pathogènes qui lui tournent autour.

 

La vie est effectivement un tout qu’il faut envisager dans sa globalité.

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 08:26

 Il y a quelques jours, nous avons reçu la visite d’un groupe de motards issu du monde du vin et pour beaucoup des amis de longue date. En d’autres termes, des amis motards du vin.

 

C’était la première fois que la cour se remplissait de motos de toutes tailles et de toutes marques.

motos-copie-1.jpg

 

 

En balade dans la région pour le week-end, ils avaient pensé à venir chez nous ; histoire de faire un petit tour des vignes et voir ou revoir quelle était la réalité de notre viticulture à part et de nos vins.

 

Heureusement, la journée était belle et chaude et la balade dans les vignes fut un vrai moment de plaisir. Pour une fois au Champ des Treilles, c’est Jean-Michel qui a donné les explications.

La biodynamie plait ou ne plait pas mais dans tous les cas, elle interpelle.

 

J’en ai profité pour trainer derrière avec Catherine et Béatrice (entre autres) car  je les vois malheureusement trop peu. Nous avons refait un tour complet de nos vies et de nos enfants qui sont maintenant aux portes de l’âge adulte.


Après, la dégustation des vins de la maison, ils ont repris la route du Médoc dans un vacarme assourdissant.

 

Je n’ai jamais eu d’affinité avec la moto mais récemment je me suis surprise à en rêver après une proposition d’autres amis pour une traversée des Etats-Unis en Harley-Davidson. Heureusement, Jean-Michel possède le permis moto et certains des bolides du jour ont fait naitre en lui un peu d’envie, particulièrement la moto de Rémi :

 

  moto-remi.jpg

 

Finalement, la venue de ce groupe n’était peut-être qu’un avant goût de cette prochaine expérience sur la route 66…

S’il n’y avait pas les rêves…

 

 

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 14:19

 foin

En voyant la profusion des bottes de foin dans les prés, je ne peux pas m’empêcher de penser au vieil adage paysan qui dit « année de foin, année de rien ». Cela signifie que si l’herbe pousse beaucoup, c’est que le temps est humide. Et le temps humide, ce n’est pas bon pour les autres cultures la vigne en particulier.

 

On tente donc de donner tord à ce vieux dicton. Pour l’instant, on ne peut pas se plaindre car la vigne est magnifique ; sûrement plus belle que l’an dernier, où la sécheresse l’avait quand même stressée.

La récolte est belle sans être trop abondante ; juste ce qu’il faut et pas plus. Certains des ceps gelés au printemps ne s’en sont pas remis. Mais pour les autres, on ne peut qu’avoir de l’émotion en voyant ses grappes belles et aérées.

 

Cependant, les pluies on entrainé une pousse active des branches dans une année plutôt en retard sur la moyenne. Bilan : il aura fallu faire plus que l’habitude en moins de temps, donc disposer de plus de main d’œuvre que d’habitude.

 

En se promenant dans la campagne, on peut même voir ceux qui ont baissé les bras ou qui ne peuvent financièrement pas faire face. Dans ce genre de situations, plus les jours passent et plus la situation devient inextricable car la vigne continue de pousser et les moyens nécessaires augmentent de façon exponentielle. Et quand ce n’était pas possible avant, cela le devient encore moins ensuite. Et le cercle vicieux continue.

 

Heureusement, chez nous on gère au mieux en faisant en sorte de ne pas être pris de court sans  non plus mettre les moyens d’un premier cru.

 

Toutes les vignes sont relevées et pratiquement présentables. Il faudra pourtant passer faire un épamprage supplémentaire, un de plus dans cette année poussante.

Les gourmands n’ont pas manqué de pousser, repousser et repousser encore.

pampre.jpg
Chez nous, il n’y a pas de vendange verte ou d’effeuillages ; marques d’une erreur de raisonnement et d’un manque de respect vis-à-vis de la vigne. On est dans l’ « équilibre naturel » mais «  naturellement » !

 

Cet épamprage est donc la dernière étape avant le calme de la fin de saison.

Mon sentiment est donc un mélange de fierté et de satisfaction de voir la période de tension s’éloigner.

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 09:31

 

C’est avec un sentiment de fierté et d’émotion que je regarde mes pieds de vignes en ce moment. Ils sont tout simplement beaux et pleins de promesses.

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Difficile de faire un choix entre tous.

 

 juillet1.jpg 

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Même les jeunes plants mis en terre à une époque pluvieuse et incertaine ont décidés d’être beaux et eux-aussi pleins de promesses pour les années futures.

 

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Enfin, touche de couleur, les rosiers en bout de rang nous gratifient de leurs odeurs et de leur beauté.

 juillet5.jpg

 

 

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Et ce n’est pas la sauterelle qui s’en plaindra…

 juillet7.jpg

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 10:22

Décidemment, cette saison 2012 sera bien particulière. Après un mois d’avril particulièrement pluvieux, le beau temps n’arrive pas à s’installer durablement. La pluie revient inévitablement se joindre à la partie ; nous obligeant à revoir nos calendriers de travaux et changer nos stratégies.

 

Heureusement, pour le moment, rien de particulier sur le front du mildiou.

La vigne est belle.


D’un cépage à l’autre (on en a 7 sur le domaine), la floraison en est à des stades différents.

Chacun dans sa parcelle suit son propre rythme sans que nous le bousculions.

Comme toujours, on n’est pas « contre » mais « pour » la vigne.

