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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 16:04

C’est fait, on est en 2015 !

Que dire sinon que le temps passe vite … et que la poussière t’attend ; comme le dit si bien Cabrel.

Mais restons positifs !

Je souhaite à tous une vraie bonne année 2015. Evidemment, la santé est la première chose que l’on peut souhaiter car sans elle, les perspectives sont minces.

Mais, dans cette période troublée où beaucoup n’ont plus de repères, on peut espérer pour chacun de trouver une ligne de vie, un épanouissement simple mais régénérateur pour l’esprit et par ricochet pour le corps.


Ma vie de vigneronne biodynamique me permet de rester en contact permanent avec l’avancement des saisons, le cours des planètes, le cycle de la vigne ; bref, d’être partie et spectateur de ce « Tout » qui vit sa vie et qui fait la vie sur Terre.

Par rapport à d’autres cultures, la vigne se raisonne en décennies, voire en générations. Du moins, c’est ainsi que je vois la vigne, même si malheureusement le monde viticole perd de plus en plus cette dimension pour vivre au jour le jour, sans but et sans perspective.

Ce rythme qui m’est imposé au travers de mon métier est structurant et préserve de ces pertes de repères modernes. J’en suis convaincue depuis longtemps, le Rythme est la solution au Chaos !

J’invite chacun à s’arrêter devant un vieux cep de vigne et de l’observer en pensant à sa vie passée. Il en porte les cicatrices par les plaies de taille. Ainsi, on peut se projeter dans le passé 10, 20, 30 voire 50 ans en arrière. Par les soins qu’il reçoit du vigneron, ce cep portera encore des fruits pendant de nombreuses années.

Alors, on peut faire le parallèle avec sa propre vie passée et à venir. Cela nous aide à retrouver un sens vrai à notre existence.

Et loin chercher des dépaysements à l’autre bout du monde, je viens de passer quelques jours en famille avec les enfants et mon mari. Que peut-on demander de mieux sur Terre ? Le bonheur simple d’être proche de ceux qu’on aime le plus ; tout simplement.

Ce bonheur simple, je le souhaite à tous avec force et sincérité !

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 20:36

Nous venons de soutirer la plupart des vins.

Comme je l’avais annoncé précédemment, les fermentations malolactiques touchent à leur fin.

Il était donc temps de soutirer les premières cuves terminées.

C’est toujours le même bonheur dans le chai quand, au cours d’un transfert de vin, on a l’ambiance de la pièce emplie de la bonne odeur du vin. C’est une explosion d’arômes !

Cela donne du courage et il en faut bien car la contrepartie de tout cela, c’est le nécessaire nettoyage des cuves que l’on vient de vider. Celui qui n’a jamais travaillé dans un chai ne sait pas combien de temps on passe au nettoyage. C’est au moins la moitié du temps de présence dans le chai qui est occupé tuyau d’eau à la main !

Pour me rassurer, Jean-Michel me dit qu’en Californie, c’est plutôt les trois-quarts du temps qui est employé au nettoyage ! Dit comme cela, ça rassure…

Pour les blancs, dans nos premières années de vignerons, nous faisions de l’élevage sur lie et même avec bâtonnage. Nous étions jeunes et n’avions vraisemblablement pas trouvé notre identité ! Puis, avec le temps, les choses sont devenues plus claires sur ce qui nous plaisait. C’est la raison pour laquelle, le « Vin Passion » est né. Exit les barriques et l’élevage sur lie !

Le vin est l’assemblage des trois cépages bordelais et il se présente tel qu’il est, sans maquillage. L’élevage sur lie, c’est une manière de donner un simulacre de profondeur au vin sans que celui-ci ne contienne intrinsèquement cette profondeur.

Le Vin Passion est lui-même, c’est-à-dire l’expression la plus pure des raisins qui ont simplement été pressés pour en faire sortir le jus. La profondeur vient du raisin et de ce fait, elle respecte la tension qui porte le vin durant la dégustation.

