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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 07:11

 

 

Je n’avais pas prévu de faire de billet aujourd’hui, mais hier soir j’ai reçu un coup de fil qui a changé mes plans.

Il était 18 heures lorsque mon beau-père m’a appelé. Il sortait tout juste d’un déjeuner et voulait me faire part du menu.

 

Il faut dire que c’est une tradition chez certains de ses amis d’enfance, qui organisent une à deux fois pas an des repas qui obligeraient sûrement Gargantua à avaler de pleines boites d’Hépatum…

 

Ne vous méprenez pas quant au style culinaire concerné. Dans ce cas, on est loin de la cuisine contemporaine et autres tendances à la mode dans les quelles les rebords des assiettes sont tellement larges qu’il n’y a plus de place au centre pour mettre de quoi contenter l’estomac !

Ici, c’est du lourd, du local avec des assiettes dont la partie centrale est très développée pour contenir l’abondance de nourriture. Rien n’est sophistiqué, tout est authentique, du coin.

 

Mon beau-père, grand gourmand devant l’éternel, était invité chez son ami Roger avec quelques autres personnes.

 

Tout commence à midi, dernier délai. Pour cela, il faut se préparer tôt, vers 10 heures si possible.

L’apéritif est servi avec des toasts. Le terme d’amuse-bouche n’est pas approprié car il a une connotation de « très fin mais en faible quantité ».

 

Puis le repas commence avec du foie-gras « maison ». Là, pour donner une idée de la portion, pas question de donner son poids.

Cela s’estime en « largueur de main » pour le diamètre de la tranche et en « nombre de doigts » pour l’épaisseur.

Ici, en l’occurrence on est à une grosse main et deux doigts ! C’est correct…

 

Après le foie-gras vient l’omelette de mousserons. C’est un petit champignon de printemps dont Jean-Michel raffole mais qui ne pousse pas tous les ans et pas partout. Les endroits à mousserons se transmettent de génération en génération et nécessitent de garder un secret absolu lorsqu’on sait où ils poussent. Un peu comme les sources dans Pagnol !

Dans ce cas, il y avait deux grosses omelettes pour 10.

Cela doit faire entre 4 et 6 œufs par personne ; rien d’impressionnant.

 

La mise en jambes étant faite, on passe aux choses sérieuses. La première viande est un civet de lièvre. Vous remarquerez que pour organiser ce genre de repas, il vaut mieux être chasseur.

 

Puis vient le gigot de mouton.

 

Ensuite, pour ceux qui ont encore un petit creux, c'est-à-dire tous les invités, il y a un rôti de bœuf.

 

Les seuls absents sont bien entendu les légumes qui constituent une nourriture de second niveau dans l’esprit de ces convives issus d’une époque pas si lointaine durant laquelle la viande n’était pas présente tous les jours sur la table.

 

Afin vient la salade pour donner un peu de fraîcheur dans cette deuxième partie d’après-midi avant de se confronter à un immense plateau de fromages.

 

Enfin, c’est le moment du gâteau au chocolat. Pour éviter de surcharger le foie inutilement, il est fourré à la crème.

 

En ce qui concerne les vins, on est chez des gens qui n’ont pas une culture développée de vins même s’ils sont tous des producteurs retraités. L’étiquette importe peu même s’il y a une réelle volonté de l’hôte d’honorer ses invités.

Il y avait du champagne, du Côtes de Castillon et plusieurs Médoc.

 

Après 5 heures 30 de repas, c’est déjà l’heure de se séparer. Il y a eu mieux les années précédentes, même si il y avait assez à manger pour 25.

Je reste toujours impressionnée en pensant que l’on peut rester autant de temps à table.

 

Parmi les convives, certains commencent sûrement à penser à la revanche, c'est-à-dire au repas qu’ils organiseront eux-mêmes et dans lequel les plats seront plus nombreux et plus copieux…

 

 

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Corinne Comme - dans Divers
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commentaires

Eric 17/04/2008 19:15

Oups...

C'est vraiment le genre de repas que je ne pourrais pas faire: je crois que je calerais au milieu du foie gras (vu la quantité servie).

Promis: si vous venez à la maison,je ferais plus léger ;o)

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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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