Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 09:21

Il y a quelques mois, quand nous avons vu un énorme portique bardé de caméras et autres instruments en travers de la Nationale 89, on s’est vraiment demandé de quoi il s’agissait.

Puis, on a appris que c’était une partie du dispositif destiné à faire payer une « écotaxe » aux poids lourds, c’est-à-dire en vérité au consommateur final.


Qui, mis à part l’état, est capable de concevoir un dispositif aussi idiot que celui-ci ? Il parait que le prélèvement de cette taxe coûte une partie significative des recettes.

Il faut dire que notre pays est un champion du monde en la matière. En cherchant bien, il doit y avoir un tas de taxes qui coûtent plus cher à prélever que ce qu’elles rapportent.

Pour cela et pour tout le reste, on ne fait qu’empiler de nouvelles mesures et contraintes sur celles qui existent déjà ; comme une mille-feuille qui un jour finit par s’effondrer par excès de hauteur et manque de cohésion ou de cohérence de l’ensemble.

On veut favoriser les autres moyens de transport sans se poser la question fondamentale ; c’est-à-dire pourquoi les autres moyens de transport n’attirent pas le fret ?

La réponse est à chercher, non pas du côté des camions mais dans la pertinence de l’offre que propose le train ou le bateau. Grèves à répétitions et toujours sous-jacentes chez les cheminots ou les dockers, manque de compétitivité pour cause d’avantages sociaux d’un autre âge,…

Tout concourt dans notre pays à ce que le camion prospère.

Mais une autre chose m’interpelle. En partant du principe que les portiques s’inscrivent dans une démarche environnementale, ce qui reste encore à prouver, ne pourra-t-on jamais concevoir une gestion « environnementale » des choses sans avoir une attitude punitive envers les usagers ?

On est systématiquement dans une action d’agression de l’usager au lieu d’être dans l’adhésion.

Finalement, les portiques sont mis au rebus ; pour le moment au moins.

Deux solutions s’offrent encore à nous pour l’avenir.

Soit les politiques vont nous ressortir la mesure dans quelques mois et on en reviendra au point de départ.

Soit tout cela sera abandonné et alors, il faudra quand même payer le milliard d’euros nécessaire à dédommager le concessionnaire du parc de portiques. Quel gâchis en tous les cas, surtout pour une mesure « environnementale » qui va envoyer à la casse des centaines de portiques tout neufs.

Il restera aussi à l’état une solution ; celle de renier sa parole comme il l’a fait avec les assurances vie et autres placements, en revenant sur les engagements pris dans les contrats signés il y a presque 20 ans.

Sans rougir et sans honte ; un vrai morceau de bravoure dont seuls les hommes politiques ont le secret…

« Les yeux dans les yeux » comme dirait quelqu’un qui s’y connait dans le mensonge…

Repost 0
28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 09:38

Etant donné le nombre de cuves cette année, nous avons entrepris le premier décuvage en famille, en profitant des vacances scolaires.

Les dernières dégustations avaient fait penser que le vin était arrivé à son meilleur équilibre et qu’il était temps de séparer vin et marc.

Maintenant que les enfants sont grands, ils sont moins souvent là pour aider. Par contre, quand ils aident c’est efficace et souvent pour prendre la place des parents dans les travaux les plus lourds.

Cette année, la nouveauté c’est la présence dans la cuve d’une « pas tout à fait de la famille mais presque ». Chloé, la petite amie de Thomas depuis presque 5 ans maintenant et par ailleurs étudiante en droit, s’est jointe à nous pour ce décuvage.

Premier décuvage

Chloé, on la connait depuis qu’elle était bébé. Les enfants s’étaient un peu perdus de vue puis, un beau jour, on l’a vue réapparaitre dans notre environnement.

On ne sait jamais de quoi demain sera fait, mais les choses semblent bien parties pour qu’elle reste longtemps dans notre environnement !...

Autant dire qu’on était assez nombreux pour une seule cuve.

Les rendements étaient tellement faibles qu’il n’y a eu qu’une seule cuve de Merlot.

On a donc décuvé tous les Merlots dans une seule matinée.

Chez nous, c’est toujours le même mode opératoire.
Une personne dans la cuve qui sort le marc à la fourche.


A l’extérieur, contre la porte il y a un porteur de hotte qui transfère ce marc jusqu’au pressoir.