Tout cela pour dire que les vins blancs ont donc été soutirés pour les séparer des lies.

Maintenant, on visualise très bien ce que sera le Vin Passion 2014.

On le visualise tellement bien qu’on a pris l’apéritif avec !...

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 09:59

Cela faisait maintenant quelques semaines que je n’avais pas donné signe de vie. Les occupations du quotidien, les rendez-vous, des visites,(…) avaient eu raison de ma motivation pour écrire.

On peut même ajouter à cela l’arrivée de l’hiver qui ne s’incite pas à s’ouvrir aux autres.


Aujourd’hui, je répare ce manque et je me mets au clavier !

Dans les vignes, la taille a commencé depuis quelques semaines. Le temps particulièrement humide du début novembre a laissé place à des conditions plus acceptables et finalement les travaux avancent au « bon rythme ».

On va essayer de le conserver jusqu’en février, qui devrait voir la fin de ce travail.
La taille, c’est un marathon qui dure plusieurs mois. D’un jour sur l’autre, les évolutions sont peu perceptibles mais chaque jour mis bout à bout permet de voir un jour le vignoble complètement taillé et prêt pour la prochaine campagne.


Les principaux changements concernent les vins dans le chai.

Là aussi, on n’est pas dans les mêmes rythmes que pendant les vinifications ; c’est beaucoup plus lent.

Les derniers lots de rouge finissent leur fermentation malo-lactique. Pourquoi certains vont plus vite que d’autres ? C’est un mystère que j’accepte. Certaines cuves ne bougent pas pendant des semaines et du jour au lendemain, la transformation tant attendue se fait comme si le doigt divin les avait touchées un beau matin.

D’autres fois, la chute d’acide malique se fait 0.1 par 0.1 g/litre ; bref, cela peut durer longtemps.

Pour les non-initiés, on parle de la dégradation de l’acide malique du raisin en acide lactique par les bactéries du même nom. La quantité d’acide à dégrader est de l’ordre de 1 à 3-4 g/l ; autant dire, rien à voir avec les plus de 200 g de sucre par litre à transformer en alcool durant la fermentation alcoolique.

Chez nous, les bactéries, comme les levures sont celles de l’endroit, du terroir, du chai,…que sais-je encore.

Dans tout cela, le merveilleux est que chaque cuve, par sa composition, son origine, son millésime,(…) sera un cas unique. On peut même dire qu’elle aura son propre comportement, son propre caractère qui ne sera pas le même que celui de sa voisine. Même dans des instants aussi « techniques » que la fermentation malo-lactique, on sent l’identité de la cuve qui va s’exprimer.

D’une façon plus large, le millésime influence de manière globale tous les vins d’une même région.

Ainsi, au-delà de chaque type de vignoble, les réactions des vins d’un endroit à l’autre seront conditionnées par une dominante. Les fermentations seront globalement rapides, lentes, aux finales poussives,… Effectivement, chaque parcours vitivinicole influencera aussi le résultat, mais toujours conditionné par la tendance du millésime.

Le vin a deux parents, le terroir et l’année. La génétique est là, même si un parent n’est pas le même, l’autre laissera toujours son empreinte dans l’identité de ses enfants !

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 18:27

On a l’impression que les vendanges sont terminées depuis une éternité. Pourtant, on vient tout juste de décuver les Cabernets et le Petit-Verdot. On peut maintenant dire que les vinifications sont terminées.

Ma grande satisfaction a été de voir mon fils Thomas qui s’est porté volontaire pour transporter sur son dos la vendanges jusqu’au pressoir. Il est de plus en plus impliqué dans la production. C’est un peu l’appel du pied de vigne qu’il sent grandir en lui. L’âge adulte arrivant pour lui, c’est perception des choses essentielles de la vie qui lui apparait. Un cep de vigne, c’est un lien indéfectible, physique et symbolique à la fois avec la terre.

