le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Jeudi 2 juillet 2009

Il y a quelques jours, je vous montrais les photos de pieds de vigne. Depuis, les raisins ont continué de grossir avec conviction et sérénité.

Ils sont toujours aussi beaux et me donnent un immense sentiment de fierté lorsque je les regarde. Maintenant, il me tarde vraiment d’être aux vendanges.

C’est la première fois que le travail dans le vignoble n’est pas en retard. Les relevages sont finis. Le deuxième épamprage a commencé et permettra d’enlever tous les gourmands qui se sont développés après le premier passage.


Une fois de plus, notre objectif d’une récolte naturellement petite, sans vendange verte en juillet sera atteint. Les raisins sont là, mais les grappes sont peu fournies en baies. C’est un bon présage car l’air pourra circuler entre les grains jusqu’à la récolte ; prévenant ainsi les attaques de pourriture.

Avec nos conditions de culture, l’effeuillage est lui-aussi totalement inutile. Les grappes sont suffisamment exposées au soleil, mais pas trop. Ainsi, on préserve le fruit sans les vins.


C’est donc une vraie viticulture nature.

Chaque année qui passe nous oriente un peu plus dans ce sens, c'est-à-dire une voie où seul le terroir parle à travers le cépage. Nous sommes là uniquement pour servir la vigne quand elle nous le demande.

Rappelez-vous, la vigne a un côté animal et peut donc s’exprimer…au moins vers ceux qui sont capables de la comprendre. Ils ne sont certes pas nombreux maisj'essaye de faire partie de ceux-là !

 

Par Corinne Comme - Publié dans : Vie du Domaine
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Lundi 29 juin 2009

Comme tous les ans, nous avons honoré ce week-end la mémoire de la maman de Jean-Michel disparue il y a déjà 12 ans. Elle a aussi eu la mauvaise idée de partir la veille de son anniversaire, pour ajouter encore une couche d’émotion à ces moments difficiles.

On ne se remet jamais vraiment de la perte de ses parents. Je sais que Jean-Michel souffre encore de la disparition de sa maman. Pour moi, c’est plus récent mais tout aussi douloureux.

Comme souvent lors de moments de souvenirs, nous avons allumé une bougie qui a brûlé toute la journée. C’est notre façon de nous souvenir de ceux qui ne sont plus là.

Le drapeau italien a aussi flotté sur le Champ des Treilles. C’était tout autant pour honorer la mémoire de ma belle-mère que celle de ses parents qui ont travaillé très dur toute leur vie pour acquérir ce modeste bout de terre et qui, à la fin de leur vie, ont eu à subir la plus dure des épreuves que constitue la perte de leur fille.


Que d’affectif dans tout cela ! Mais nous avons, Jean-Michel et moi la moitié de notre sang qui parle italien ; aussi, l’affectif pour nous c’est une seconde nature !

Notre projet tout entier est très marqué par l’affectif. S’il n’y avait pas eu de passion ni d’affectif, nous n’aurions jamais conservé ce petit domaine.

Après plus de 10 ans passés à servir cette terre, nous pouvons mesurer le chemin parcouru. Nous ne l’avons certes pas transformé en Premier Cru mais le vignoble est beau, en bonne santé, les bâtiments sont beaux et fonctionnels et le vin a une réputation qui monte un peu tous les jours.

J’espère que de là où elle est, Marie-Claire peut voir le travail que nous avons effectué. J’ai des peines à penser que c’est le cas.

Mais quand samedi soir nous avons vu le coucher de soleil sur la petite église de Margueron, on pouvait penser qu’il y avait autre chose que des rayons de soleil sur des nuages…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Corinne Comme - Publié dans : Etats d'âme
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Vendredi 26 juin 2009

Ca y est, c’est terminé, Vinexpo 2009 a vécu.

Pour moi, ce fut une semaine bien chargée mais…je n’ai pas pu aller à Vinexpo !
Surprenant me direz-vous. Pourtant c’est vrai, je n’ai eu que des rendez-vous à la maison avec des clients confirmés ou potentiels.

Donc, je n’ai pas directement assisté à la grande messe vinicole mondiale qui se déroulait à quelques dizaines de kilomètres de chez moi.

