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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 15:31

Après un calme tout relatif, le temps des écoulages est arrivé. Pour le moment, c’est le tour du Merlot. C’est donc  la majorité de la production qu’il a fallu écouler dans la semaine.

Quand je dis que le temps est venu, il faut comprendre que c’est le vin dans le verre qui nous a suggéré que la macération était arrivée à son terme avec un résultat optimal.

Nous nous sommes donc exécutés.

Chez nous, on transfère le marc de la cuve au pressoir, par une hotte, à dos d’homme, à l’ancienne. Ainsi, le marc ne subit aucune agressivité.

Puis, le pressoir fait son travail pour nous livrer ce vin si particulier qu’est le vin de presse ; véritable concentré du terroir qui a vu naitre les raisins. Sa proportion dans l’assemblage doit être ajustée finement pour sublimer l’ensemble. Trop ou trop peu rendent le résultat final très différent et surtout moins bon.

Là encore, c’est avec le verre à la main que se prendra la décision.

Heureusement, on n’en est pas encore là. Après les cuves de Merlot, il y aura le fameux Petit-Verdot ainsi que les Cabernets. Puis les fermentations malolactiques.

 

Donc, pas de précipitation. Vivons donc chaque étape à fond !

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 14:39

Les vendanges 2011 viennent de s’achever et les fermentations sont encore en cours pour tous les cépages rouges.

Pourtant, nous entrons aujourd’hui dans le millésime 2012 avec un traitement biodynamique.

Sans se noyer dans les détails, on peut dire qu’il va aider la vigne à s’endormir après cette saison pour pouvoir se réveiller en pleine forme et sûre d’elle au printemps prochain.

Une caractéristique de la vigne, c’est qu’elle possède une sorte d’animalité qui fait qu’on peut en parler presque comme s’il s’agissait d’un animal ou d’un homme.

Avant cela, il a quand même fallu remettre en fonctionnement les pulvérisateurs démontés ou remisés pour la durée des vendanges.

Pour bien marquer la fin de la campagne 2011, les cagettes doivent aussi être lavées une dernière fois avant leur stockage jusqu’à  l’an prochain. La liste des choses à faire est longue…

Un grand et bon moment de l’année, c’est quand on rentre le matériel de réception de vendange et le pressoir dans le garage.

Mais avant tout, il convient de  profiter totalement du temps sec qui s’est installé depuis quelques jours. Les sols sont totalement secs en surface et on peut accéder aux parcelles sans difficulté.

Si on en croit les prévisionnistes de la météo, cela risque de ne pas durer. Donc, on fait le traitement biodynamique en priorité.

Le reste attendra un peu.

 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 08:56

Hier, c’était le traditionnel déjeuner qui clôture les vendanges. Les noms varient d’une région viticole à l’autre et même d’une petite région à l’autre. Pour nous, c’est la Gerbebaude.


Tous les ans, on reste fidèle à ce rituel qui permet de partager quelques moments supplémentaires avec les vendangeurs dans des conditions plus détendues que celles de la récolte.


C’est un moment simple et sincère ; à l’image de la décoration de table.

 

table.JPG

 

Le menu n’est pas celui d’un trois étoiles. On est plutôt dans la bonne cuisine de terroir avec l’incontournable plat de charcuterie qui, le reste de l’année, ne fait pas partie de mes habitudes !

 

Le noyau de mon équipe vient depuis le début de notre aventure. Avec le temps, des liens se sont tissés.

A la vigne, au tri, au lavage des cagettes, (…) chacun a une tâche bien spécifique depuis plusieurs années et je l’espère pour longtemps encore.

Et même pour ce repas, il y a un rituel dans la préparation où chacun à un rôle précis à jouer.


C’est ce qui fait la force de l’équipe. Certaines têtes nouvelles viendront se souder au groupe, d’autres passeront.

 

Ce repas est aussi une vraie étude sociologique car on peut mieux cerner le parcours des gens ainsi que leur personnalité vraie. Souvent, après un verre de vin, les personnes se "lâchent" plus facilement.

Parfois, on apprend des choses amusantes,  parfois de vrais drames qui ont émaillé leur vie. Et, je ne ressors jamais totalement indifférente, ni tout à fait la même.

 

Ce petit moment de vie fut donc une réussite pour clôturer une vendange 2011, physiquement éprouvante comme toutes les vendanges, mais excitante (comme toutes les vendanges) et pleine de promesses,…comme toutes les vendanges.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 13:18

C’est fait, les vendanges 2011 sont maintenant à classer dans la rubrique des souvenirs.

