17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 16:22

Tout vigneron qui se respecte adore montrer « ses » fleurs de vigne car elles sont la promesse de la récolte à venir.

Je ne vais donc pas déroger à cette règle !

Elles symbolisent un virage de la saison. La vigne arrête de n’être que dans la production de feuilles et elle s’intéresse à sa reproduction. Elle quitte l’adolescence pour entrer dans l’âge de l’amour ; prémisse de l’âge adulte.

C’est aussi une des premières opportunités pour la vigne d’exprimer le terroir sur lequel elle se développe.

L’intensité et la qualité aromatiques sont étroitement liées au terroir. D’une certaine façon meilleur est le terroir, plus intense et plus fines sont les senteurs de la fleur de vigne.

Evidemment, chaque cépage joue un peu sa partition à sa manière et un Merlot ou un Cabernet Franc plantés au même endroit n’auront pas la même odeur.

Pour nous, lorsque nous avons appris à connaitre notre vignoble, ce lien entre l’odeur de la fleur de vigne et le terroir a été un outil majeur et puissant de progrès.

Sans fosse pédologique et juste avec un nez, on a pu affiner, parfois au pied près, la segmentation de nos différents micro-terroirs.

C’est gratuit et redoutablement efficace.

Heureusement, on ne redécouvre pas une vérité nouvelle tous les ans et nous explorons de nouvelles voies plus subtiles pour mieux comprendre la vigne et les terroirs.

Mais nous utilisons toujours cette connaissance acquise au moment de la fleur.

Pourtant, il nous reste encore tant de choses aussi simples que celle-là pour être plus performants dans notre travail de tous les jours !

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 10:45

Hier, je recevais sur le domaine mon importateur au Brésil. Nous travaillons ensemble depuis maintenant quelques années mais nous n’avions jamais eu l’occasion de nous rencontrer.

C’est donc chose faite. Et en plus sous un magnifique soleil ; ce qui cette année s’apparente à un luxe bien agréable.

Chacun a pu tout d’abord mettre un visage sur son interlocuteur et découvrir qui est l’autre, sa vie, sa famille,…

C’était donc une visite viticole et humaine à la fois. Champ des Treilles était la colonne vertébrale de la rencontre mais le Brésil a lui aussi était très souvent évoqué.

On a même parlé de l’effet que cela fait de savoir que son vin part dans des contrées aussi lointaines et exotiques. Effectivement, en préparant les étiquettes ou en filmant la palette, je pense toujours aux bouteilles qui vont se retrouver à l’autre bout du monde dans un environnement totalement différent de chez nous.

Je repense aussi à la petitesse de notre chez nous en faisant dans ma tête un zoom arrière sur la carte du monde. Notre petit village devient un point insignifiant et surtout très loin de la destination finale des bouteilles.

Bref, encore une fois une bien belle rencontre !

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 09:02

Les médias viennent de relayer l’information selon laquelle une partie de la cave de l’Elysée vient d’être vendue aux enchères.

Question d’éthique ! Pensez-donc, on ne peut pas faire déguster de grands vins dans de grands millésimes aux chefs d’états et autres hautes personnalités étrangères qui sont les invités de la présidence.

La vente aurait rapporté 300000€. Une grosse somme pour le commun des mortels mais un grain de sable dans les 2000 milliards de dette de l’état ; dette qui monterait même à 5000 milliards selon d’autres calculs.

S’il y a une activité qui n’est pas délocalisable c’est bien la viticulture. Le monde entier nous envie nos vins. Mais le premier des français en a honte.

On savait déjà que notre président n’aime pas les riches et il le montre un peu plus chaque jour. Mais on sait maintenant qu’il n’aime pas les vins chers.

Il est donc question de rediriger la cave de l’Elysée vers des vins plus modestes. Exit les Petrus 90 !

Imaginez donc un chef d’état étranger à qui on servirait un Champ des Treilles après lui avoir suggéré qu’un Haut-Brion est trop cher pour lui !