De loin, c’est un peu fastidieux mais c’est surtout très simple et respectueux de la vendange.

C’est donc Thomas qui s’est chargé de cette activité physique.

Premier décuvage

Du coup, Jean-Michel et moi sommes restés un peu hébêtés, ne sachant quoi faire.

Heureusement dans un chai ou une exploitation viticole, il y a toujours du travail ; ne serait-ce que du nettoyage.

Le chantier de décuvage n’a donc pas duré trop longtemps. La cuve vidée est redevenue propre en peu de temps et déjà prête pour l’an prochain. En souhaitant retrouver des bases de rendement plus conformes à la moyenne.


Maintenant, il reste encore Cabernet et Petit-Verdot. Ils ne sont pas encore rendus au « bon stade » pour être décuvés. On continue donc de les déguster régulièrement pour évaluer au plus juste le moment où il faudra ressortir la hotte et la fourche.

Repost 0
23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 18:04

La dernière cuve de rouge vient tout juste de terminer sa fermentation alcoolique ; du moins l’analyse vient d’arriver en ce sens.

Une nouvelle page qui se tourne dans ces vendanges.

Maintenant, il lui reste encore quelques jours de macérations pour atteindre le point ultime qui me fera penser que c’est « le » moment de décuver.

Déjà, on commence à mélanger les verres pour essayer d’estimer ce que pourrait être un assemblage. C’est approximatif car fait à l’œil mais aussi très évocateur du potentiel global de la récolte.

De ce côté-là, je suis maintenant assez confiante dans la qualité de ma récolte 2013.

Mais n’allons pas trop vite, il y a encore tant d’étapes à franchir avant de pouvoir proposer le vin en bouteilles aux consommateurs.

Patience…

Repost 0
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 12:22

Les vendanges sont à peine terminées et les vinifications sont encore une réalité de tous les instants. Mais déjà, il faut se préparer au millésime suivant.

Avant de commencer une nouvelle année culturale, il convient de terminer celle qui a été commencée il y a un an ; un an déjà…

On referme le grand livre bousculé de 2013 pour pouvoir ouvrir dès maintenant celui de 2014.


Ainsi, nous avons profité de ces quelques heures ensoleillées pour appliquer le traitement biodynamique Silice de Corne ou 501.

Dans la semaine dernière, je ne donnais pas cher de nos chances de pouvoir passer dans les parcelles après les trombes d’eau que nous avons reçues depuis quelques semaines.

Puis, il a suffi de deux ou trois jours sans pluie et avec de surcroit un chaud soleil d’automne pour changer la donne.

Jean-Michel dont les fermentations de Pontet-Canet nécessitent maintenant moins de surveillance, avait pris ses premières heures de répit depuis plusieurs semaines.

Pour garder néanmoins le contact avec la vigne, il a passé son dimanche sur les tracteurs à appliquer ce préparât prodigieux qu’est la Silice de corne.

Ma vigne a bien besoin de retrouver une paix intérieure après l’orage de grêle subi dans les derniers jours de septembre.

Maintenant que le temps a passé, les stigmates de cette tempête sont visibles partout. Rares sont les feuilles qui en sont sorties indemnes. Les vignes qui étaient restées si belles ont pris un air bien triste.

Fermer le livre pour en ouvrir un nouveau
Fermer le livre pour en ouvrir un nouveau

Ainsi, la vigne va pouvoir s’en aller dans la sérénité vers cette mort programmée et naturelle. Et de ce fait, elle pourra renaitre au printemps prochain dans le même état d’esprit.

Parler d’état d’esprit à propos de la vigne fera sûrement rire certains.

Pourtant, je reste convaincue que la vigne possède un caractère animal très affirmé qui la met à mi-chemin entre les végétaux et nous !

D’où l’intérêt de faire attention à ses états d’âme !

Repost 0
18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 14:33

Les cuves de 2013 sont maintenant entrées dans la toute dernière phase de leur fermentation alcoolique.

On ne peut pas dire que l’année aura été propice aux fermentations lentes ; c’est même le contraire.

Toutes les cuves ont encore un peu de sucre mais il faut de l’attention pour le détecter à la dégustation.

Avec la fin de fermentation qui approche, les blancs sont dans cette phase ingrate qui fait que les odeurs de levures dominent encore sur les arômes de fleurs et d’agrumes ; ou même les notes minérales.

