10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 10:15

Entre deux épisodes pluvieux, nous avons enfin pu commencer les labours de printemps.

Cette année, nous avions aussi une nouveauté qui nous a retardé, c’est l’achat d’un enfonce-piquets. D'habitude, nous en empruntions un qui fonctionnait bien mais qui était « fabriqué maison » comme on dit. Et dans ce pays, il y a de moins en moins de place à ce genre de fantaisie. Tout doit être conforme, homologué,…

Donc, j’ai commandé, certes tardivement, un appareil neuf. Heureusement, il était disponible chez le fabricant. Mais « disponible » dans un pays du Sud comme la France, c’est un mois de délai.

Donc, les piquets neufs de remplacement ont été distribués dans les rangs mais sont restés en travers de rangs.

Cela a empêché toute velléité de labour avant l’enfoncement des piquets !

Heureusement, un camion a pu être trouvé et mon appareil est arrivé.

C’est une machine basique mais truffée de sécurités qui rendent le travail beaucoup plus fastidieux qu’avant et on comprend que beaucoup « simplifient » tout cela. Chez nous ce ne sera pas le cas car il va fonctionner 2 jours par an ; donc on peut prendre son mal en patience et laisser la machine dans son état d’origine en pensant qu’on est un pauvre pays !

Les piquets sont maintenant en grande partie enfoncés et j’ai pu ressortir mon petit tracteur à chenilles pour commencer à retourner la terre.

Il n’y a pas à dire, d’être dans les vignes rend la vision des choses plus claire. Et en plus d’être assise à la hauteur des ceps, sans cabine, cela donne une proximité avec la vigne qu’on n’a plus avec les engins plus classiques. Avec les tracteurs à cabine, on est en position haute pour dominer la vigne avec dédain, tout en s’en protégeant grâce aux vitres de la cabine et à la climatisation !

Avec mon petit engin, j’ai vraiment l’impression d’être en osmose avec ma vigne


Dans mes ballades dans les rangs, j’ai remarqué le changement de flore depuis quelques années. Des plantes « positives » ont succédé à des espèces moins favorables ; dans la vision symbolique qui est la nôtre et en parfaite adéquation avec le moment et la saison.

Et c’est avec grand plaisir que je retourne ces plantes pleines de bienfaits et qui, revenant à la terre, vont à leur tour contribuer à rendre mon sol plus vivant et plus vrai.

Le ciel bleu et des vignes magnifiques, que demander de plus pour accéder au bonheur ?

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 14:34

Avec le soleil et le mois de Mai, on a enfin pu commencer les travaux en vert à la maison. Travaux en vert est quand même un bien grand mot car chez nous, cela se résume à l’épamprage. La vigne a atteint son équilibre par les pratiques de respect que nous avons pour elle.

Il n’y a pas toutes les opérations agressives dont beaucoup se vantent encore mais qui ne sont que des constats d’échec car des pratiques seulement destinées à combler maladroitement une erreur faite préalablement.

Nos rapports avec la vigne sont du niveau d’une éducation d’un parent à son enfant. A ce moment de l’année, elle est encore dans l’enfance et va entamer son adolescence.

Les parents que nous sommes vont la guider, la protéger, lui donner des règles. Ainsi, l’épamprage est l’une de ces règles. Une vigne que l’on n’épamprerait pas deviendrait un buisson sans récolte. Or, sans récolte, il n’y a plus de viticulture.

C’est la même chose avec la taille qui reste une opération obligatoire sous peine de passer dans un autre type de pratique, c’est-à-dire la vigne redevenue sauvage qui ne produit plus vraiment de raisin.

Puis, comme tout parent qui voit ses enfants grandir, on va progressivement prendre du recul et laisser la vigne trouver son identité ; on va même l’aider à exprimer qui elle est.

Ainsi, rentrée dans l’âge adulte dans son cycle annuel, quelques temps après la fleur, elle aura beaucoup moins besoin de nous car elle saura exprimer clairement qui elle est.

Mais on n’en est pas encore là. Pour l’instant, elle vient tout juste de dépasser le stade des couches culottes et s’apprête à entrer dans son adolescence pour quelques semaines avant la fleur.


