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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 18:27

 Les soutirages des cuves de rouge se sont échelonnés sur plusieurs semaines pour suivre l’évolution des fermentations malolactiques. Ce week-end, il ne restait plus qu’une petite cuve de Cabernet Franc. Les choses furent donc vite entendues pour elle.

 

Puis, vint le tour des lots de blanc. Ils ont été réunis pour la première fois afin de constituer le futur Vin Passion. Les bonnes odeurs de vin blanc ont de nouveau envahi le cuvier. Le vin a été séparé de ses lies et attend maintenant sagement la fin de l’hiver pour la mise en bouteilles. Ainsi, il gardera son caractère tendu, sa verticalité et surtout la franchise vis-à-vis du terroir qui l’a engendré.

 

La naissance d’un vin est toujours un moment important et presque magique. Chaque cépage apporte ses qualités. Il donne ses forces au vin mais il estompe ses faiblesses. Du mariage de chacun, nait cette harmonie qui finalement nous parait si évidente.

 

Pourtant, en y réfléchissant bien, on peut se dire que c’est presque miraculeux car les lois qui régissent l’assemblage ne répondent à aucune des logiques de la nature.

 

Par exemple, si on dilue de l’eau sucrée, on obtient un liquide moins sucré qu’avant.

En assemblage de vins, un lot peut transmettre à la totalité sa qualité alors qu’il ne représente que quelques pourcents du total.

 

Dans le Vin Passion, 1/3 de Sémillon suffit pour donner la presque totalité du gras de l’assemblage. La Muscadelle se charge des notes fleuries et surtout la vieille rose. Enfin, le Sauvignon offre sa tension au vin. Chacun revisite le terroir à sa façon.

Magique et très bon.

 

Tellement bon que le verre se retend facilement pour être de nouveau rempli…

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 09:04

Titre peut-être un peu présomptueux pour dire que nous avons maintenant deux ruches et que nous sommes des producteurs de miel (en puissance).

 

De tous temps, Jean-Michel a admiré le monde des abeilles et  il rêvé depuis de nombreuses années de posséder des ruches. J’ai donc moi aussi été amenée à m’y intéresser au début par procuration puis plus « affectivement ».

C’est surtout par manque des clés pour accéder à ce monde là que les choses n’ont pas bougé. C’est sûrement aussi par le fait que le domaine accaparait toute notre énergie physique, intellectuelle et financière pendant les premières années de cette aventure.

 

Donc, par un heureux concours de circonstances, nous avons pu trouver deux ruches. Elles sont maintenant chez nous…et tout commence !

 

L’apiculture est une évolution logique de l’agriculteur biodynamique. C’est aussi un challenge pour nous de concevoir la vie de ces insectes dans cette vision biodynamique.

 

Evidemment je suis totalement hostile à la présence d’abeilles uniquement envisagée comme alibi à l’utilisation des pesticides dans une vision de l’agriculture « raisonnée » ou « durable » mais surtout poudre aux yeux. On montre les gentilles abeilles aux gens et pendant ce temps, on pulvérise les pesticides à tours de bras.

 

Pour le moment, les deux ruches sont dans un lieu provisoire pour l’hiver avant de rejoindre vraiment leur futur port d’attache au printemps.

 

Il faudra mettre à profit les mois à venir plus calmes pour gagner en compétence dans ce domaine fascinant mais si particulier.

 

Que les aficionados des vins du domaine se rassurent, il y a encore du chemin à parcourir avant que le Champ des Treilles deviennent le Champ des Ruches !

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 13:19

 C’est fait, la dernière cuve a terminé sa fermentation malolactique. On a donc totalement terminé la phase de vinification. Fini le clapotis discret de l’eau qui coule dans les tuyaux et de la pompe de circulation de la maitrise des températures. Pour une raison ou pour une autre, il y a pratiquement 3 mois qu’on a tourné le bouton qui mettait cette pompe en fonctionnement. 3 mois dans une année, ce n’est pas rien.