Pour beaucoup de vins, l’arôme se résume aux composés issus de la fermentation ; c’est leur seule qualité et donc dans ces cas le choix de la levure est primordial. Mais ces composés sont violents, vulgaires et ne durent que le temps d’une gorgée. Je déteste ces vins qui me font penser à ces eaux de toilettes simples, envahissantes et très vulgaires.

En dégustant mes blancs actuellement, il faut leur laisser un peu le temps d’évacuer ces odeurs fermentaires. Très vite la pureté et la complexité que je recherche reprennent le dessus et alors il est difficile de ne pas finir le verre…

Pour les rouges, j’ai heureusement pu réaliser le rythme d’extraction que j’avais en tête en dégustant les raisins. Je devrais plutôt dire en mangeant les raisins tout en vendangeant. C’est moins technique que des dégustations de grains en petit comité d’experts, où chacun donne son avis en pensant évidemment qu’il est le bon.

Mais moi, je mange des graines en coupant les raisins. Effectivement, comme en plus, je suis la vigneronne et la vinificatrice de cette vendange, j’essaie quand même de l’imaginer dans la cuve en me demandant quelle serait la meilleure approche d’extraction et de vinification au sens large pour en tirer le meilleur.


Cette année, encore plus que les précédentes, il convenait de faire des extractions dans la délicatesse pour obtenir des vins ayant le toucher de tanins tel que je l’ai en rêve.

Pour autant, délicatesse ne veut pas dire dilution, bien au contraire. La biodynamie nous permet d’exprimer de nos terroirs, la profondeur nécessaire dans les vins tout en gardant la noblesse et l’élégance.

C’est une vinification avec des gestes attentifs et doux d’une maman qui accompagne ses enfants.

Même si les jeunes années de mon fils et ma fille s’éloignent maintenant, la douceur d’une maman envers ses enfants, c’est comme le vélo ; ça ne s’oublie pas !

A la différence du vélo qui s’apprend, la tendresse maternelle est quant à elle inscrite dans les gènes.


Et c’est avec la même bienveillance que je m'occupe de mes cuves.

Repost 0
15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 16:53

Hier, c’était le traditionnel repas de fin de vendange.

Qu’importe son nom, il était là pour sceller définitivement la fin de cette vendange 2013.

Je ne dirai rien du millésime et de ses difficultés et je ne retiendrai aujourd'hui que les instants passés avec les vendangeurs.

L’équipe est petite et soudée. Certaines années, j’avais constitué des groupes plus importants mais la productivité chutait de manière significative. De ce fait, avec plus de monde on ne récoltait pas plus.

Maintenant, avec ce noyau dur, on peut déplacer des montagnes.

Le temps maussade nous a fait apprécier le fait d’en avoir terminé avec les vendanges. Il nous a aussi suggéré d’installer la table dans le chai à barriques !

Pour bien sceller la fin

Je ne suis pas une adepte des fêtes mais là, je sais que les vendangeurs attendent ce moment avec impatience. Je me plie donc avec plaisir au rituel.

On dirait que les vendanges constituent une récréation dans leur année souvent monotone voire même difficile pour certains. Ce repas est donc le point d’orgue de la récolte.

On pourrait faire une vraie étude sociologique en observant les profils de toutes ces personnes attachantes dont certaines n’ont pas été épargnées par la vie.


Dans les rangs depuis le premier jour ou presque, le menu de ce repas a été construit, modifié et amélioré pour tenir compte de toutes les susceptibilités. Les quelques nouveaux ont aussi droit au chapitre mais les vendangeurs institutionnels emportent la décision ; c’est le poids de l’expérience qui compte.


Je ne peux pas échapper aux traditionnelles frites qui sont toujours plébiscitées.

J’ai bien une friteuse à la maison mais elle ne fonctionne plus ou moins que ce jour-là dans l’année.

Il y a bien-sûr quelques blagues de potaches qui s'incrivent dans la tradition de ces repas.

Pour bien sceller la fin

Les bouteilles servies à table sont celles de la maison ; Vin Passion, Petit-Champ et Grand-Vin. Souvent, il y a donc aussi un peu de leur âme dans ces vins que la plupart a participé à récolter.

Bref, comme tous les ans, nous avons passé un bon moment de convivialité. Un moment vrai, tout simplement.