Donc, elle a vraiment besoin de nous. C’est heureux car on est là pour elle, car elle est un peu le prolongement de nous…

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 17:19

La semaine dernière, je me suis rendue à une conférence organisée au Château Fonroque à Saint-Emilion.

Le sujet exact était : "Rayonnements cosmiques & planètes : à la découverte de leurs influences primordiales sur notre climat et de leur lien avec le travail en biodynamie"

L’intervenant s’appelle Benoit De Coster ; il est belge.

Arrivé par hasard à s’intéresser à la météo, ce Monsieur a découvert ou plus exactement redécouvert le rôle des rayonnements cosmiques et des planètes du système solaire sur notre climat.

Tout biodynamiste qui se respecte connait et utilise le calendrier des semis de Maria Thun. Mais, il faut reconnaitre que les tentatives de prévision météo qui s’y trouvent semblent manquer de précision. Les informations qui y sont données ne sont pas forcément à rejeter mais demandent évidemment à être affinées et bien évidemment ciblées pour l’endroit où on se trouve.

La conférence de Monsieur de Coster, de ce point de vue, a donné une perspective beaucoup plus large et des bases de réflexion beaucoup plus précises que le calendrier des semis.

Cette conférence m’a passionnée.

Malheureusement, tout le monde n’a pas partagé mon enthousiasme car à la pause, la moitié des participants en a profité pour disparaitre. Dommage…

Je pense qu’ils attendaient qu’on leur donne une recette toute faite et très simple pouvant permettre de connaitre le temps à venir.

Mais comme toujours, les choses ne sont jamais aussi simples que cela.

L’idée qui nous taraude Jean-Michel et moi depuis plusieurs années et de dire que les prévisionnistes météo actuels ne sont que dans le commentaire de ce qui se passe ou risque de se passer. Ils ne se posent jamais la question du « pourquoi » des choses. Ils commentent l’arrivée d’une dépression sur le pays sans jamais dépasser ce stade en se demandant pourquoi la dépression apparait. Quel est le phénomène encore plus grand qui régit tout cela ?

Monsieur de Coster s’est inspiré des travaux réalisés au 19ème siècle par Mathieu de le Drôme.

Déjà à l’époque, ce dernier s’est heurté à un manque de curiosité de ses pairs. Je ne dis pas qu’il avait raison sur tout ; mais au moins ces thèses méritaient-elles d’être débattues au lieu d’être repoussées sans autre forme de procès.

Remarquez que c’est une peu la même chose avec la biodynamie qui est souvent ignorée sinon combattue par le milieu scientifique établi au seul argument qu’elle ne s’inscrit pas dans leur cercle de connaissance.

Pourtant, Mathieu de la Drôme a publié un Almanach dont la parution a duré jusqu’en 1939.

Monsieur de Coster utilise maintenant des outils de connaissance du ciel bien plus performants que ceux de son prédécesseur. On peut visualiser le ciel en 3D à n’importe quelle date.

Le jour de la conférence, il avait suggéré du froid pour le week-end du 28 avril. A l’époque, les météorologues ne l’avaient pas envisagé. Pourtant, c’est bien du froid qui est arrivé produisant quelques gelées sur les vignes en Gironde et même de la neige à Lyon.

Comme quoi, il y a encore beaucoup de choses à apprendre ou plus dramatiquement à réapprendre !

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 16:00

Ceux qui connaissent ce blog depuis plusieurs années savent que la tradition locale, c’est petit déjeuner avec l’omelette à l’aillet et du vin doux.

Il parait que ce plat nous met à l’abri des fièvres pendant un an.

Cela fait bien longtemps que j’ai arrêté de rire face aux pratiques anciennes. Evidemment, la présence du vin liquoreux au côté de l’aillet semble être la touche de douceur pas forcément indispensable. Mais l’aillet est un concentré de principes actifs et en l’ingérant, on a l’impression de se faire du bien.

Aussi, comme tous les ans, nous nous sommes exécutés et avons préparé cette omelette salvatrice.

N’ayant plus une seule bouteille de liquoreux « maison », le Vieilles Vignes, nous avons ouvert un Barsac qui m’est proche.

L’an dernier, nos enfants étaient en études à l’étranger, Pays de Galles et Suède. Dans leurs brumes lointaines, ils avaient eux-aussi respecté cette coutume de notre pays foyen et avaient envoyé des photos de leurs omelettes respectives.