Pour en revenir aux vinifications, on est passé à une autre phase, plus lente et moins remuante de la vie du vin.

A ce stade, il faut essayer de conserver, autant que faire se peut, les lots séparés, par terroir et par cépage. Parfois c’est simple. Parfois c’est inextricable car on n’a pas la cuve du bon volume disponible ou tout simplement que cette cuve idéale à cet instant n’existe pas chez nous.

Il y a toujours de choix à faire et c’est peut-être mieux ainsi. De toutes les façons, c’est un problème mineur pour nous car après des années de viticulture biodynamique, les lots de vin sont devenus meilleurs tout en étant plus homogènes en niveau de qualité. Le mélange précoce de certains lots n’est donc pas un problème pour la suite.

On voit les gens segmenter les vins de plus en plus et constituer des troisième voire quatrième étiquette pour confirmer en toute sincérité les différences qualitatives des parcelles. Mais ils ne se posent jamais la question de savoir si leur viticulture n’est pas finalement en défaut pour les entrainer dans de telles voies.

Il me semblerait plus logique de remettre en cause la viticulture en appliquant des recettes nouvelles.

Mais tous les gouts sont dans la nature.


Quant à moi, il faut maintenant surveiller les fermentations malolactiques. Il y a pire comme travail…

Malheureusement, bien d’autres occupations m’attendent et ne laisseront que peu de répit.

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 12:43

Nous venons d’appliquer sur nos parcelles le préparât biodynamique qui doit permettre à la vigne de s’endormir dans la sérénité jusqu’au printemps prochain.

Les pulvérisateurs sont ressortis pour la dernière fois de l’année.

Dans les vignes à 1 mètre, c’est mon fils Thomas qui a conduit l’enjambeur. Ayant passé les derniers étés à piloter ce type d’engin à Pontet-Canet, il a une grande habitude et je sais qu’il y prend même du plaisir. Il suffit de le voir chanter dans la cabine pour s’en convaincre !

Je sais aussi qu’il a fait son travail « en conscience », c’est-à-dire avec la volonté vraie que son action soit efficace.

Cela peut faire sourire certains, mais l’intention est la première étape pour que l’action donne des résultats.

Les conditions sèches de ses dernières semaines permettent de pouvoir accéder à nos parcelles argileuses avec la même facilité qu’en plein été. C’est un luxe qu’on ne mesure pas à sa juste valeur car l’été indien que nous venons de vivre a fait durer la saison estivale jusqu’à maintenant alors qu’on est vraiment aux portes de l’hiver.

En général, ce dernier traitement se fait avec des fenêtres très restreintes et souvent même en croisant les doigts pour avoir, d’une part une fenêtre et d’autre part de pouvoir rouler dans les parcelles.

Cette année, rien de cela. On est occupé durant le bon jour du calendrier lunaire ? Pas de problème, on prendra le suivant !

Maintenant, ma vigne peut s’endormir jusqu’au printemps. Elle sait qu’elle bénéficie de tout mon amour !

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 08:31

Nous avons commencé à écouler les premières cuves de Merlot en fin de semaine dernière et les autres viennent de suivre ; dans la foulée.

C’est encore une étape qui se franchit dans la vinification.

Déjà, les cuves de blancs ont fini la fermentation depuis quelques jours. Exit le mout car maintenant, c’est du vrai vin.

Pour les vins de Merlot, il n’y a donc plus de remontages. Les fermentations alcooliques sont longues et cette année, le temps de fermentation et le temps de macération sont identiques car il a fallu attendre un peu avant d’écouler pour que les sucres soient à peu près terminés.

Avec des rendements naturellement faibles, aucun produit oenologique et des levures indigènes, c’est toujours un peu plus long et plus compliqué mais le résultat final n’est évidemment pas le même. Et c’est la raison pour laquelle on a cette philosophie de travail.