A la fin, tout le monde s’est souhaité bonne chance et s’est donné rendez-vous l’an prochain au même endroit.

Et surtout dans la bonne humeur !!

Repost 0
12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 13:41

Petit silence cette semaine pour cause de fin de vendange. La pluie annoncée pour la fin de semaine à Bordeaux est arrivée cette nuit (14 mm de plus à ajouter à tout le reste...).

En prévision de cela, on a baissé la tête pour finir assez vite les Cabernets et le Petit-Verdot.

C’est chose faite. Là non plus, les rendements ne vont pas exploser les plafonds tout en étant moins pires que pour les Merlots.

C’est une année qui restera dans les annales de Bordeaux mais aussi de beaucoup d’autres régions du pays.

Pour l’heure, il faut s’occuper des cuves. Et c’est justement parce qu’il y a peu de cuves pleines qu’il faut redoubler d’attention pour elles.

Les jus de Cabernet affichent un beau 13° potentiel ; ce qui est plus qu’honorable dans le millésime.

Je suivais leur évolution jour par jour car avec les pluies précédentes, l’état sanitaire menaçait de se dégrader à tout moment.

Il y avait bien quelques baies atteintes de la pourriture mais rien de bien significatif. Au contraire, l’accalmie dans la pluie a permis aux raisins de reprendre du goût. Et surtout, j’ai constaté que très rapidement les peaux ont « basculé » vers la maturité finale en s’affinant et en présentant des tanins beaucoup plus souples.

C’était donc le moment.

Pour le Petit-Verdot, c’était un peu la même chose. Les raisins sont restés presque parfaits jusqu’au dernier moment. Eux-aussi ont changé très rapidement pour procurer du plaisir quand on les avait en bouche. Evidemment, il lui reste toujours cette pointe d’acidité qui caractérise ce cépage et qui lui a même valu son nom. En effet, Verdot vient de « vert » c’est-à-dire acide. « Petit » est dû à la taille des grappes.

Dans la viticulture française, beaucoup de noms ou d’expressions sont issus de constatations très pratiques et imagées. Cela met de la poésie dans notre métier.

Maintenant, c’est aussi l’heure du nettoyage et du début du rangement du matériel de réception de vendange. On lave aussi une dernière fois les cagettes avant de les remettre sagement en piles dans le garage jusqu’à l’année prochaine.

Il y a toujours un mélange de satisfaction et de nostalgie dans ces instants où on se rend vraiment compte qu’il faut tourner la page des vendanges.

Enfin et déjà devrais-je dire.

Repost 0
7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 20:11

On y est…

Les odeurs de fermentation ont envahi le chai.

Une autre facette de cette année une fois de plus atypique, les rouges fermentent avant les blancs.

Pour être tout à fait honnête, il faut dire que les blancs en question sont restés au froid jusqu’à présent.

Je ne souhaitais pas qu’ils démarrent trop tôt leur fermentation alcoolique car une fois qu’il y a des levures dans l’air, tout part très rapidement en fermentation.
Cela m’aurait empêché de débourber correctement les derniers jus rentrés.

Maintenant, le froid est coupé sur les cuves et les levures vont pouvoir faire leur travail quand elles le souhaiteront.

Chez nous, vous le savez, ce sont les levures naturelles présentent sur le raisin qui procèdent à la fermentation alcoolique. Cela reste la meilleure manière de respecter le terroir que de donner leur place aux levures qui étaient présentes sur les peaux et pas à d’autres sélectionnées en laboratoire.

Les levures qui se multiplient sont celles qui sont les plus adaptées à la composition des peaux de chaque endroit et à un moment donné.

Ce qui est vrai une année ne l’est pas forcément l’année suivante. Et ce qui est vrai à un endroit ou pour un cépage ne l’est pas forcément à un autre endroit ou pour un autre cépage.On respecte le millésime en plus de respecter le terroir !

Comme les tétées des bébés, il faut faire les remontages régulièrement et à heure fixe. Dans chaque cuve, il y a un bébé, un vin en devenir.

Et moi la maman, je dois être disponible tout le temps et avec le sourire…

Repost 0
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 11:36

Voilà enfin le week-end. On ne vendange pas.

Il fait suite à une semaine chargée en travail et en émotion.