Cette année, les deux sont en stage.

Thomas était réquisitionné avec un groupe d’étranger pour plusieurs jours. Je pense qu’il aura différé la réalisation de son omelette.

Depuis sa Californie, Laure n’a pas oublié son petit pays et a réalisé son omelette dont une photo nous est arrivée dans l’après-midi ; décalage horaire oblige.

Je pense que dans sa région elle était la seule à suivre une telle tradition.

Elle ne nous a pas dit quel vin aura accompagné son plat…

Est-ce que la lutte contre les fièvres fonctionne encore avec un vin californien ?

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 15:00

En bonne française et contribuable, j’ai évidemment suivi les péripéties franco-helvético-offshore de notre ancien ministre, celui-là même qui devait lutter contre la fraude fiscale.

On peut penser qu’il connaissait son sujet. Un peu comme l’ancien garde-chasse du village qui en était aussi le braconnier le plus averti !

Maintenant, on est entré dans l’opération blanchiment « plus blanc que blanc ». Cela ne concerne que les biens « légaux » des ministres car Cahuzac aurait pu faire une telle déclaration sans que ces comptes troubles n’apparaissent. L’argent caché, par définition c’est caché et ça n’apparait pas.

Si j’ai décidé de parler de ce sujet aujourd’hui c’est pour faire part de quelques observations quant aux déclarations publiées par nos différents ministres.

On tant pourrait dire sur les biens déclarés, leur estimation, la logique d’ensemble des patrimoines, au moins dans la façon dont ils sont déclarés.

Il faut dire qu’après la déclaration du Président il y a un an, beaucoup de français s’étaient pris à rêver de s’acheter la même résidence secondaire que lui ; tant le prix annoncé semblait bas.


On peut se demander quel est le niveau de performance d’un ministre pour faire tourner le pays, quand après des années de mandats électoraux au plus haut niveau il ne peut pas afficher une fortune supérieure à une année de ses revenus !

Mais, ce que je voulais dire aujourd’hui c’est qu’aucun ne participe à l’économie du pays. On peut être dans le gouvernement qui compte un ministre du redressement productif et ne posséder pour toute fortune que de la pierre et des objets de valeur.

Pas un ministre n’a placé son argent dans des entreprises pour faire progresser la France.

On savait déjà que la plupart d’entre eux n’a jamais travaillé dans une entreprise et donc ne connait pas ce monde.

En plus de tout, ils ne veulent pas participer à l’économie réelle.


Et pire encore, aucun ne conserve son patrimoine sous forme d’euros. C’est dire à quel point ils croient en la monnaie unique !

Triste constat pour ceux qui sont supposés piloter l’économie de la France !

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 18:09

Depuis quelques années nous assistons à la multiplication des cuvées chez beaucoup de vignerons. Cépages, terroir particulier, mode de vinification, (…) tout est prétexte à créer une nouvelle cuvée.

Certaines ont un intérêt, d’autres moins. Certaines trouvent un public, d’autres moins.

Pourtant, alors que nous continuons d’avancer dans cette voie de la biodynamie, ma réflexion m’amène dans la direction inverse.

La biodynamie à l’origine, c’est l’organisme agricole c’est-à-dire une ferme autonome vis-à-vis de l’extérieur. L’apiculture biodynamique, c’est aussi l’organisme-ruche.

Chaque partie de l’organisme fait partie du « tout », participe au bon fonctionnement du « tout » mais ne peut pas être envisagée indépendamment du « tout ».

Dans ce schéma de pensée, la viticulture est un peu en marge de la biodynamie originelle et on doit tendre vers cette logique de globalité et d’organisme agro-viticole, si on peut dire. Mais là n’est pas le sujet du jour.

Après plus de 10 ans de biodynamie, j’en arrive à penser qu’un vignoble doit aussi être considéré comme un « organisme », c’est-à-dire une globalité et que chaque terroir qui le compose doit amener son originalité, sa spécificité pour participer à l’harmonie d’ensemble. Le but ultime étant de ne produire qu’un seul vin, qu’une seule étiquette ; synthèse de l’ensemble.

C’est déjà le cas à la maison avec le vin blanc, le Vin Passion, qui a remplacé ou plus exactement s’est imposé au détriment des deux vins distincts que nous produisions avant. Le Vin Passion a tout de suite connu le succès d’estime de notre part et commercial par la suite car il émane de lui une sorte d’harmonie apaisante ; ce qui n’était pas le cas chez ses prédécesseurs.