Cela dit, j’ai toujours pensé que lorsque quelqu’un fait l’effort de venir à Margueron, petit village perdu  au fin fond de la Gironde, il a un peu plus de motivation pour acheter mes vins que lorsque je le croise dans une allée de Vinexpo. D’autant que je n’aurais pu m’offrir au mieux que quelques dizaines de centimètres carrés de stand dans un endroit reculé du salon…

J’ai reçu les professionnels chez moi, dans ma maison, mes chais et surtout dans mes vignes. J’ai pu leur montrer le vignoble qui n’a jamais été aussi beau qu’en ce moment.
J’espère qu’ils auront pu être sensibles aux liens affectifs qui nous lient mutuellement, les ceps de vigne et moi.

La vigne est tellement belle que j’en ai les frissons dans le dos lorsque je la regarde.

On est loin du faste déployé par les grandes marques ou les domaines prestigieux pour attirer ou justifier leur rang. Je ne suis pas jalouse de ces gens là qui me permettent aussi de pouvoir disposer à côté de chez moi, durant ces jours particuliers, de tous les acheteurs de vin de la planète.

Mais mon discours, ma philosophie et tout ce que je peux présenter ne sont pas dans le même monde. Ce n’est pas opposé ; c’est tout simplement différent.

Notre aventure est humaine et affective avant tout. Nos vins sont élaborés avec une volonté réelle de représenter avec le plus de justesse possible le sol qui porte la vigne.

Ils contiennent aussi nos joies, nos peine, notre sueur, parfois même notre sang.

Tout cela, c’est difficile de l’exprimer dans un hall de 500 m de long entouré de milliers de personnes.

Mon seul et véritable regret est de ne pas avoir pu rencontrer les amis qui se trouvaient sur le salon. J’aurai bien aimé pouvoir passer quelques minutes avec eux. Ce sera pour une autre fois.

Mon bilan semble être positif. Maintenant, il va falloir attendre les retours c'est-à-dire les bons de commande.  Mais c’est une autre histoire. Le plus important est de garder en mémoire les instants vrais d’échange avec ces visiteurs venus de loin pour écouter notre discours et partager notre vin sous notre toit …

Par Corinne Comme - Publié dans : Vie du Domaine
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Vendredi 19 juin 2009

Nous avons fait le tour du vignoble avec Jean-Michel.

Les pieds de vigne sont beaux et ressemblent à ce que l’on attend d’eux c'est-à-dire d’avoir des grappes naturellement aérées, un port très droit. Leur équilibre général nous dit qu’il n’y a rien à changer.

Nous aurions pu tous les photographier tellement ils sont tous beaux.

Malheureusement, il faut se limiter !

Je vous en propose quelques uns seulement.





Pour finir, une photo de rose en bout de rang :


Voilà ce que je voulais vous montrer aujourd’hui.

En voyant ces pieds de vigne, j’ai un sentiment de sérénité ; l’accomplissement d’un cycle dans l’harmonie et le respect.

C’est au moins mon point de vue
Par Corinne Comme - Publié dans : Vie du Domaine
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Mardi 16 juin 2009


Il y a un peu plus d’un an, j’annonçais que je n’aimais pas les vignes hautes et larges. Et bien, un an après, c’est toujours la même chose et peut-être pire encore !

Je ne vais pas refaire l’article de l’an dernier en le paraphrasant un peu à la façon des chercheurs qui communiquent pendant des années sur les mêmes résultats en les présentant un peu différemment à chaque fois, histoire de faire plus neuf.

Pour les vignes larges, je pense que les photos parlent d’elles-mêmes.



On se demande si on est encore en présence de vignes ou de plantations de kiwis.

Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemble un verger de kiwi, c’est un peu ça mais avec des feuilles un peu différentes.

Les raisins n’ont pas prévu de voir le soleil. Ce n’est pas très grave car le soleil n’est pas toujours présent, donc les raisins ne manquent pas grand-chose…

Mais rassurez-vous les branches vont être relevées. En quelques minutes, le rang si épais va faire un régime type « slim-fast ». Il ne va plus mesurer que quelques centimètres de large.


Je ne souhaite pas me mettre à la place d’une branche ou d’un raisin. Ce n’est pas grave car ces vignes là n’ont pas été pensées pour confort des branches et des raisins, mais seulement pour faire du jus qui deviendra du vin.