Mon domaine est trop récent pour avoir produit du 92, du 77 ou du 74 mais je pense qu’il doit encore en exister çà et là. Et leur propriétaire serait ravi d’en faire profiter l’Elysée à bon prix…


Pour les sorties officielles, on aurait le choix suivant les destinations entre la DS noire, la Micheline à siège en bois et la Caravelle qui a fait les beaux jours d’Air-Inter dans les années 60. Trop dispendieux les TGV et autres Airbus.

En cherchant encore, on pourrait trouver du 68 pour bien marquer la révolution anticapitaliste. Pour le symbole on peut aussi servir du 1936. C’est plus difficile à dénicher mais cerise sur le gâteau c’est un millésime de faible qualité.

Donc vieux, démodé et fané. Parfait pour promouvoir l’image de la France !

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 09:52

Les dernières pluies ayant rendu tout labour impossible dans les vignes, nous en avons profité pour soutirer le petit champ 2012. A cette saison, on a toujours des scrupules à s’occuper du vin car le travail dans les vignes est tellement prenant qu’il passe souvent en priorité et le vin comble les trous dans l’emploi du temps.

Rassurez-vous, à d’autres moments, c’est le contraire et personne n’est définitivement oublié !

Le plus remarquable dans un soutirage, c’est toujours le fond de la cuve. Les formes que prend la lie ne sont jamais les mêmes. Suivant les moments, il y a plus ou moins de tarte et plus ou moins de lie. Les proportions entre les deux changent et donnent des structures et des motifs tout aussi uniques qu’éphémères.


Que nous réservera la fois suivante ? Personne ne le sait. Ce sera la surprise du prochain soutirage !

Certains vont chercher loin le sensationnel. Nous, on le trouve tout simplement autour de nous en regardant les choses du quotidien quand elles sont passées par le filtre du vivant.

Un vrai plaisir pas cher !

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 15:40

Je suis de plus en plus effrayée de voir comment la vigne est traitée dans la vision « moderne » de la viticulture. Autour de moi, je vois des parcelles être arrachées alors qu’elles ont à peine 20 ans. Elles sont remplacées par de nouvelles plantations en laissant le sol nu seulement quelques jours entre les deux générations de vigne.

Pourtant, 20 ans ce n’est même pas l’âge d’une vigne adulte. Elle est arrachée et aussitôt remplacée par de nouveaux plants qui eux-aussi dureront une ou deux décennies au maximum avant de passer à autre chose ; nouveau cépage pour s’adapter à une mode aussi improbable qu’éphémère, nouveau porte-greffe supposé doper la qualité, densité de plantation plus en rapport avec les préoccupations du moment mais par forcément de la qualité,… Autant de bonnes raisons de sacrifier une parcelle en fin d’adolescence.

Souvent, le système de conduite est totalement dans la logique de cette faible durée de vie. Est-ce lui qui génère des vignes qu’il faut renouveler souvent ou la rotation rapide qui rend possible un système de conduite aux antipodes du respect du vivant ? Sûrement un peu des deux ou les deux à la fois comme les deux faces d’une même pièce où chacune ne trouve sa justification que dans l’existence de l’autre. Sans face, pile n’existe pas et inversement.

Ainsi, la vigne devient une sorte de céréale qu’on cultive le temps qu’il faut et qu’on supprime pour refaire une autre vigne en lieu et place de la première.

Pendant son temps de vie, elle n’aura pas été respectée. On lui aura fait subir tous les traumatismes et toutes les humiliations en ne respectant aucune des règles les plus élémentaires du vivant.

La dimension symbolique qu’ont la vigne et le vin dans notre civilisation a été oubliée et enterrée depuis longtemps. La symbolique du vin, c’est trop loin des gros tracteurs et des dernières technologies.

La vigne est devenue un produit jetable.