 

Hier soir, nous avons terminé le Cabernet Franc, cépage important par rapport à l’idée que j’ai de l’assemblage idéal dans nos terroirs.

Comme c’est souvent le cas cette année, le rendement n’a pas été à la hauteur de mes estimations faites sur pied. Mais la qualité semble très prometteuse.


Donc ce matin, il ne restait que le Cabernet Sauvignon.

Nous n’en avons que très peu sur le domaine. Donc, la chose a été entendue en peu de temps et les cagettes de ce dernier cépage ont rejoint le cuvier.

 

photo-3-0559.JPG

 

Il est encore trop tôt pour faire le bilan de ce millésime peut-être un peu plus particulier que les autres.

Pour le moment, l’heure n’est pas encore à prendre du recul mais plutôt à rester concentrée sur les vinifications qui en sont à tous les stades.

 

Les blancs viennent de terminer leur fermentation. Les cuves de Merlot s’étirent sur des plages de densité relativement larges.

Les jeunes vignes récoltées en premier en approchent de la fin de fermentation. Par contre, les meilleures parcelles, porteuses de l’âme des vins du domaine, sont encore à mi-courbe de densité.

 

Le Petit-Verdot fait lui aussi son chemin en étant encore très sucré.
Enfin, les Cabernets ne sont encore que des jus.


A chaque cas, il faut donc avoir une attitude adaptée, loin des formules standards.

Comme toujours chez nous, l’outil principal de décision est le verre de dégustation.

 

Il faut déguster et déguster encore ce vin qui n'en est pas tout à fait vraiment un, en essayant d'anticiper ce qu'il pourrait devenir si choisissait telle ou telle option de vinification.

 

Simple à dire…

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 06:08

La dernière ligne droite des vendanges 2011 va s’ouvrir à nous ce matin avec le début de la récolte des Cabernets.


Dans ces premiers jours de la semaine, on va s’occuper du Cabernet Franc.

Il est magnifique et hier, en me baladant dans les rangs lors de mon tour des vignes dominical, j’avais envie de croquer à pleines dents dans les grappes, tant elles sont belles, dodues et parfaitement à point.

 

cf.JPG

 

Les quelques jours de sursis que je leur ai accordés, ont vraiment fait du bien. C’était un pari risqué car tout autour de moi, les raisins rouges, tous cépages confondus, ont rejoint souvent depuis longtemps, les chais et autres caves coopératives.

 

Pour en revenir à nos vignes, viendra ensuite et enfin le Cabernet Sauvignon, septième cépage de la maison. Après cela, on pourra vraiment dire que la récolte est terminée.

 

Mais pour le moment, on n’en est pas encore là.

 

Et surtout pour le moment, j’ai du travail qui m’attend…

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 14:47

 Une fois le Merlot terminé mercredi soir, j’ai préféré attendre aujourd’hui vendredi pour récolter ma parcelle de Petit-Verdot.

 

L’état sanitaire parfait ainsi que les conditions chaudes et sèches du moment m’ont incitée à attendre un jour de plus.

Sans vouloir asséner trop rapidement des certitudes, je peux néanmoins affirmer que 2011 sera une très bonne année pour le Petit-Verdot.

 

photo-3-0547.JPG

 

 

Puis, les conditions plus humides de l’été ont été une bénédiction pour lui. Le Petit-Verdot aime avant tout la fraicheur.

On a donc une récolte naturellement équilibrée et surtout des raisins qui ont beaucoup de saveurs.


Maintenant, il me reste à faire le travail de vinification. Chez nous, le mot travail n’est pas exactement le bon terme car particulièrement avec le Petit-Verdot, il convient de ne rien faire ou d’en faire le moins possible.

Avec la viticulture que nous appliquons, les raisins se livrent d’eux-mêmes avec toute la sincérité que nous souhaitons.

Une attitude agressive de ma part ne pourrait que diminuer la qualité et finalement rendre le vin moins équilibré et moins bon.

 

Après cela, il reste les cabernets à récolter. Les conditions anticycloniques annoncées et l’état sanitaire excellent m’ont conduite à n’envisager leur ramassage que la semaine prochaine.

 

J’attends sans précipitation et en faisant confiance à mes raisins...