Même les souches n’ont pas la poésie qu’ont d’ordinaire les vieilles souches. Là, très rapidement les ceps semblent porter le poids des ans après une vie à s’épuiser en nourrissant trop d’enfants à la fois.


Le seul avantage est que  l’on peut produire pas cher. Mais à quoi sert de produire pas cher quand plus personne ne veut le vin qui en est issu.

Heureusement, nos instances dirigeantes ont bataillé ferme il y a quelques mois pour maintenir ce système de conduite tellement parfait que grâce à lui plus personne ou presque ne souhaite maintenant acheter de Bordeaux, jugés chers et pas bons.

Et dire que la France est déficitaire dans la production de kiwis. Il y aurait des reconversions à envisager pour ceux qui aiment trop les vignes hautes et larges !

Par Corinne Comme - Publié dans : Je n'aime pas...
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Lundi 15 juin 2009

Avec le retour (provisoire) du beau temps, le week-end a été totalement dédié à la vigne.

Il y a eu encore 13 mm de pluie dans la semaine, ce qui a quelque peu dérangé le planning des travaux. Pour une fois, nous ne sommes pas en retard. Toutes les vignes sont épamprées et relevées.

Le feuillage et les grappes sont indemnes de mildiou ; ce qui n’est pas si mal que ça dans la région. Nous ne crions pas victoire pour autant car il convient de rester vigilant ; concentré comme le dirait Jean-Michel.

J’en parlais la semaine dernière dans le message sur la lune ; nous sommes dans une phase très délicate du mois. Même s’il n’y a pas de pluie (ce qui serait surprenant), la pression du mildiou risque d’être forte dans les jours prochains.

Il convient donc de protéger la vigne mais surtout de l’aider à se protéger seule ou avec une aide moins pressante de notre part.

Pour cela, nous puisons dans la culture biodynamique et cela semble fonctionner assez bien !

Pour Jean-Michel et les vignes à 10000 pieds par ha, ce fut donc traitement et poudrage avant un hypothétique épisode pluvieux. Il faut aussi ajouter un griffage car les rangs commençaient à être remplis d’herbe.


Les leçons de l’année 2008 ont été tirées et cette année, il a systématiquement laissé des « rangs de passage » pour être sûr de pouvoir passer traiter avec plus de facilité, ou moins de difficulté, en cas de conditions humides.

Les années difficiles servent aussi à s’améliorer en se confrontant à des situations difficiles et nouvelles. Bien-sûr, on préfèrerait voguer sur une mer calme mais à postériori, on se sent grandi après les épreuves.

Pour les vignes à 5000 pieds par ha, (soit 2 m d’écartement) le programme fut presque similaire : traitement et poudrage.  Là, c’était mon beau-père qui était aux commandes. Cette année, il est d’une remarquable efficacité.



Il était plus que dubitatif au début de notre aventure biodynamique il y a quelques années. Lorsqu’on lui demandait de pulvériser pratiquement de l’eau pure, il nous  prenait ouvertement pour des fous. Maintenant, il mesure l’évolution qualitative de nos vins et constate parfois à sa plus grande stupéfaction que les voisins en lutte chimique ne font pas mieux que nous en matière de maladie. Surtout, il ne supporte plus les pesticides qui faisaient pourtant partie de son environnement quotidien pendant des années.

Je ne serais pas totalement honnête si j’omettais de mentionner que pour ma part, la vigne fut une préoccupation moins importante que d’habitude. J’ai révisé le français du bac !

Je n’envisage pas de repasser cette épreuve qui a occupé mon esprit il y a longtemps déjà.

J’ai aidé ma fille dans ses révisions. Tout comme Thomas il y a deux ans, elle a eu une prof de français en absence quasi permanente et des cours recopiés intacts sur internet. Avec un long arrêt de  la maladie, les profs sont remplacés mais avec une multitude de semaines d’absence, il n’y a aucune solution de prévue, mis à part de renvoyer les élèves chez eux.

C’est déjà une véritable honte de laisser des élèves avec de tels professeurs mais lorsqu’il s’agit de futurs candidats au bac de français on ne peut que crier à l’imposture.

Ne voulant pas laisser ma fille dans le désarroi, j’ai repris mes automatismes de jeune lycéenne. C’est marrant comme les choses reviennent assez facilement.