Cerises sur le gâteau, je suppose que les plantations ont dû être réalisées à l’époque avec des aides publiques et que maintenant, les arrachages et les replantations se font aussi avec des aides publiques.

Il faut bien utiliser les crédits ; dirait un de mes proches, sinon ils iront dans la poche de quelqu’un d’autre qui n’en aura pas plus besoin que nous.

Evidemment, vu sous cet angle…

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 14:32

Entre deux averses et deux traitements, les labours continuent et l’herbe continue de pousser. La nouveauté de l’année, c’est l’intervention régulière de notre fils Thomas qui pendant ses temps libres durant son stage vient décavaillonner nos vignes.

Il a conduit des enjambeurs durant plusieurs années à Pontet-Canet en boulot d’été et il a donc une solide expérience dans les tracteurs enjambeurs et les tracteurs tout-court.

Il s’est trouvé une passion pour les travaux du sol et cette année, son père lui a confié la gestion des labours dans les vignes à 1m ; celles qui sont travaillées à l’enjambeur.

Puis, il a entrepris les parcelles les plus délicates au décavaillonnage au tracteur interligne. Cette opération traditionnelle est longue et fastidieuse. Elle requiert patience et habileté car une charrue articulée va passer entre les souches pour aller sortir la terre et l’herbe qui s’y trouvent.

C’est pour toutes ses raisons que le décavaillonnage a beaucoup régressé dans les vignobles.

En fonction des modes on lui reproche aussi plein de choses sur la vie du sol, la fertilité de la terre,…que sais-je encore ?

Pourtant, il reste pour moi une opération primordiale qui donne au labour toute sa noblesse et tout son intérêt pour la pérennité des sols.

C’est la seule méthode pour vraiment retourner la terre et donc mettre les racines des herbes vers le haut et permettre aussi au sol de ne pas se resalir instantanément.

C’est certes un peu plus long mais beaucoup plus durable et peu consommateur d’énergie et de technique complexe (et donc perfectible).

La plupart des autres techniques ne font que lever le sol et les herbes, qui retombent au même endroit aussitôt après le passage de l’outil. Dans des conditions pluvieuses comme cette année, le sol se resalit tout de suite et il faut donc repasser.

Thomas s’est affranchi de sa mission avec brio. Il a même donné à cette saison de labour un air de neuf par son enthousiasme et sa volonté de bien faire et de faire mieux que d’habitude.

En étant ainsi poussé et presque bousculé par la génération suivante, on pourrait croire qu’on est devenu vieux !

Pourtant, ces vignes cela ne fait que…16 ans qu’on les a récupérées de la génération précédente. 16 ans déjà ? Quand même…

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 10:15

Entre deux épisodes pluvieux, nous avons enfin pu commencer les labours de printemps.

Cette année, nous avions aussi une nouveauté qui nous a retardé, c’est l’achat d’un enfonce-piquets. D'habitude, nous en empruntions un qui fonctionnait bien mais qui était « fabriqué maison » comme on dit. Et dans ce pays, il y a de moins en moins de place à ce genre de fantaisie. Tout doit être conforme, homologué,…

Donc, j’ai commandé, certes tardivement, un appareil neuf. Heureusement, il était disponible chez le fabricant. Mais « disponible » dans un pays du Sud comme la France, c’est un mois de délai.

Donc, les piquets neufs de remplacement ont été distribués dans les rangs mais sont restés en travers de rangs.

Cela a empêché toute velléité de labour avant l’enfoncement des piquets !

Heureusement, un camion a pu être trouvé et mon appareil est arrivé.

C’est une machine basique mais truffée de sécurités qui rendent le travail beaucoup plus fastidieux qu’avant et on comprend que beaucoup « simplifient » tout cela. Chez nous ce ne sera pas le cas car il va fonctionner 2 jours par an ; donc on peut prendre son mal en patience et laisser la machine dans son état d’origine en pensant qu’on est un pauvre pays !