Pour les vins rouges, nous sommes toujours sur le schéma de deux vins, le Grand-Vin et le « Petit-Champ ».

Chacun d’eux est déjà la synthèse de divers cépages et terroirs qui se complètent là aussi avec une belle harmonie.

Mais, mon âme de vigneronne biodynamique ne sera totalement apaisée que lorsque ces deux vins ne feront plus qu’un seul ; synthèse la plus aboutie de ce que nous sommes.

Ce moment arrivera-t-il un jour avec la fusion des deux étiquettes commercialisées en une seule ?

Honnêtement, je ne le sais pas car ma distribution a ses habitudes et il convient d’agir avec précaution pour ne pas faire chanceler un édifice que l’on a mis des années à construire.


Au moins, pour le moment, la question est posée. Les choses qui doivent se faire arrivent toujours quand c’est le bon moment ; comme une évidence. Avant c’est trop tôt, après c’est trop tard.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 17:57

Après plusieurs semaines de froid et de pluie, nous venons d’avoir quelques jours de vrai beau temps.

Aujourd’hui, c’est un peu différent avec des chutes de températures vertigineuses en 24 heures.

Mais la vigne qui attendait de voir le soleil depuis si longtemps, en a profité à plein et elle a rattrapé en quelques heures des jours de retard. Ce qui ne semblait être qu’un alignement de ceps morts il y a peu se trouve être maintenant une explosion de vie avec des jeunes feuilles partout.

Entre la pousse tardive, les terrains détrempés et le soleil qui manquait pour sécher les sols, on n’avait pas pu faire le traitement biodynamique de début de cycle végétatif. Puis, les choses s’accélérant, on a même pensé avoir loupé le moment optimal.

Heureusement, le soleil a permis de sécher des sols encore impraticables trois jours avant. J’ai donc pu « lâcher » les tracteurs dans les parcelles et tout s’est bien passé.

Maintenant, il reste à attendre le premier traitement qui arrivera sûrement dans quelques jours.


Avant cela, si les sols continuent de sécher, on pourra peut-être envisager de commencer les labours de printemps. Là aussi, on est presque prêt. Le petit tracteur à chenille est attelé à la charrue.

On espère juste que les choses ne vont pas se répéter comme ce fut souvent le cas depuis des semaines ; avec une pluie qui arrive toujours pour mouiller les sols quand ils étaient presque devenus praticables.


Mais, pour ça et pour tout le reste, c’est la vie des vignerons et des paysans au sens large. On y est habitué.

Si les choses allaient toujours bien on s’ennuierait…

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 18:11

La semaine dernière, le Bordeaux viticole était en ébullition ; au moins dans les grandes appellations.

Tout le monde du vin au niveau mondial était réuni pour déguster le dernier millésime en cours d’élevage.

Les français qui aiment tant s’auto-flageller devraient avant tout reconnaitre le succès énorme de cette grande messe médiatico-commerciale unique au monde. Au lieu de se féliciter que les vins français attirent des professionnels du monde entier, à leurs frais, certains ne tarissent pas de critiques sur le fait de présenter des vins non-finis avec tout le caractère aléatoire qui entoure la comparaison avec le résultat en bouteille après l’élevage.

Pourtant, les mêmes qui vocifèrent sont en général présents eux aussi pour faire la même chose avec des vins là aussi en élevage et pour lesquels on n’est pas sûr de la correspondance avec le résultat final.

Pays bizarre qui n’aime pas les succès.

 

Durant cette semaine, j’ai moi aussi profité de cette ruée vers Bordeaux. Plusieurs clients potentiels avaient pris rendez-vous pour venir me rencontrer et surtout déguster mes vins. Pourtant, ce n’est pas du vin en élevage qu’ils ont pu déguster mais uniquement du vin en bouteilles des millésimes commercialisés. Je ne peux pas parler de millésimes à la vente puisque tout ou presque est déjà vendu.

J’ai donc reçu les gens pour la beauté du geste on pourrait dire.

Mes vins comme la plupart des autres vins ne sont pas des produits de spéculation. Il n’y a donc pas d’intérêt pour un acheteur potentiel de les acheter en primeur.