J’ai ainsi pu me replonger avec délectation dans le Rhinocéros de Ionesco. Ce qui est amusant, c’est qu’en relisant la pièce avec la vision amenée par la culture biodynamique, j’ai pu trouver une profondeur bien plus forte à la pensée de l’auteur.

L’attraction du week-end fut est intervenue dans l’après-midi de samedi. Alors que le soleil brillait dans un ciel pratiquement bleu, un seul nuage a généré une averse assez forte. Le chaud soleil brillait toujours mais il pleuvait. Bizzare…

Je peux aussi ajouter un diner chez notre ami Eric B. Une fois de plus, je me suis sentie un peu ridicule en pensant à ma cuisine souvent improvisée alors que j’étais face à ses plats aussi magnifiques que succulents et impeccablement associés à de très beaux vins.

Voici donc la chronique d’un week-end ordinaire.

Ordinaire ? Pas tant que ça quand même…

Par Corinne Comme - Publié dans : Vie du Domaine
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Vendredi 12 juin 2009

Dans un message précédent, je faisais allusion à la lune qui était pleine dimanche dernier.

Jean-Michel et moi faisons très attention à la lune et ses positions pour notre travail de vignerons au quotidien. Le sujet est sensible car pas admis par tous. Mais lorsqu’on prend la peine de suivre l’évolution de notre satellite, on comprend vite que la culture qui l’entoure n’est pas du tout construite sur du vent. Malheureusement, ce n’est pas non plus une équation à une inconnue où une  « phase lunaire » entraine obligatoirement une conséquence climatique et toujours la même.

Comme souvent, la réalité est plus complexe. Il faut donc apprendre à observer et apprendre tout court. Une fois de plus, c’est une leçon d’humilité.

La lune vit par de nombreux cycles différents qui sont totalement prévisibles (heureusement pour nous) et qui ont chacun leur propre rythme.

Son action est donc la combinaison de toutes ces actions simultanées. Pour connaitre les conséquences d’une « situation », encore faut-il avoir vécu la même chose antérieurement. Ce n’est pas toujours évident, surtout lorsqu’on parle de cycles qui font intervenir des décennies. De plus, les situations ne se renouvellent jamais totalement à l’identique. Il faut donc extrapoler.

La tempête de la fin janvier n’est pas arrivée à n’importe quel moment en ce qui concerne la lune. Pour la grêle du mois de mai, on était dans les mêmes phases. Idem pour la semaine que nous venons de vivre…

Les premières tâches de mildiou elles non plus ne sont pas arrivées au hasard. Elles ont correspondu à certains autres moments précis de la vie de la lune. Ce mois-ci, la période critique devrait se situer dans 2 semaines avec une augmentation progressive d’ici là.

Je ne suis pas Madame Irma pour annoncer cela. Tout bon paysan le sait depuis des milliers d’années.

Encore faut-il en tenir compte. Pour cela, à chacun sa méthode.

Mais c’est un autre sujet.

Par Corinne Comme - Publié dans : Divers
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Mercredi 10 juin 2009

Actuellement, c’est la pleine période d’activité dans les vignes. Il n’y a jamais assez de bras disponibles.

Comme beaucoup de vignerons, j’ai décidé d’embaucher un salarié temporaire pour quelques jours. La personne, qui a déjà fait les vendanges chez nous l’an dernier, a travaillé 4 jours puis m’a appelée en me disant qu’elle avait trouvé autre chose ailleurs ; c'est-à-dire le même travail pour le même salaire. Ne pouvant pas la retenir de force, je suis revenue à mon effectif d’origine ; une fois de plus c’est en famille, le week-end que le travail a dû être fait pour ne pas prendre trop de retard.

Finalement, c’est au chômage que cette salariée peu zélée est allée se faire inscrire avec l’aide d’une assistante sociale. C’est beaucoup plus facile ainsi, il n’y a pas à se baisser à chaque pied de vigne.

Pour la remplacer, j’ai pensé trouver d’autres personnes sans emploi dans le village. Il y en a mais aucun n’a fait mine de venir. L’un d’eux, sollicité par mon beau-père s’est dit intéressé mais ne m’a jamais contacté. Naïf, mon beau-père est allé aux nouvelles, mais en le voyant, le valeureux s’est enfui en faisant semblant de ne pas le voir.