Les piquets sont maintenant en grande partie enfoncés et j’ai pu ressortir mon petit tracteur à chenilles pour commencer à retourner la terre.

Il n’y a pas à dire, d’être dans les vignes rend la vision des choses plus claire. Et en plus d’être assise à la hauteur des ceps, sans cabine, cela donne une proximité avec la vigne qu’on n’a plus avec les engins plus classiques. Avec les tracteurs à cabine, on est en position haute pour dominer la vigne avec dédain, tout en s’en protégeant grâce aux vitres de la cabine et à la climatisation !

Avec mon petit engin, j’ai vraiment l’impression d’être en osmose avec ma vigne


Dans mes ballades dans les rangs, j’ai remarqué le changement de flore depuis quelques années. Des plantes « positives » ont succédé à des espèces moins favorables ; dans la vision symbolique qui est la nôtre et en parfaite adéquation avec le moment et la saison.

Et c’est avec grand plaisir que je retourne ces plantes pleines de bienfaits et qui, revenant à la terre, vont à leur tour contribuer à rendre mon sol plus vivant et plus vrai.

Le ciel bleu et des vignes magnifiques, que demander de plus pour accéder au bonheur ?

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 14:34

Avec le soleil et le mois de Mai, on a enfin pu commencer les travaux en vert à la maison. Travaux en vert est quand même un bien grand mot car chez nous, cela se résume à l’épamprage. La vigne a atteint son équilibre par les pratiques de respect que nous avons pour elle.

Il n’y a pas toutes les opérations agressives dont beaucoup se vantent encore mais qui ne sont que des constats d’échec car des pratiques seulement destinées à combler maladroitement une erreur faite préalablement.

Nos rapports avec la vigne sont du niveau d’une éducation d’un parent à son enfant. A ce moment de l’année, elle est encore dans l’enfance et va entamer son adolescence.

Les parents que nous sommes vont la guider, la protéger, lui donner des règles. Ainsi, l’épamprage est l’une de ces règles. Une vigne que l’on n’épamprerait pas deviendrait un buisson sans récolte. Or, sans récolte, il n’y a plus de viticulture.

C’est la même chose avec la taille qui reste une opération obligatoire sous peine de passer dans un autre type de pratique, c’est-à-dire la vigne redevenue sauvage qui ne produit plus vraiment de raisin.

Puis, comme tout parent qui voit ses enfants grandir, on va progressivement prendre du recul et laisser la vigne trouver son identité ; on va même l’aider à exprimer qui elle est.

Ainsi, rentrée dans l’âge adulte dans son cycle annuel, quelques temps après la fleur, elle aura beaucoup moins besoin de nous car elle saura exprimer clairement qui elle est.

Mais on n’en est pas encore là. Pour l’instant, elle vient tout juste de dépasser le stade des couches culottes et s’apprête à entrer dans son adolescence pour quelques semaines avant la fleur.


Donc, elle a vraiment besoin de nous. C’est heureux car on est là pour elle, car elle est un peu le prolongement de nous…

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 17:19

La semaine dernière, je me suis rendue à une conférence organisée au Château Fonroque à Saint-Emilion.

Le sujet exact était : "Rayonnements cosmiques & planètes : à la découverte de leurs influences primordiales sur notre climat et de leur lien avec le travail en biodynamie"

L’intervenant s’appelle Benoit De Coster ; il est belge.

Arrivé par hasard à s’intéresser à la météo, ce Monsieur a découvert ou plus exactement redécouvert le rôle des rayonnements cosmiques et des planètes du système solaire sur notre climat.

Tout biodynamiste qui se respecte connait et utilise le calendrier des semis de Maria Thun. Mais, il faut reconnaitre que les tentatives de prévision météo qui s’y trouvent semblent manquer de précision. Les informations qui y sont données ne sont pas forcément à rejeter mais demandent évidemment à être affinées et bien évidemment ciblées pour l’endroit où on se trouve.