Cette période de pré-vendange semble être à la fois proche et loin à la fois. Pourtant, en regardant dehors, on comprend très vite qu’on n’est plus en été…

 

Les vins sont séparés de leurs lies quelques jours après la fin de cette fermentation. Il y a bien longtemps que j’ai arrêté toute fermentation malolactique en barrique. A l’époque, Jean-Michel et moi étions jeunes et sûrement plus sensibles aux modes et aussi en recherche de notre route.

 

Mais si on élargit un peu la perspective, on peut se demander ce qu’il reste, une décennie après des modes d’élevage sur lies pour les rouges avec bâtonnage et éventuellement micro-oxygénation. Aucun vin n’a changé de statut par cette technique (ou une autre d’ailleurs). Au pire, certains y auront gagné quelques défauts…

 

Je n’ai jamais fait tout cela et ce n’est pas maintenant que je m’y aventurerais dans la mesure où j’éprouve un sentiment de rejet épidermique de ces techniques qui, au mieux, ne font que gommer le terroir.

 

Pour les blancs aussi, j’ai ressenti très vite le besoin de retirer les lies assez tôt du contact avec les vins et de ne surtout pas les remettre en suspension. J’ai vu grandir en moi la volonté de conserver un lien fort au terroir et en restituant dans les vins ce caractère tendu que j’adore.

 

Plus le temps passe, plus je trouve que mes vins ressemblent à leur terroir dans une expression épurée. Mais ils portent aussi en eux une partie de mon âme.

 

Ils ont besoin de moi pour naître et les guider, j’ai besoin d’eux pour exister.

Une vraie symbiose…

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 20:16

 Avec premières fermentations malolactiques terminées, nous avons pu commencer les soutirages des vins rouges.

Dans ce cas, la vinification est donc terminée et on est entré dans l’élevage ; une page se tourne.

Il y avait donc quelques semaines que le cuvier n’avait pas connu une telle activité.

Heureusement, le travail de chai, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.


J’aime beaucoup travailler dans le chai car hors vendanges, Jean-Michel est avec moi. Comme c’est quelqu’un de bien, il va tout naturellement au devant des travaux les plus lourds et me laisse les tâches physiquement les plus légères. La moindre panne est diagnostiquée et souvent réparée dans l’instant. Un vrai rêve !
Ensemble, nous faisons bonne équipe.

 

Mais cette fois-ci, nous avons introduit, à titre d’essai un nouvel appareil dans le chai : une monobrosse pour nettoyer les sols.

Moi qui suis très regardante, pour ne pas dire critique sur la propreté des chais que je peux visiter, je dois dire que là, ma fierté en a pris un coup.

Cet engin extraordinaire a décollé de la crasse bien ancrée dans le sol depuis des années alors que tout semblait propre.

 

J’ai donc décidé d’acheter une monobrosse dès cette semaine. Donc, j’aurai bientôt tout le loisir de nettoyer mes sols au lieu d’attendre pendant que la pompe tourne.

 

Et là, on verra bien qui a les plus beaux sols…

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 18:42

 Avec le temps automnal voire même hivernal qui s’installe sur la région, on semble tomber dans une sorte de calme bien particulier.


Dans les chais, on est donc entré dans une sorte de routine de surveillance des cuves qui l’une après l’autre, font leur fermentation malolactique.

 

Dans la vigne, la taille pointe le bout de son nez ou de son sécateur.


La routine quoi…

 

Mais la routine pour Champ des Treilles, c’est aussi un nouveau prélèvement Qualibordeaux de contrôle gustatif et analytique de mes vins de la dernière mise en bouteille ; anciennement appelé l’agrément.


Mon propos est un peu amer car il avait été dit qu’on aurait en moyenne un prélèvement tous les 5 ans. La réalité est toute différente car pour le moment, j’en suis à un prélèvement par mise.

 

Je suppose que tous les producteurs n’ont pas ce régime draconien de contrôle. J’ai beaucoup de chance.

 

Il est logique d’avoir des règles et des contrôles mais comme souvent, c’est celui qui travaille avec honnêteté et conscience qui se trouve suspecté.