Cette année, les écoulages tombent durant les vacances scolaires et c’est donc en partie avec mon grand fils Thomas que l’on a vidé les cuves et rempli le pressoir. Mon rôle à ce stade, c’est d’égaliser la vendange dans le pressoir. Comme je l’ai déjà dit dans le passé, on transfère le marc à la hotte de la cuve au pressoir. Cela pourrait paraitre extrême mais c’est assez rapide et c’est sans conteste la technique la plus respectueuse qui soit. Simplement, la hotte est plus grosse que moi !...

Ensuite, il faut quand même gérer le pressurage et diriger les vins de presse et je retrouve toute mon utilité.

Pour la suite, il restera les Cabernets et le Petit-Verdot. Ce n’est pas moi qui vais décider de leur sort mais eux-mêmes en fonction de la dégustation.

Dans tout mon travail, je n’applique aucune règle préalablement définie. Je m’adapte en fonction des conditions du moment. Pour le vin, c’est uniquement le verre à la main que les décisions se prennent.

Il y a aussi un peu de ressenti et d’expérience, mais rien de véritablement palpable pour pouvoir justifier des choix réalisés. C’est un peu comme Montaigne et La Boétie, « parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

Si je suis occupée au point de délaisser quelque peu ce blog, c’est aussi dû au fait que ma petite activité de conseil et formation en biodynamie a pris du développement. Je ne cherche pas en faire un travail véritable. Je vais simplement où les projets semblent intéressants et surtout sincères.

Et comme c’est la passion qui m’anime, je m’investis largement dans les cas qui me sont présentés.

Mais tout cela prend du temps ; surtout que les choses ne sont jamais aussi simples qu’on pouvait les voir de loin.

Cela étant, on apprend un peu tous les jours, même en formant ou en conseillant les gens.

Apprendre soi-même en apprenant aux autres : c’est magique !

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 20:13

La semaine dernière, nous avons pu fêter la fin de cette vendange 2014. Dans la précipitation, je n’ai même pas pris une photo.

Tous les ans, j’ai l’impression d’avoir le même propos, car tous les ans, c’est la même chose dans les rangs de vigne. Longtemps avant la fin de la récolte, les vendangeurs discutent du menu et négocient entre eux le contenu du repas.

Ce sujet s’incruste dans de nombreuses conversations ; pratiquement depuis le premier jour.

Il ne faut pas penser y voir des mets délicats. En général, c’est de la vraie cuisine de terroir ; celle qui est bonne et conséquente ; sans se prendre la tête.

En entrée, il y a invariablement les charcuteries qui sont là-aussi un passage obligé. C’est sûrement pour moi une des rares occasions d’en consommer car depuis que j’ai travaillé dans ce secteur à la sortie de l’école, j’ai des problèmes avec les rillettes et autres saucissons.

Pour ce qui est du plat principal, cette année, ils ont opté pour un jambon cuit au four. C’est un choix que j’ai accepté car c’est un plat simple à préparer, qui « abonde » et qui donne une viande tendre et juteuse.

Pour le dessert, j’avais eu le malheur de dire que je savais faire les babas au Rhum, donc j’ai eu à en préparer. Il y a très longtemps que mes petits moules n’avaient pas été utilisés !

C’est un plat qui tend à nous ramener dans les années de ma jeunesse, mais qui finalement se laisse manger avec plaisir.

Pour les vins, il y avait fort logiquement des bouteilles de la maison mais aussi des vins d’autres producteurs amis. Suffisamment pour rendre les pommettes un peu rouges mais sans excès.

C’est aussi dans ces cas-là que les gens commencent à se confier sur leur vie et des sujets parfois intimes.

Les personnalités peuvent apparaitre au grand jour sans fard.

Ainsi, on y apprend des joies, des peines et parfois des déchirures. C’est une vraie fresque de la vie qui se peint devant nous.