Pour la première fois depuis que je suis vigneronne, nous avons interrompu la récolte des blancs pour vendanger les Merlots.

Dans le contexte de l’année, j’ai attendu le plus longtemps possible pour ramasser les grappes de ce cépage central chez nous. En milieu de semaine, on avait atteint un niveau de maturité suffisant. Et après les pluies intenses et la grêle, l’état sanitaire menaçait de se dégrader.


La coulure avait rendu les espoirs de rendement très bas. La réalité a été plus dure encore. Nous ne mettons jamais d’engrais ni ne faisons jamais tomber de raisin. Depuis des années, les vignes ont trouvé seule leur équilibre. Il varie en fonction des millésimes mais ça fonctionne tous les ans. Tous les ans sauf en 2013.

Grappes très lâches et peu nombreuses, petits grains,…C’est une constante du millésime dans toute la Gironde, au moins. Cela ne change pas mon cas personnel, mais au moins je suis un peu rassurée, n’étant pas seule dans ce cas.

Les rendements sont donc de l’ordre de 10hl/ha. Cela va poser plein de problèmes dans les mois à venir ; problèmes dans la répartition de la gamme de vins rouges, problèmes pour satisfaire les clients,…

Mais c’est pour le futur, donc on pense à maintenant et il y a beaucoup à penser.

Finalement, j’ai pris la bonne décision en récoltant le Merlot car il est encore tombé 25mm de pluie dans une nuit.

La fin des blancs a été un peu perturbée. Heureusement, il ne restait que quelques rangs de Sémillon.

Je dois ici rendre hommage à mon équipe de vendangeurs. Ils ont compris mon désarroi et redoublaient d’attention envers moi ; histoire de me réconforter dans ces moments compliqués.

Quand je disais récemment, ici-même qu’ils sont plus que des vendangeurs dans mon esprit ; en voici une illustration parfaite !

Maintenant, il reste encore les Cabernets et le Petit-Verdot qu’il va falloir surveiller comme l’huile sur le feu. Pour l’instant, les deux tiennent ; ce qui est une bonne chose car ils ne sont évidemment pas mûrs. Le temps semble revenir clément pour les prochains jours. On va donc emmener les dernières parcelles jusqu’au maximum de ce qui est admissible. L’important étant d’intervenir juste avant le point de non-retour (sanitaire).

Cependant, un week-end de vigneronne en octobre n’est pas vraiment un week-end de repos en famille. Il y a du travail dans le chai. Les derniers débourbages de blancs sont à faire. Bien entendu, il y a des remontages de Merlot, en n’en perdant pas une goutte,…

Bref, de l’activité et des choses à penser pour le futur.

Repost 0
2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 18:04

Depuis quelques jours, il commence à y avoir du travail sur les blancs dans le chai ; c’est le débourbage. C’est d’ailleurs presque le seul « travail » qu’ils subiront jusqu’à la mise en bouteilles. Sinon, il y aura la fermentation alcoolique et un soutirage ou deux ; et c’est tout.

Le débourbage, c’est la séparation du jus clair des sédiments issus du pressurage (pulpes, débris végétaux,…)

Dans ma première vie de vigneronne, j’avais pris l’habitude de respecter les consignes officielles, des scientifiques de la vigne et du vin. J’évaluais le trouble dans le jus grâce à un appareil de mesure.

Puis, progressivement l’expérience aidant, je me suis rendue compte que les meilleurs débourbages se font en suivant un protocole beaucoup plus simple.

C’est après 24 heures de stabulation que l’on a les meilleurs résultats ; c’est-à-dire un jus suffisamment éclairci mais pas trop et des sédiments bien plaqués au fond de la cuve.

Débourbages des blancs

Un jus trop trouble fermente rapidement mais perd de la finesse aromatique. Au contraire, s’il est trop limpide, la fermentation risque d’être lente et d’une issue hasardeuse.

Utilisant uniquement les levures présentes sur le raisin, celles qui sont les plus adaptées à mon raisin, je dois trouver le bon équilibre et finalement c’est tout simplement après 24 heures ; sans appareil de mesure !

Les premiers jus débourbés le week-end dernier ont une belle expression aromatique et me font avoir hâte de sentir les odeurs de fermentation dans le chai.

Mais pour ce qui est du premier apéritif avec le bébé Vin Passion 2013, il faudra attendre un peu…

Repost 0

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Recherche