Les semaines sèches du printemps ont généré une récolte faible par des grappes très aérées.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 11:16

La récolte a repris avec le Merlot, qui représente chez nous le cépage le plus important en surface.

Pour la première fois de la saison, il a fallu vendanger sous un petit crachin pendant quelques heures. Puis heureusement, le soleil est revenu et les imperméables ont été remisés.

vendange-1.JPG

 

Heureusement, la pause casse-croute est toujours possible !

 vendange 2

 

Les grains ont maintenant atteint leur maturité optimale et il n’est plus question d’attendre.


Avec les grappes de merlot, on a pu faire les premiers remontages de la saison. Le début d’un long et méticuleux travail uniquement guidé par le verre et les papilles gustatives.

 remont1.JPG

 

Parmi tous les remontages, il en est un qui compte plus que les autres ; c’est le premier remontage de la première cuve remplie.

 

C’est le moment où je me dis qu’on va y arrivé et que le travail de l’année est là sous mes yeux. J’ai toujours un petit frisson dans le dos quand j’ouvre pour la première fois la vanne de la première cuve ; laissant s’écouler ce jus pas encore vraiment coloré mais tellement porteur d’espoir.

 

remont2.JPG

 

Ce jus c’est le résultat d’une année de travail mais aussi et surtout de toutes les idées que nous appliquons au quotidien, que nous faisons évoluer dans cette viticulture différente que nous avons choisie.

 

Rang après rang, parcella après parcelle, la proportion de vignoble vendangée augmente inexorablement.


Maintenant, il faut penser aux autres cépages présents sur le domaine, Petit-Verdot et Cabernets.

Là aussi, il va y avoir des décisions à prendre…

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 07:53

 Nous avons pris l’habitude de faire un tour dans les vignes, pour rien, juste pour se balader. En fait, ce n’est pas tout à fait pour rien ; rien n’est jamais totalement gratuit. Même si c’est pour prendre l’air, il y a déjà cette raison !

 

On se balade en général une fois par semaine, en essayant de prendre un peu de recul sur le vignoble ; histoire de se décoller le nez du guidon et pouvoir ainsi se rendre compte de choses qui ne vont pas mais que la vitesse du quotidien nous empêche de voir.

 

En ce moment, les grains de raisin gorgés de soleil et gonflés de jus symbolisent à merveille cette période de l’année durant laquelle on récolte le travail d’une année et on profite de la générosité de la terre.

 

Parfois, en se baladant dans les vignes, on aperçoit un lièvre, un chevreuil ou même des zones fouillées par les sangliers.

A la maison, on ne déplore aucune attaque de ces animaux sur la vigne.

Seuls les chevreuils semblent avoir une affinité pour les boutons de rose que nous avons au bout des vignes.

Souvent, on entend parler de dégâts sur les cultures. Mais au lieu de se focaliser sur les animaux qui en sont à l’origine, on devrait se poser les bonnes questions ; c'est-à-dire notre rôle dans tout cela.

Qu’avons-nous fait, ou pas fait à notre terre pour que les animaux s’attaquent de cette façon à la culture ?

Ne peut-on pas faire un lien entre ces dégâts et l’impact négatif que nous avons sur la nature ?

N’avons-nous pas une responsabilité dans tout cela ?

 

Il est bien plus facile et confortable de renvoyer cette responsabilité sur les animaux. Cela évite de se pencher sur son propre lien à la nature. En disant cela, je ne me mets pas au dessus du lot ; tant nous avons encore à apprendre, comprendre et corriger nos façons de faire.

 

Au-delà de la technique, le raisonnement biodynamique consiste aussi à se poser les bonnes questions, c'est-à-dire le pourquoi des choses. Le rôle de chaque être dans la nature, que ce soit un homme, un champignon, un animal, une plante,…

Quand on a compris cela, on peut l’accompagner dans un sens que l’on souhaite et surtout dans le respect des grands équilibres.

 

Bref, ces balades sont un vrai moment de sincérité avec nos vignes mais aussi avec la nature en général.

C’est aussi un moyen de mettre en avant la conscience au détriment de l’émotion.

L’opposition entre ces deux états est fondamentale en biodynamie mais aussi dans la gestion d’un domaine, d’une entreprise et dans la vie en général.

 

Le problème, c’est que pour en parler, il faudrait encore des heures.