Quoi qu’il en soit, ces repas ne sont que des prétextes à se retrouver une dernière fois avant que chacun ne reparte dans sa vie ; jusqu’à l’année prochaine.

Certains ont fait toutes les campagnes depuis nos débuts. C’est dire si les liens qui nous unissent sont devenus forts.

Comme tous les ans, je souhaite les revoir au même endroit, avec le même sourire pour la prochaine vendange.

Mais pour le moment, je les remercie du fond du cœur d’avoir partagé ses instants intenses de ma vie de vigneronne pour une récolte belle, bonne et généreuse.

Bon vent à eux ! Et à l’année prochaine !...

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 11:35

C’est fait, une de plus comme on dit souvent. Les vendanges sont terminées depuis vendredi.

J’avais reconvoqué notre petite équipe mercredi pour récolter les Cabernets ; surtout du Cabernet Franc chez nous.

Ce fut chose faite jeudi soir. Là aussi belle qualité et beaucoup de joie en pensant par avance au vin qui sera produit par ces raisins.

Enfin, pour conclure cette saison 2014, on a récolté le Petit-Verdot vendredi matin.

C’était le bon moment car en quelques jours les peaux s’étaient affinées et ça et là, on voyait poindre quelques baies fendues ; première étape avant la pourriture. Il n’aurait pas été judicieux d’attendre au-delà du week-end.

A midi, on en avait terminé.

Vendanges terminées

La dernière remorque a été décorée comme il se doit dans ces circonstances.


Dernière remorque à trier avant d’égrapper. La dernière de l’année !

Vendanges terminées

Comme il s’agit de Petit-Verdot, le jus était déjà coloré en arrivant dans la cuve.

Maintenant, il reste à attendre qu’il entre en fermentation.

Dans le chai, il y a deux « esprits » qui cohabitent sans lien l’un avec l’autre.

D’un côté, il y a les cuves nouvellement remplies et qui contiennent du jus de raisin. On est encore dans une phase juvénile en ayant aussi en tête les images des grappes sur les souches et de la saison culturale.

D’un autre côté, se trouvent les cuves de merlot dont certaines ont pratiquement terminé la fermentation alcoolique. Dans le verre, on a déjà du vin avec déjà sa propre personnalité.

Un jour prochain, il faudra l’assembler et l’élever. Puis il se retrouvera bien vite dans des bouteilles puis sur la table du consommateur. Tout cela donne le vertige !

Heureusement, on n’y est pas encore et loin de là.

Profitons-donc de l’instant présent car nous venons de vivre des vendanges paisibles comme on en rêve tous les ans ou presque.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 12:13

C’est fait, une année de plus, toutes les parcelles de Merlot sont vendangées.

Cela pourrait sonner comme une fin de vendange mais ce n’est qu’une illusion car il reste encore les Cabernets et le Petit-Verdot pour lesquels les raisins sont encore sur pied.

Mais quand même, le Merlot étant chez nous le cépage majoritaire et le cœur de nos assemblages, on peut considérer qu’une partie significative du travail est fait quand ses raisins sont dans les cuves.

Que dire sinon que la satisfaction est de mise ?

Je vous referai pas le coup de l’année du siècle, ce n’est ni mon état d’esprit, ni mon monde ; ni la vérité, il me semble…

On a de façon sûre un beau millésime en perspective. Le temps de septembre nous a aidés et il y a encore un mois, rares étaient les vignerons confiants.

La nature a décidé une fois de plus et c’est sûrement une bonne chose pour conserver l’humilité requise.


Malgré tout, les choses ne se sont pas présentées dans la plus grande des sérénités.

L’équipe fut vaillante et joyeuse. J’espère qu’elle le restera pour la suite…

Dans la semaine, alors que nous étions à trier une remorque de cagettes dans une atmosphère lourde, un orage soudain et violent a amené des trombes d’eau en quelques minutes. La réception de vendange étant surtout dehors, il a fallu s’abriter et prier le ciel que l’eau ne soit pas remplacée par de la grêle. Puis le verdict du pluviomètre est tombé : 18 mm en grosses gouttes !