En désespoir de cause, j’ai questionné l’ANPE, efficacement rebaptisée Pôle Emploi. D’abord, il fut impossible de les joindre. Puis, j’ai pu rentrer en contact avec eux. Les démarches ont été faites. Entre autres, deux chômeurs du village ont été contactés mais encore une fois, aucun n’a donné signe de vie.

Heureusement, deux personnes se sont présentées dont une a été embauchée. Pour combien de temps ?

Cette situation est de plus en plus difficile à vivre. Les contribuables et employeurs que nous sommes sont de plus en plus sollicités financièrement mais ma motivation est en berne.

Certains parlaient de la France d’en bas et de celle d’en haut. Je n’appartiens ni à l’une ni à l’autre. Je fais partie de la portion des Français qui se lève le matin pour financer l’autre et dont certains ne font pas franchement d’efforts pour justifier l’aide qu’ils reçoivent de la collectivité, c'est-à-dire de nous.

Lors de la dernière campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait une formule très bien trouvée et qui était que « chaque salaire mérite travail ». Où en est-on deux ans après ?

On a continué dans la même voie de l’assistance. Je ne parle pas de ceux qui se trouvent objectivement démunis après des fermetures d’usines dans des bassins d’emploi déjà sinistrés. Ceux-là méritent l’aide de la nation.

Mais comment peut-on tolérer que certains continuent de rester au crochet de la collectivité alors qu’au même endroit  des entreprises recherchent de la main d’œuvre? C’est le cas dans la vigne au moment des vendanges ou maintenant durant les travaux en vert. Idem pour le ramassage des pommes ou des fraises.

Comment notre société peut-elle entretenir autant de gens sans jamais leur demander aucun compte ?

Un artisan, un commerçant ou un agriculteur qui ne peut plus travailler n’a plus de revenu. Pour moi, en cas d’accident de travail, c’est quelques euros par jour après 21 jours de carence !

C’est insupportable.

Il y a quelques temps, j’ai entendu une personne dire qu’on attend la révolution du côté de ceux qui gesticulent régulièrement mais que la révolution viendra en fait des personnes ordinaires qui sont excédées par tant d’injustices et qui considèrent que leur contribution à la solidarité est un peu excessive.

Sur le moment, j’ai trouvé cette analyse fantaisiste.

Mais à la réflexion, …

Par Corinne Comme - Publié dans : Etats d'âme
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Lundi 8 juin 2009

…et ne se ressemblent pas.

 

Quelques jours après une période d’intense ciel bleu et de températures estivales, nous sommes de nouveau avec un temps perturbé et l’envie de rallumer le poêle à bois.

 

Quand le soleil brille, tout devient facile et beau. Avec la pluie, c’est un peu le contraire. On a l’impression que l’on ne va pas y arriver et que le mildiou va tout emporter.

Heureusement, nous n’en sommes pas encore là. Pour le moment, le vignoble est particulièrement sain. Parfois, on peut voir une tâche de mildiou sur feuille mais sûrement pas plus que chez les voisins qui sont des adeptes de pesticides.

La lune est pleine en ce moment et les phases critiques sont encore devant nous. Aussi, il faut être sérieux et ne rien négliger.

Nous avons encore deux semaines et demie difficiles jusqu’au prochain périgée lunaire (moment où la lune est la plus proche de nous). Ensuite, les choses devraient être un peu plus calme ; pour quelques jours au moins…

 

Ce week-end, ce fut le programme relevage de la vigne. En fait, c’est dans les vignes à 1m que les choses étaient le plus critiques. Nous nous y sommes mis à plusieurs et très vite, les rangs sont devenus droits comme des « i ».

 

Après presque 20 mm de pluie, la vigne était particulièrement couchée et méritait qu’on s’occupe d’elle en le relevant. Ainsi, on peut de nouveau passer traiter si besoin.

 

Tant que le sol était suffisamment « roulant », Jean-Michel a traité ces vignes exigeantes au niveau des conditions d’accès pour le tracteur. En cas de fortes pluies à venir, on n’aurait pas forcément pas possibilité de passer.

En regardant mon mari évoluer dans le tracteur, j’ai pu voir qu’il était entouré de nombreuses hirondelles qui volaient autour de lui. J’ai d’abord été surprise de cela car il n’est plus fréquent de rencontrer de tels oiseaux dans notre région.