 

Pendant ce temps, les mauvais et les truqueurs peuvent continuer à passer à travers les mailles d’un filet à perméabilité sélective.

 

Plus le temps passe, plus je me dis qu’un jour je laisserai tomber le système de l’AOC car je crois maintenant surtout à la réussite individuelle.

 

Avec l’action collective il faut attendre ou tracter ceux qui ne veulent pas avancer et on finit par caler son pas à celui du plus lent.

 

Si c’était différent, on verrait les caves coopératives s’imposer comme des leaders dans la qualité. Or…

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 13:52

Dans les chais, le calme est revenu.

 

Les blancs ont maintenant terminé leur fermentation alcoolique et c’est l’heure de l’élevage.

Chez nous, il n’y a rien de spécial. On laisse juste le vin évoluer en fonction de ce qu’il est et de ce qu’il nous suggère.

Sans lui dire, il nous tarde quand même que le Vin Passion soit en bouteilles car la demande est grande du côté des amateurs de ce vin si attachant.

 

Les vins rouges sont maintenus à la température suffisante pour enclencher la fermentation malolactique. Déjà, les premiers lots ont commencé cette nécessaire transformation. Les autres suivront ; quand ils le voudront bien.

 

Les dégustations que nous ne manquons pas de réaliser nous rendent très optimistes sur la qualité. Sans verser dans un excès de confiance, on peut dire que 2011 semble être le vin le plus abouti que nous avons réalisé depuis le début de notre aventure.

 

La volonté de pureté dans les actions conduites au vignoble et au chai (c'est-à-dire la suppression de tous les gestes inutiles et le retour à l’essentiel) montre bien une fois de plus que beaucoup des travaux entrepris ne sont souvent que des constats d’échec destinés à réparer maladroitement une erreur précédente ; et ainsi de suite.

 

Chacun appréciera l’impact qu’a pu avoir la biodynamie sur ce résultat.

 

Pour nous, les choses sont claires et c’est toute notre vie qui a été bouleversée par cette évolution.



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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 14:15

Les premiers froids de l’année sont arrivés sur la campagne. Les parties les plus basses du vignoble ont donc vu leurs feuilles brunir.

 

Heureusement, les feuilles étaient déjà d’un beau jaune pâle rassurant.

Chez nous, les vignes sont accompagnées dans la sérénité vers cette mort programmée. Ainsi, elles sont capables d’accomplir dans l’harmonie leur cycle annuel allant de la naissance au printemps jusqu’à la mort avant l’hiver. Dans ces conditions, la renaissance au printemps suivant ne peut que bien se passer.

 

L’impact du gel n’a pas été identique d’un pied à l’autre ou d’un rameau à l’autre. Petite différence dans la composition du tissu ? Sûrement et intéressant à essayer de comprendre pour être meilleur dans l’avenir.

 

Comme toujours, le vivant nous donne des leçons de modestie en faisant état de sa complexité infinie et en mettant en perspective la faible connaissance que nous en avons.

 

Ma vie est devenue une longue quête de cette connaissance que je soupçonne ou même entrevois parfois sans toujours l’atteindre. Que c’est dur !!!

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 15:12

En cette fin de semaine, on vient d’écouler les cabernets avant de presser le marc aujourd’hui.

Cette étape marque la fin de la campagne de vinification « lourde » au Champ des Treilles pour cette récolte 2011.

Si on a bien compté, cela fait presque deux mois que j’y suis. Maintenant, il va surtout rester les fermentations malolactiques. Mais pour les pelles, les fourches et le pressoir, la saison est terminée.

Terminée, pas tout à fait car il y a le  nettoyage général du pressoir. Il faut tout nettoyer au nettoyeur à pression, puis « dérougir » pour hiverner une machine parfaitement préparée pour la récolte de l’année prochaine.

Dans ce genre de matériel, on a beau travailler en conscience et avec la plus grande application, il restera toujours un ou deux grains de raisins coincés quelque part dans un recoin bien caché.