C’est la raison pour laquelle je ne fais pas déguster de vin en élevage.

 

Mais ces rencontres sont toujours l’occasion d’échanges et de découvertes de vies différentes, parfois rocambolesques. C’est d’autant plus intéressant qu’il n’y a pas vraiment d’objectif commercial véritable, au moins immédiat, dans ces rencontres.

 

Ce qui nous unit toujours, c’est l’amour du vin dans son rôle le plus noble, celui de sang de la vigne, cette plante animale qui est capable d’exprimer chaque variation de sol avec une précision qui laisse toujours admiratif.

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 17:20

La vie de nos deux enfants a été fortement influencée par la vigne et l’implication extrême qui a été la nôtre durant les premières années de notre aventure.

Ils ont sûrement payé le prix fort dans le sacrifice qu’il a fallu consentir pour créer ce que nous avons à partir de pas grand-chose et sans argent.

Leurs vacances et leurs week-ends ont plus souvent été dans les vignes que dans des activités de loisir.

 

Aussi, à l’heure des décisions pour leur avenir, ils ont délaissé ce milieu du vin qui leur semblait si exigeant. Pour un jeune adolescent, le prix à payer pour le bonheur d’un pied de vigne ou une larme tirée de la dégustation d’une bouteille de vin ne peut pas être celui qu’on s’est imposé à nous-mêmes et à notre cocon familial.

 

Nous n’avons jamais tenté de les influencer dans leurs choix. Pour une fois, on pense avoir été de vrais parents. On était là pour aider sans influencer ; chacun devant trouver sa propre identité sans devenir un prolongement des parents dans leurs idées ou dans leur vie. Nous avons le même raisonnement avec les ceps de vigne que nous aidons dans l’expression de leur identité sans leur forcer la main pour les faire ressembler à des premiers de la classe ; même quand ils n’en ont pas le potentiel.

 

Mais, nos enfant sont un peu comme nous, la sève de la vigne coule aussi dans leurs veines. Et finalement, ils reviennent toujours au vin car c’est finalement pour eux aussi une sorte d’évidence, de seconde nature, de socle culturel.

Comme le disait Cabrel « il a fait tout le tour de la Terre, il n’a pas trouvé mieux que son vieil arbre,… »

 

Et à l’heure actuelle, on les retrouve tous les deux en stage dans des entreprises travaillant pour le milieu du vin ; une en amont de la production, une autre en aval.


Après avoir appris la dégustation très tôt puis l’avoir délaissé au profit des boissons à la mode chez les adolescents, on les revoit très souvent un verre de vin à la main ; sentant les arômes et faisant tourner le vin dans la bouche pour en apprécier la structure et la complexité.

 

Pour des parents vignerons, c’est déjà une grande satisfaction…

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Corinne Comme - dans Etats d'âme
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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:29

Le printemps n’arrive pas à s’imposer. Une journée de beau temps est suivie par deux ou trois jours de temps instable ; ou le contraire.

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Ce matin, il y avait des gelées blanches y compris sur Pauillac, ce qui n’est pas courant.

 

On n’arrive pas à réellement enclencher le cycle de la vigne. Les cycles de la lune qui sont souvent proches de 9 ans. Mais pour une meilleure correspondance il est préférable de prendre 36 ans (soit 4 fois 9 ans). En comparaison avec le millésime actuel, on tombe sur 1977.

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Et en 1977, il avait neigé à Pâques à Bordeaux au début avril !

C’est la caractéristique principale de cette année-là car la qualité des vins n’a pas laissé de souvenir impérissable.


Heureusement pour nous, tout reste néanmoins encore à écrire pour 2013. On ne part pas sur débourrement précoce, c’est maintenant une certitude mais on a la chance dans ce métier, de pouvoir parfois produire de beaux vins grâce à un peu de chance et quelques semaines de beau temps bien placées.

Peu de gens se souviennent que 2009 a commencé avec beaucoup de pluie jusqu’à la fin juin.

2011 et 2012 auraient pu entrer dans la légende si la pluie ne s’était pas déclenchée à la fin septembre réduisant ainsi l’optimisme de rigueur.

 

Ainsi va la vie du vigneron…et de la vigneronne.

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Corinne Comme - dans Divers
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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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