Puis, c’est la joie et la fierté qui m’ont envahie. Il est en effet particulièrement satisfaisant de pouvoir être entouré d’animaux alors que l’on traite les vignes. C’est le signe que les animaux savent interpréter ce que l’on fait.

Avec des pesticides dans la cuve, je suis persuadée que l’on aurait pas eu d’hirondelles mais rien du tout ou éventuellement des corbeaux !

 

Il reste encore beaucoup de travail dans la vigne avant que l’on retrouve un rythme de croisière. Cela arrivera mais dans plus d’un mois.

 

Pour l’instant, il faut faire le gros dos et ne pas compter le temps et l’énergie dépensée.

Heureusement, les petites grappes qui finissent la floraison nous motivent encore plus à servir cett vigne que nous aimons tant !

Par Corinne Comme - Publié dans : Vie du Domaine
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Vendredi 5 juin 2009

Il y a des mots qui ne devraient jamais se rencontrer.

Déjà, lors de la première guerre du Golfe, on nous avait familiarisés avec les « frappes chirurgicales ». Ainsi, on pouvait détruire la maison des méchants sans que le voisin soit importuné. Malheureusement, très souvent lorsqu’une caméra s’aventurait sur place un peu après, on pouvait se rendre compte que le fameux voisin qui n’avait rien fait n’existait plus lui non plus.
Ensuite, on a trouvé la fameuse « lutte raisonnée » que j’ai de nombreuses fois critiquée ici-même. On détruit tout à coup de pesticides mais on met la main sur le cœur pour déclarer qu’on ne pouvait pas faire autrement.

Mais depuis quelques temps, l’expression à la mode est le « développement durable ». Grace un Grenelle du tournage en rond, on a essayé de montrer une voie respectant l’environnement tout en continuant notre modèle actuel basé sur la croissance.

Or, j’ai quand même l’impression que développement et durable sont des mots qui n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre ; sauf dans les ministères et les commissions qui sont mises en place sur le sujet.

Je ne suis pas là, pour dire s’il faut choisir le développement ou le durable car les deux mots font référence à des directions relativement opposées.

Mais je pense qu’il n’est pas honnête de faire croire aux gens que l’on peut avoir les deux à la fois.

On continue de produire des emballages car cela fait travailler des gens dans l’industrie du même nom. Ça, c’est pour le développement. Puis, pour le durable on va les récupérer à grand coup de camions et d’usines de recyclages puis on va en faire autre chose ; un autre emballage, un pot de fleur ou un piquet de vigne. Toute cette logistique emploie des gens et utilise aussi des machines produites dans d’autres usines.

Le vrai durable c’est quand même de ne pas produire l’emballage. Mais là, plus d’usine de recyclage, plus de camion poubelle et surtout plus de salariés pour activer tout cela.

En viticulture,  nous ne sommes pas épargnés. Les mèches de soufre pour les barriques ont toujours été conditionnées en boite en carton. Maintenant, elles sont proposées dans des petits seaux en plastique. Certes, c’est plus pratique et moins sensible à l’humidité. Mais ce n’est pas très durable.

Pour surfer sur la vague du bio, des fabricants proposent des agrafes à vignes (pour les levages) biodégradables car issues du maïs.

L’idée  peut paraître intéressante. Mais dans ce cas l’agrafe ne dure qu’une saison. Il faut en racheter tous les ans. De plus, est-ce moralement justifiable de transformer des aliments en agrafes à vigne ? Leur fabrication utilise de l’énergie alors que leur durée de vie est par définition très courte.

A la maison, nous utilisons encore les bonnes vieilles agrafes en métal galvanisé. Ce sont de petits morceaux de fils de fer pliés. Elles durent de très nombreuses années. On les emploie en été et on les récupère pratiquement toutes à l’automne. C’est plus durable mais au niveau développement, on ne stimule pas très souvent l’économie.

Les exemples sont très nombreux et mériteraient des pages.

Le plus grave, c’est que certains qui se sont pris en jeu du développement durable semblent y croire sincèrement !

Heureusement, dans la bible il me semble qu’il y a une phrase du style « heureux les simples d’esprit… »

Par Corinne Comme - Publié dans : Je n'aime pas...
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