Le plus surprenant à postériori, c’est que cette pluie était totalement localisée. A 500 m à vol d’oiseau, un autre pluviomètre ne contenait que 3 mm.

Nos parcelles de Cabernet semblent elles-aussi avoir été relativement épargnées par l’orage.

Dans la confusion du moment, j’ai aussi oublié de placer dans une cuve vide la grille destinée à filtrer les baies foulées, pour n’avoir que du jus qui sort lors des remontages.

Erreur !

Evidemment, je m’en suis rendue compte lors du premier remontage, justement quand la cuve a été pleine !...

C’était le soir, j’étais fatiguée par une journée longue et intense de travail et j’ai pleuré.

Dans ces cas-là, il y a deux possibilités, soit on endure et on a un seau de graines à remettre dans la cuve à chaque remontage pendant la durée de la fermentation, soit un vide la cuve dans une autre et le problème est réglé.

Demande de conseil à Jean-Michel qui m’a suggéré de vider la cuve dans sa voisine ; avec l’argument qu’il vaut mieux s’embêter une bonne fois que de s’embêter un peu tous les jours pendant longtemps.

Effectivement, il avait raison. Heureusement, la cuve était petite.

Donc, le lendemain, c’est avec des seaux et de l’huile de coude (et surtout des douleurs dans les coudes) qu’on a réparé mes bêtises. Enfin, un grand nettoyage pour gommer l’ambiance de guerre nucléaire qui peut régner après de tels évènements.

Maintenant, cette péripétie n’est plus qu’un mauvais souvenir dans une ambiance au beau fixe.

Les premières cuves de merlot commencent à vraiment bien se goûter. Les couleurs sont intenses et les vins sont pleins.

Tout cela donne du baume au cœur et surtout donne envie de vivre la suite.

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 19:08

Il y a quelques jours, nous avons enterré les cornes de vache remplies de bouses en vue d’élaborer la 500, aussi appelée Bouse de Corne. C’est l’un des piliers de la culture biodynamique. Sans rentrer dans les détails, disons que son action va renforcer le lien au terroir pour les ceps qui ont bénéficié de ce préparât.

Avant, nous l’achetions, en toute confiance, à l’extérieur chez ceux qui nous ont donnés la main dans nos débuts.

Puis, nous avons ressenti le besoin d’aller plus loin et justement d’augmenter encore ce lien au terroir en privilégiant des préparâts élaborés localement.

C’est donc chose faite. Nous n’avons pas de vaches sur le domaine mais notre voisine possède un magnifique troupeau de Blondes d’Aquitaine. Ses prairies font face à nos vignes et contiennent assez de bouses fraiches pour convertir à la biodynamie toute la région. Autant dire que le facteur limitant au développement de cette technique n’est pas là…

J’ai « récolté » quelques bouses pour remplir « en conscience » la vingtaine de cornes nécessaires à mon petit domaine.

Il est primordial d’agir « en conscience » car souvent l’intention est aussi importante que l’action elle-même. On est dans le subtil du vivant et donc tout compte.

Quand on parle d’ondes positives, tout le monde connait !

Puis, luxe suprême, ces cornes ont été enfouies pour environ 6 mois au centre de notre vignoble.

Dans la notion de lien au terroir, il est difficile de faire mieux et plus abouti.

Maintenant, il reste à attendre que les forces du ciel et de la Terre se concentrent dans cette bouse devenue compost.

Dans un an, on le rendra à la terre en le pulvérisant dans nos parcelles.

Ce jour-là, il faisait très beau, le vignoble était magnifique, j’étais avec l’amour de ma vie pour ce compost portant en lui l’espoir de beaux raisins dans les récoltes futures.

Ce fut une grande satisfaction et une évidence aussi.

Mise en terre des cornes
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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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