La conférence de Monsieur de Coster, de ce point de vue, a donné une perspective beaucoup plus large et des bases de réflexion beaucoup plus précises que le calendrier des semis.

Cette conférence m’a passionnée.

Malheureusement, tout le monde n’a pas partagé mon enthousiasme car à la pause, la moitié des participants en a profité pour disparaitre. Dommage…

Je pense qu’ils attendaient qu’on leur donne une recette toute faite et très simple pouvant permettre de connaitre le temps à venir.

Mais comme toujours, les choses ne sont jamais aussi simples que cela.

L’idée qui nous taraude Jean-Michel et moi depuis plusieurs années et de dire que les prévisionnistes météo actuels ne sont que dans le commentaire de ce qui se passe ou risque de se passer. Ils ne se posent jamais la question du « pourquoi » des choses. Ils commentent l’arrivée d’une dépression sur le pays sans jamais dépasser ce stade en se demandant pourquoi la dépression apparait. Quel est le phénomène encore plus grand qui régit tout cela ?

Monsieur de Coster s’est inspiré des travaux réalisés au 19ème siècle par Mathieu de le Drôme.

Déjà à l’époque, ce dernier s’est heurté à un manque de curiosité de ses pairs. Je ne dis pas qu’il avait raison sur tout ; mais au moins ces thèses méritaient-elles d’être débattues au lieu d’être repoussées sans autre forme de procès.

Remarquez que c’est une peu la même chose avec la biodynamie qui est souvent ignorée sinon combattue par le milieu scientifique établi au seul argument qu’elle ne s’inscrit pas dans leur cercle de connaissance.

Pourtant, Mathieu de la Drôme a publié un Almanach dont la parution a duré jusqu’en 1939.

Monsieur de Coster utilise maintenant des outils de connaissance du ciel bien plus performants que ceux de son prédécesseur. On peut visualiser le ciel en 3D à n’importe quelle date.

Le jour de la conférence, il avait suggéré du froid pour le week-end du 28 avril. A l’époque, les météorologues ne l’avaient pas envisagé. Pourtant, c’est bien du froid qui est arrivé produisant quelques gelées sur les vignes en Gironde et même de la neige à Lyon.

Comme quoi, il y a encore beaucoup de choses à apprendre ou plus dramatiquement à réapprendre !

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 16:00

Ceux qui connaissent ce blog depuis plusieurs années savent que la tradition locale, c’est petit déjeuner avec l’omelette à l’aillet et du vin doux.

Il parait que ce plat nous met à l’abri des fièvres pendant un an.

Cela fait bien longtemps que j’ai arrêté de rire face aux pratiques anciennes. Evidemment, la présence du vin liquoreux au côté de l’aillet semble être la touche de douceur pas forcément indispensable. Mais l’aillet est un concentré de principes actifs et en l’ingérant, on a l’impression de se faire du bien.

Aussi, comme tous les ans, nous nous sommes exécutés et avons préparé cette omelette salvatrice.

N’ayant plus une seule bouteille de liquoreux « maison », le Vieilles Vignes, nous avons ouvert un Barsac qui m’est proche.

L’an dernier, nos enfants étaient en études à l’étranger, Pays de Galles et Suède. Dans leurs brumes lointaines, ils avaient eux-aussi respecté cette coutume de notre pays foyen et avaient envoyé des photos de leurs omelettes respectives.

Cette année, les deux sont en stage.

Thomas était réquisitionné avec un groupe d’étranger pour plusieurs jours. Je pense qu’il aura différé la réalisation de son omelette.

Depuis sa Californie, Laure n’a pas oublié son petit pays et a réalisé son omelette dont une photo nous est arrivée dans l’après-midi ; décalage horaire oblige.

Je pense que dans sa région elle était la seule à suivre une telle tradition.

Elle ne nous a pas dit quel vin aura accompagné son plat…

Est-ce que la lutte contre les fièvres fonctionne encore avec un vin californien ?

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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