 

Cela dit, si le soleil pouvait revenir, ce ne serait que mieux pour elle et pour nous…

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 08:33

Depuis plus d’une semaine, c’est la floraison dans notre vignoble. Les odeurs de fleur de vigne ont envahi l’ambiance et je me délecte de les sentir.

 

Pendant plusieurs années, nous nous sommes servis des différences subtiles qui existent dans ces odeurs d’un terroir à l’autre. L’intensité et la qualité aromatiques sont en relation directe avec la qualité du terroir. Ainsi, on peut comprendre l’endroit sans avoir à vinifier le raisin.

 

Cela nous a donné des opportunités incroyables pour améliorer la connaissance de notre vignoble.

 

Maintenant, on est passé à d’autres critères de compréhension, plus subtils encore mais tout aussi efficaces.

 

La floraison reste une étape clé dans le cycle annuel de la vigne. C’est l’équivalent chez l’homme du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Il faut que la transition soit faite dans de bonnes conditions ; sous peine d’en payer le prix fort jusqu’à la fin.

 

Dans notre viticulture de respect, c’est par l’accompagnement et non par la contrainte ou l’agression que l’on va aider la vigne dans ces moments forts. Ainsi, « produits pour améliorer la floraison » et rogneuses sont bannis de chez nous.

 

Des plantes choisies spécifiquement en fonction du moment et des caractéristiques du millésime, sont donc une aide précieuse.

 

Pour le reste et tout en étant avec elle, on laisse la vigne passer à son âge adulte avec ses propres atouts et sa propre sensibilité.

 

C’est le rôle d’un parent qui aime ses enfants sincèrement et profondément !

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 10:14

 

Il y a des jours comme ça, où on se demande pourquoi on s’est levé…

 

Vendredi dernier, Jean-Michel avait pris une journée de « congé » pour terminer son décavaillonnage des vignes à 1 mètre.

 

On avait aussi fait coïncider le traitement des vignes ce jour là.

La journée a commencé de très bonne heure avec le soleil qui se levait.


A peine parti avec le pulvérisateur, le tracteur est revenu avec un problème de manette de gaz sur le tracteur neuf. Première intervention pour resserrer le boulon récalcitrant.

 

Puis, un moment après, nouveau retour pour une tuyère du pulvérisateur détachée de son châssis. Nouvelle intervention pour refixer le tuyau en plastique.


Enfin, la cuve du pulvérisateur a pu être enfin vidée mais on était déjà en début d’après-midi.

 

Après un rapide repas, nouveau départ du tracteur pour finir l’hectare encore à traiter.

 

Une demi-heure plus tard, c’était carrément un retournement du pulvérisateur dans un rang !

 

Le sol rendu instable avec la terre remuée par les charrues, une cuve de pulvérisateur presque vide, un dévers particulièrement prononcé à cet endroit,…Une somme de détails qui, mis ensemble au même moment ont engendré l’accident.

 

Dans ces cas là, on se demande d’abord comment remettre l’appareil sur ses roues tout en agissant en sécurité pour ne pas rajouter un drame humain à un accident matériel.

 

Heureusement, Jean-Michel finissait son décavaillonnage et il a donc trouvé une nouvelle occupation : « dépanneur de pulvérisateur retourné ».

 

J’ai été obligée de lui laisser temporairement mon petit tracteur à chenilles qui me servait à griffer.

Grâce à cela et en moins d’une heure, le tracteur et le pulvérisateur endommagé étaient de retour à la maison.

 

Bilan, 3 tuyères d’air brisées et les fils des électrovannes arrachées. A postériori, je me dis que pour illustrer mon propos, j’aurais très bien pu prendre une photo. Mais voilà, dans la précipitation je n’y ai pas pensé.

 

Une fois de plus, « Mac Gyver » Jean-Michel a réparé un après l’autre tous les tuyaux d’air, en partie avec des portions intactes de tuyaux cassés.

Puis est venu le temps de l’électricité : retrouver la bonne place dans un raccord multiple pour tous les fils arrachés. Pour cela, il faut tester, réfléchir, essayer et finaliser le branchement.

 

Ainsi, le pulvérisateur a enfin pu repartir et terminer son travail commencé bien plus tôt.

 

N’étant pas issue d’une famille de bricoleurs, j’ai progressivement pris l’habitude de vivre avec un mari qui sait tout faire ou presque.

Maintenant, je finis par penser que c’est normal de savoir tout faire !

 

Après de telles journées, on se demande toujours si les choses auraient été différentes si on avait décidé de traiter le samedi au lieu du vendredi.

 

Grande question et pas de réponse…

 

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 16:45

Hier, c’était le jour du contrôle Ecocert pour la certification bio de mes vignes.

 

Il sera suivi en fin de campagne d’un inventaire complet des traitements réalisés, avec présentation du programme complet de traitements, des factures d’achat des produits, du comptage des stocks en fin de campagne ; le stock de début de campagne correspondant à celui de la fin de campagne précédente.

 

Cette fois-ci, il s’agissait surtout de faire le tour des vignes pour confirmer que nos pratiques correspondent bien au cahier des charges de la viticulture bio.

 

Si j’étais toujours inquiète avant un examen pendant mes études (même si j’étais une élève appliquée), je ne suis jamais angoissée lors du contrôle Ecocert, car je sais que nous respectons intégralement mes critères requis.

 

Mon contrôleur étant une contrôleuse qui vient depuis des années, sa venue est l’occasion de faire un tour du vignoble à pied en se mettant au courant des nouvelles du petit monde du bio et de la viticulture en particulier.

 

Cerise sur le gâteau le soleil était présent ; ce qui ne gâchait rien en cette fin mai.

 

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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