Ce sera pour une prochaine fois…

 

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 16:03

En cette mi-temps de vendanges entre blancs et rouges, les quelques jours de vrai beau temps que nous venons d’avoir ont été vraiment bénéfiques à la maturité ; du soleil chaud et sincère sans agressivité ni faux-semblant.

 

Dans ces conditions, les grappes deviennent de plus en plus belles et les grains prennent vraiment du goût.


Cette année, le Petit-Verdot semble promis à un bel avenir. Il a juste ce qu’il faut de raisins pour me donner de l’émotion en regardant les pieds de vigne.

 

DSC04208.jpg

 

Le Merlot, pilier de notre vignoble constitué de terroirs argilo-calcaires, a lui aussi de jolies grappes idéalement réparties, sans trop ni trop peu. La vraie perfection que je suis fière d’exposer ici.

La difficulté quand on prend les photos, c’est de choisir quel pied on va immortaliser sachant qu’ils sont tous beaux et méritent tous la célébrité !

 

DSC04222.jpg

 

Dans la rubrique potins, il parait que cette année dans les endroits branchés du bordelais, l’heure n’est plus au confituré-surmûri mais au « fruit frais ». Il faut dire que l’année a pu orienter la tendance car pour faire de la surmaturité cette année, il faut une sacré dose de bonne volonté !

 

Donc, il est de bon ton de faire du fruit frais. Le problème, c’est quand même que les vignes sont les mêmes que l’an dernier. Quand je dis « vigne », je parle de la viticulture. Une viticulture coupée au cordeau, effeuillée, éclaircie, échardées (=suppression des entre-cœurs), enherbée, « pesticidée »,… ; une viticulture aseptisée dans laquelle la vigne elle-même n’a pas son mot à dire. On décide de l’habiller en punk une année, puis l’année suivante en catho coincé et en je ne sais quelle autre mode l’année prochaine. Et jamais on ne cherche à comprendre qui elle est, ni ce qu’elle a à nous dire.

 

Heureusement, chez nous rien de tout cela. Les pieds de vigne sont eux-mêmes et je ne cherche pas à ce qu’ils me ressemblent ou qu’ils aient l’accoutrement en vogue ailleurs.

 

Les raisins de Merlot seront à parfaite maturité dans quelques jours et il me tarde d’entendre les sécateurs s’activer dans les rangs.

 

Mais c’est une autre histoire…

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 09:14

 

J’ai l’impression que les jours, les mois, les saisons et les années se succèdent à une vitesse de plus en plus grande.

 

Il y a encore quelques jours, on était en août et c’était l’été. Maintenant, on est encore officiellement en été mais ce n’est plus pareil. La preuve, on vient de faire les premiers labours d’automne sur les parcelles de blanc tout juste vendangées.

 

Comme toujours maintenant chez nous, c’est notre nouvelle recrue à chenilles qui a été chargée de l’opération. Et de ce fait, aucun compactage pour le sol.

 

DSC04207 

 

Dans nos sols argilo-calcaires et à cette saison, la moindre pluie rend nos sols in-labourables pendant des jours et des jours. Aussi, on n’a pas attendu d’avoir terminé toute la récolte pour monter la charrue. On a profité de la coupure entre blancs et rouges pour intervenir.

C’est déjà une bonne chose de faite.

 

Mon fils Thomas s’est pris de passion pour ce petit engin rampant. Il a donc souhaité effectuer lui-même l’opération après réglages avec son père. Comme il aime les fruits et les raisins en particulier, il était aux premières loges pour repérer les grappes oubliées par les vendangeurs et qui continuent à rôtir avec plaisir. Il n’a pas son pareil pour saisir les raisins « au vol ».

 

DSC04212

 

Les conditions étaient idéales et la terre se retournait avec bonheur.

Je repensais à la mode actuelle qui veut qu’on ne laboure plus les sols. Comme toutes les modes, elle passera et sera remplacée par une autre mode.

 

Pourtant, le fait de voir le soc faire son travail génère en moi un sentiment de bonheur indescriptible.

 

DSC04219

 

En labourant, on a l’impression de faire du bien à la terre. Il est difficile de faire ressentir l’odeur qui se dégage ; la bonne odeur de la terre que l’on oublie jamais quand on l’a sentie une fois.

 

Cette proximité affective et physique avec la terre nous motive un peu plus chaque jour pour la respecter tout en essayant d’en percer quelques mystères et d’en comprendre des bribes de sa subtilité infinie.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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