Plusieurs mois après, celui qui les découvrira se dira que le nettoyage final laissait à désirer ou que les yeux ne devaient pas bien être en face des trous.

En cette journée, j’aurai passé plus de temps avec le tuyau d’eau à la main qu’avec un tuyau de vin. C’est ainsi, c’est la vie dans le chai. On brasse beaucoup plus d’eau pour le lavage que de vin. 

Mes pauvres articulations n’en peuvent plus de douleur mais c’est la dernière fois que je rentre dans le pressoir pour le nettoyer. Donc, courage Corinne !

Ensuite j’oublierai…jusqu’à l’année prochaine.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 13:16

Effectivement, le vice n’a pas de calendrier et nous venons pour la première fois de prendre l’apéritif au Vin Passion 2011.

 

Certes, celui-ci n’a pas encore totalement terminé sa fermentation mais qu’importe…

Il est encore trouble, mais qu’importe…

 

Il faut dire qu’après le drame survenu au 2010, on était en manque depuis des mois.

 

C’est donc avec un réel plaisir, un peu d’émotion et une grande avidité que nous avons trempé nos lèvres dans un verre de ce qui portera le nom de Vin Passion dans quelques mois.

 

Il semble que plus le temps passe, plus nos vins sont à la fois complexes et expressifs à un stade précoce. Pour le moment, on est plutôt sur des notes d’agrumes mais il change en presque en permanence.

 

Je ne doute pas que ce  moment sera suivi par beaucoup d’autres, d’abord en petit comité « familial » puis avec des cercles de plus en plus larges d’amis et d’amateurs qui viendront nous rendre visite.

 

Le vin c’est avant tout de la convivialité. Mais celui-là transmet aussi une autre qualité qui, je pense, nous correspond bien, la Passion.

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 17:09

Hier, comme très souvent, nous avons fait notre tour du dimanche ; moment où on voit le vignoble autrement.

Nos vignes sont superbes. Comme pour nos propres enfants,  on les trouve toujours superbes  mais en cette saison, elles prennent une dimension supplémentaire de bonne santé et de bien-être intérieur.

Je sais, ce n’est pas dans la logique de la viticulture « moderne » que d’employer ces mots pour des plantes. Mais la vigne n’est plus vraiment une plante, elle est animale. Elle possède cette capacité incroyable de transmettre le terroir avec une précision incroyable. Tel un langage peut transcrire des

notions subtiles avec des nuances d’une grande précision, la vigne fait la même chose avec le terroir.

 

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Elle a commencé d’aller vers la mort de l’hiver pour mieux renaitre au printemps. Pour cela, on l’a aidée. Les feuilles changent inexorablement de couleur pour aller vers le jaune paille. Il y a toujours du pastel chez nous, marqueur de sérénité et de ce bien-être ; et surtout pas de teintes violentes et agressives.

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Le Petit-Verdot se retrouve dans l’herbe car cette année, elle a poussé tardivement à  une époque où on ne laboure plus les vignes.

 DSC04333.jpg

Les grappes oubliées par les vendangeurs sont toujours là, intactes. Elles pourraient presque nous faire regretter d’avoir vendangé.

 

DSC04332.jpg

 

Mais il y a une saison pour tout et particulièrement dans les blancs, la simple dégustation des grains intacts nous montre que doré ne veut pas forcément dire parfait. Les arômes sont partis avec l’arrivée de la surmaturité.

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Par contre, les grappes de sémillon pourries « noble » nous rappellent combien cette transformation est magique et peut générer des saveurs exceptionnelles.

DSC04335.jpg

On se souvient aussi que c’est pour refaire du liquoreux dans cette région que l’on a repris le domaine. Pourtant, la réalité de la vie nous a bien vite remis sur le chemin de la raison en privilégiant les vins blancs secs et particulièrement maintenant le Vin Passion.

Il me reste encore quelques bouteilles de liquoreux. Mais je ne peux pas dire qu’on en produira de nouveau à l’avenir.

C’est dommage car le liquoreux est bien plus que du vin ; c’est la « substantifique moelle » d’une vigne sur un terroir.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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